Pourquoi elle ?
Parce qu’elle n’en est pas à son coup d’essai et qu’elle est l’une des première femme à oser parler du temps chez les femmes, du temps relatif, celui qui définit un individu, et qui plus est une femme, plus sûrement que son passé.
Parce qu’à la manière du Journal d’un corps de Pennac, ce livre permet une nouvelle lecture de sa propre biographie. Un regard sur le temps à travers les souvenirs insignifiants. Quelles sont nos peurs, nos désirs et nos confiances à 14, 30 ou 60 ans ?
Ce livre est pour tout ceux qui, en se regardant dans le miroir, finissent invariablement par voir un étranger.
Où le lire ?
Devant la plus efficace des machines à voyager dans le temps : votre miroir.
Le passage à retenir par cœur ?
« Je le sais, jusqu’à un certain âge les femmes ont un ascendant sur celles qui sont plus jeunes qu’elles, après cette limite c’est l’inverse, les plus jeunes regardent les plus vieilles avec condescendance et ne le reconnaissent plus ni ascendant ni potentiel de séduction. Il y a un argus tacite de l’âge pour les femmes dont les hommes organisent le cours, mais les femmes aussi, dans une proportion au moins égale. Les femmes adhèrent aux critères mis en oeuvre dans l’argus, elles marchent dans la combine, ne trouvent rien à redire. Les deux partis y trouvent leur compte sans doute. Un ami un jour m’a dit que la coure du mépris pour les femmes selon l’âge suit exactement celle du taux de fécondité. »
À qui l’offrir ?
Si vous le croisez, à Dorian Gray, sinon à toutes les quadra qui commencent à flipper devant leur miroir.

Mon âge, Fabienne Jacob, éd. Gallimard, 165 p., 16,90 euros.
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La rédaction
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