Pourquoi lui ?
Il n’y a pas eu besoin d’attendre Hollywood et les millions de derniers soupirs pour que les derniers mots des grands hommes soient légendés.
Parce qu’on prête aux mourants une aura métaphysique, comme s’ils se tenaient déjà un pied dans chaque monde, comme s’ils avaient une vision pure de l’existence et allaient pouvoir livrer des vérités éternelles. Et puis, aussi, parce que la vie des grands hommes et des grandes femmes est toujours romancée pour en faire un mythe, et leurs derniers mots doivent sonner comme une conclusion grandiose à leurs légendes. On ne peut pas leur réclamer un bel incipit, on attend donc beaucoup des derniers mots.
Où le lire ?
Dans les couloirs des hôpitaux, pour donner des idées dans les chambres.
Incipit.
La scène est célèbre : tandis qu’il se meurt dans son domaine de Xanadu, un tycoon des médias, Charles Foster Kane, prononce, dans un dernier souffle, « Rosebud ».
Le passage à retenir par cœur.
Pourquoi pleurez-vous ? Vous m’avez cru immortel ? Louis XIV
Je vais entendre enfin la vraie musique. Bach
Je m’en vais quérir le grand peut-être. Rabelais
Enfin, on va jouer ma musique. Berlioz
Liberté que de crimes on commet en ton nom. Madame Roland
Tire ! Ne sois pas lâche. Tu ne vas tuer qu’un homme. Ernesto Guevara
À qui l’offrir ?
Aux gens sans inspiration, qu’ils réussissent leur sortie. Laissez les grands esprits tranquilles, l’inspiration viendra sur l’instant.

Ultimes, Philippe Nassif, éd. Allary, 150 p., 14 €
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La rédaction
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