Pourquoi lui ?
Pourquoi se vautrer dans les théories conspirationnistes et complotistes alors que les archives du quai d’Orsay fourmillent des petites histoires qui font le grande ? L’Iconoclaste nous livre un gros pavé, de ceux qui fatiguent les bras en lisant, mais ça vaut le coup de se muscler. De Christophe Colomb au mur de Berlin, un livre d’histoire par le trou de la serrure. Jouissif.
Où le lire ?
Posé sur une table, parce que l’animal pèse quand même son poids.
Incipit.
Anatole France préférait les chroniques aux livres d’histoire, la matière première à son commentaire.
Le passage à retenir par cœur.
J’ai été convoqué cet après-midi à 5 heures 30 (par) le Chancelier Hitler. En présence de la gravité de la situation m’a-t-il dit, je tiens à vous faire une déclaration que je vous prie de transmettre au Président (Daladieer). Comme je (le) lui ai déjà dit, je n’ai aucune hostilité contre la France. J’ai reconnu notre frontière commune, j’ai personnellement renoncé à l’Alsace Lorraine, non seulement je ne veux pas de conflit avec la France mais je ne demande qu’à vivre en bonne harmonie avec elle, aussi m’est-il très pénible de penser que je pourrais avoir à combattre contre la France à cause de la Pologne.
Télégramme de Robert Coulondre, au ministère des Affaires étrangères, le 25 août 1939.
À qui l’offrir ?
Aux révisionnistes de tous bords.

Quai d’Orsay, cinq siècles d’histoire et de diplomatie, Emmanuel de Waresquiel, éd. L’Iconoclaste, 626 p., 24,90 €
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