Pourquoi lui ?
Parce que dès l’introduction l’auteur Nicolas Chemla ose nous prévenir que « les ultra-riches ne se soucient point des interdits communs, la morale étant réservée aux gens ordinaires, un simple outil de contrôle et de gestion des peuples. » Pour finir par annoncer aux lecteurs les closes du contrat de sa petite entreprise littéraire : « Triomphe de l’ego, beauté du diable, et soif d’éternité ».
Un auteur sincère donc, surtout qu’il est consultant en com’ dans le luxe, et qu’il s’attaque malgré tout à une question essentiel mais souvent tabou dans l’industrie qui le fais vivre, à savoir, pourquoi le luxe nous possède. Comme il le souligne justement : le Luxe semble avoir pris possession de la planète : d’une santé éclatante malgré la crise, de New York à Shanghai, il dicte nos rêves, sculpte nos corps, lisse nos peaux, redessine nos villes. Pour des millions d’individus, il définit le rêve ultime. Il a ses temples, ses messes, ses gurus, ses prêtres(ses), ses croisés – tout travaille à convertir nos âmes à sa nouvelle religion.
Et si l’on retrouvait derrière ce phénomène l’avènement d’un esprit luciférien ? Non pas le Diable rouge, épouvantail d’une idéologie bigote, mais, en revenant aux sources mêmes de ce qu’il incarne, Lucifer comme principe de liberté, de rupture et de création.
Où le lire ?
Dans un défilé de mode, idéalement au dernier rang ou encore dans une agence de publicité lisant à voix haute des pensées comme : « La pub inlassablement recycle tout l’imaginaire de la tentation diabolique et sulfureuse, pour vendre, entres autres, de la viande de bœuf ou des Mercedes. »
Le passage à retenir par cœur ?
« Luxifer : juste le luxe qui nous révèle l’une de ses vérités essentielles – une folie magnifique, irrationnelle et violente, une quête héroïque, dangereuse et toujours un peu désespérée de la Beauté, « long sanglot qui roule d’âge en âge et vient mourir au bord de votre éternité ».
A qui l’offrir ?
A votre dernier ami Marxiste. Il sera heureux d’apprendre ce que Marx appelait « le fétichisme de l’argent » : « l’argent semble posséder en lui-même non seulement la propriété d’être la valeur, mais également celle d’augmenter la valeur, de se générer lui-même. »

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Écrit par
Zoé de Sagan
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