Pourquoi lui ?
Les icônes consuméristes sont détournées de longue date. Sans parler d’Andy Warhol, les plasticiens s’en sont donné à cœur joie récemment. On pense à Mariel Clayton (photo) bien sûr, ou Catherine Thery. Mais la littérature semblait éviter le sujet.
Eli Flory saute donc dedans à pieds joints. Il y a d’abord la jouissance de l’enfant en nous qui voulait que le Coyote chope ce prétentieux de Bip Bip. Mais surtout, il y a la mise en parallèle de la femme soumise dans l’idéologie islamiste et une poupée.
Et se rappeler qu’à chaque fois qu’une société s’éloigne un tantinet de ces principes d’égalité, la première communauté à souffrir, c’est celle des femmes. Regardez comment vos femmes sont traitées et vous connaîtrez la santé de votre société.
Et en France, où une femme topless peut se faire frapper et ou des femmes trop couvertes se font interdire les portes des restaurants, la question se pose.
Parce que le corps des femmes est la plus grande réussite de Dieu et que l’homme n’a jamais su gérer cette beauté.
Où le lire ?
Dans un H&M
Incipit.
I’m a blond bimbo girl, in the fantasy world, dress me up, make it right, I’m your dolly. You’re my doll, rock’n’roll, feel the glamour in pink, kiss me here, touch me there, hanky-panky…
Le passage à retenir par coeur.
Ken, le poupon sans bite, l’homme accessoire que l’on assortit à ses robes et à ses chaussures, Ken est enfin sorti de son placard. Il s’est fait la malle avec un porn-star rencontré sur la plage de Malibu. Ensemble, ils ont ouvert à Paris un restaurant vegan. Un matin, Barbie a reçu dix kilos de concombres jaune du Pérou, avec un bristol joint à la cargaison : « Pour tes masques du soir. Avec mon meilleur souvenir. » Tout est bien fini. Elle couine comme un épagneul breton shooté à l’antimite. Finies les roses déversées par kilos au-dessus de la propriété. Finies aussi les longues balades en décapotable sur la Riviera, les après-midis shopping et les soirées entre amis. Barbie se jette dans les bras de Paul.
À qui l’offrir ?
Aux hommes et à Christine Boutin.

Une poupée au pays de Daech, Elu Flory, éd. Alma, 118 p.n 14,90 €
Partager cet article
Écrit par
Rejoindre la conversation
D’Ernest Hemingway à Anne Frank: des milliers de livres censurées en Amérique
Ils ont rallumé les flammes, mais sans le panache des sorcières d’antan. 4.239 livres crevés, jetés au ban des écoles US, comme des carcasses qu’on laisse pourrir sous le soleil texan. PEN America a compté, et ça fait 10.046 coups de hache dans le papier, de
L’ancien Prix de Flore 2011 condamné à de la prison pour un « resto basket »
Écrivain-poète à la précocité remarquable, ancienne gloire littéraire du début des années 2010, Marien Defalvard fait aujourd’hui parler la chronique judiciaire pour des faits de toute petite criminalité. Il lui est en effet reproché d’être parti sans payer d’un restaurant orléanais, laissant derrière lui une note de
« Scandale », le nouveau roman de Schiappa est pire que le braquage du Fonds Marianne
Qui arrêtera la plume de Marlène Schiappa ? L’ancienne ministre sort courant mai un roman de « new romance » intitulé « Scandale » aux éditions Fayard. Et le résumé rappelle les grandes heures de « Marie Minelli ». Et si la réelle passion des ministres d’Emmanuel Macron n’était pas la politique, mais l’