Pourquoi lui ?
Parce qu’un photographe qui devient romancier sait immortaliser mieux que personne la complexité des êtres humains. Et surtout parce que c’est une manière intelligente et subtile de comprendre comment tuer symboliquement le père tout en comprenant le phénomène de reproduction inconsciente entre père et fils.
Où le lire ?
Juste avant de rejoindre une réunion de famille.
Le passage à retenir par cœur ?
« Cet intérêt pour les filles me venait de mon père. Par les gènes peut-être un peu, et par un de ses sourires, un jour. J’avais dans les neuf ans et une amie de mes parents avait dit que je serais un homme à femmes. J’ai vu ce curieux sourire s’épanouir sur le visage de mon père, et sans saisir entièrement le sens de l’expression, j’ai senti sa fierté réchauffer un à un les os de mon dos.
Moi qui ne brillais ni à l’école, ni en sport, ni même à la pêche, je venais enfin d’éveiller chez lui le sentiment orgueilleux de la transmission. Il la voyait comme une fée se penchant sur mon berceau, la jeune femme qui venait de me faire le compliment. Elle allait devenir plus tard une de ses maîtresses. »
A qui l’offrir ?
A votre père, cela va de soi. Et si il n’est plus là, à votre fils. Et si vous n’en avez pas offrez-le vous directement. C’est un petit bijou à l’atmosphère trouble mais d’une finesse à couper le souffle.

Partager cet article
Écrit par
Zoé de Sagan
Rejoindre la conversation
D’Ernest Hemingway à Anne Frank: des milliers de livres censurées en Amérique
Ils ont rallumé les flammes, mais sans le panache des sorcières d’antan. 4.239 livres crevés, jetés au ban des écoles US, comme des carcasses qu’on laisse pourrir sous le soleil texan. PEN America a compté, et ça fait 10.046 coups de hache dans le papier, de
L’ancien Prix de Flore 2011 condamné à de la prison pour un « resto basket »
Écrivain-poète à la précocité remarquable, ancienne gloire littéraire du début des années 2010, Marien Defalvard fait aujourd’hui parler la chronique judiciaire pour des faits de toute petite criminalité. Il lui est en effet reproché d’être parti sans payer d’un restaurant orléanais, laissant derrière lui une note de
« Scandale », le nouveau roman de Schiappa est pire que le braquage du Fonds Marianne
Qui arrêtera la plume de Marlène Schiappa ? L’ancienne ministre sort courant mai un roman de « new romance » intitulé « Scandale » aux éditions Fayard. Et le résumé rappelle les grandes heures de « Marie Minelli ». Et si la réelle passion des ministres d’Emmanuel Macron n’était pas la politique, mais l’