Publié en 1979, depuis longtemps introuvable et avidement recherché, Second manifeste camp est le premier ouvrage de Patrick Mauriès. Placé sous la double et paradoxale invocation d’Andy Warhol et de Roland Barthes, ce traité chic, savant et désinvolte, s’amuse avec sérieux à saisir l’esprit d’un moment – les insouciantes années 70 – en cernant les contours d’un terme anglo-saxon auquel Susan Sontag avait consacré un premier essai en 1964. Dans ses Notes on Camp, elle analysait une façon de parler, de voir les choses et la vie, mais aussi l’attitude théâtralisée, à la fois froide et outrée, propre à certains homosexuels new-yorkais
Dandysme postmoderne, ni mondain, ni snob, ni kitsch, et tout cela à la fois, le camp selon Patrick Mauriès navigue entre culture élitiste et mauvais goût assumé, provocation et ironie. Procédant par fragments, et à coups de références, l’auteur fait cohabiter les films de Werner Schroeter, les publicités Dim, la peinture baroque italienne, la disco, Jean-Jacques Schuhl, la haute couture et la mode vintage, Winnie the Pooh, McDonald’s, le salon de thé Angelina, le Palace, etc.
Un mélange des genres dont la modernité reste intacte.

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Écrit par
Zoé de Sagan
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