Pourquoi lui ?
L’opticien de Lampedusa n’est pas un bon livre. C’est un livre indispensable. Mais contrairement à ce qu’on a pu lire, il n’est pas indispensable pour comprendre la situation des réfugiés. Il l’est pour comprendre l’homme. Homo sum, humani nihil a me alienum puto. Il y a tout dans ce livre. L’ignorance. La compassion. La solidarité. La prise de conscience. La culpabilité. Mais aussi des thèmes dignes de l’Antiquité. Le courage. L’héroïsme quotidien. L’honneur.
Un récit simple qui frappe et disons le franchement, tire les larmes. Des détails qui font l’histoire.
On ne peut pas appréhender les grands phénomènes humains dans leur globalité. L’Histoire est trop grande pour être embrassée par l’homme. L’homme ne sait voir que par ses yeux. Ou ceux des autres.
Il y a tout l’homme dans ce livre. Un jour, il sera étudié.
Où le lire ?
Dans un congrès du FN.
Incipit.
Je ne sais comment vous décrire cette scène.
Le passage à retenir par cœur.
Jamais je n’ai vu autant de personnes dans l’eau. Tant de corps se débattre, de mains attraper le vide, de poings frapper l’air, de visages noirs happés par les vagues avant de resurgir à la surface. Le souffle court, ils appellent, s’étouffent, hurlent. mon Dieu, ces cris stridents. Je les vois résister, les mains écartées, serrés les uns contre les autres, cramponnés au moindre morceau de bois, luttant à mort pour ne pas être engloutis. Ils crient. Ils sont partout.
À qui l’offrir ?
Pas aux personnes croisées au congrès FN, leur cynisme vous ferait chialer. Mais, sinon, à tout le monde.

L’opticien de Lampedusa, Emma-Jane Kirby, éd. Équateurs, 166 p., 15 €
Partager cet article
Écrit par
Rejoindre la conversation
D’Ernest Hemingway à Anne Frank: des milliers de livres censurées en Amérique
Ils ont rallumé les flammes, mais sans le panache des sorcières d’antan. 4.239 livres crevés, jetés au ban des écoles US, comme des carcasses qu’on laisse pourrir sous le soleil texan. PEN America a compté, et ça fait 10.046 coups de hache dans le papier, de
L’ancien Prix de Flore 2011 condamné à de la prison pour un « resto basket »
Écrivain-poète à la précocité remarquable, ancienne gloire littéraire du début des années 2010, Marien Defalvard fait aujourd’hui parler la chronique judiciaire pour des faits de toute petite criminalité. Il lui est en effet reproché d’être parti sans payer d’un restaurant orléanais, laissant derrière lui une note de
« Scandale », le nouveau roman de Schiappa est pire que le braquage du Fonds Marianne
Qui arrêtera la plume de Marlène Schiappa ? L’ancienne ministre sort courant mai un roman de « new romance » intitulé « Scandale » aux éditions Fayard. Et le résumé rappelle les grandes heures de « Marie Minelli ». Et si la réelle passion des ministres d’Emmanuel Macron n’était pas la politique, mais l’