Pourquoi lui ?
Parce que l’auteure est une experte, Docteur en histoire et journaliste spécialisée en art contemporain, elle sait donc vulgariser noblement « la folie de l’art brut ». Elle vous apprendra que c’est Jean Dubuffet qui, dès 1945, lanca l’expression « art brut » pour mettre en lumière des œuvres d’autodidactes ou d’internés d’hôpitaux psychiatriques.
Où le lire ?
Avant de vous rendre à un vernissage « pince fesse ».
Le passage à retenir par cœur ?
« Certains pensent que l’art brut est une notion qu’il faudrait faire exploser, et qui serait datée, et ont vite fait de faire l’économie de l’auteur d’art brut, car il dérange », regrette Srah Lombardi. Michel Thévoz y voit même une lubie de marchands « en mal d’approvisionnement » d’un art affranchi de toute culture, et de tout « déterminisme mercantile ». « Faut-il dès lors élargir ou remanier la définition de l’art brut et l’ouvrir à des cas moins significatifs, de manière à assurer un contingent annuel stable ? poursuit-il. Ce serait évidemment une tricherie idéologique et commerciale, et, à tous égards, une trahison de l’esprit et de la lettre des écrits de Jean Dubuffet ». Et d’ajouter plus virulent : « Au demeurant, sommes-nous habilités à revenir sur une définition élaborée par un artiste à une certaine époque et dans un certain contexte culturel, une définition génératrice qui a catalysé ce type de création et qui n’en finit pas de produire ses effets. Respecter son caractère historique ne revient pas à la considérer comme caduque, tout au contraire : elle ne fait que gagner en actualité et en subversion. Je veux dire que les valeurs libertaires, créatrices et désintéressées correspondant à la définition de l’art brut mettent plus que jamais en question le mode de production, de diffusion et de commercialisation de ce qu’il est convenu d’appeler art. »
A qui l’offrir ?
A vos amis collectionneurs qui aiment regarder (et découvrir) tout ce qui est à la marge.

Roxana Azimi – La folie de l’art brut – Séguier éditions – Prix public TTC 18 euros.
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Écrit par
Zoé de Sagan
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