
Les 1 % les plus fortunés de la planète sont à l’origine de 17 % des émissions mondiales de CO2. Tandis qu’à l’opposé du spectre, les 50 % les plus pauvres de la population mondiale n’ont entraîné que 12 % des émissions mondiales. « Il y a une forte inégalité des contributions au problème climatique », souligne à l’AFP l’économiste Lucas Chancel, estimant que « le gradient du revenu et du patrimoine permettent d’expliquer une grande partie des inégalités » d’émissions. Il est l’un des chercheurs du Laboratoire des inégalités mondiales, qui a publié ses résultats pour l‘année 2019 début décembre.
En termes d’émissions de tonnes de CO2, le fossé est encore plus évocateur. Les 1 % les plus riches ont ainsi émis en moyenne 110 tonnes de CO2 par an et par habitant, quand les 50 % les plus pauvres ont émis en moyenne 1,6 tonne de CO2 par an et par habitant, soit 70 fois moins. Or, pour respecter un scénario de réchauffement limité à 1,5°C, il faudrait émettre environ deux tonnes de CO2 par an et par habitant. L’ONG Oxfam, qui a également publié un rapport récemment sur le sujet, a calculé que les 1 % les plus riches émettraient encore 70 tonnes de CO2 en trop en 2030 par rapport à l’objectif 1,5°C. Les classes moyennes, qui ont vu leurs émissions augmenter le plus vite entre 1990 et 2015, subiraient quant à elles un redressement sous « l’effet de Paris » en référence à l’Accord de Paris signé en 2015. Elles seraient ainsi quasiment dans les clous en 2030.

Des efforts qui devraient viser les plus riches
Face à ce constat, les auteurs de ces rapports préconisent que les efforts soient largement concentrés sur la moitié de la population la plus riche et en particulier des 10 % les plus riches, afin d’assurer une transition juste et éviter un nouvel épisode du type des Gilets jaunes. En France, les 10 % les plus riches du pays émettent en moyenne 24,7 tonnes de CO2 par habitant, contre 5 tonnes par habitant pour la moitié la moins riche, et une moyenne nationale de 8,7 tonnes.
L’une des pistes pourrait consister en une taxation progressive sur le carbone, suivant notamment le niveau des émissions mais aussi de richesse des individus, avec l’exemple d’impôts progressifs sur la détention de titres financiers liés à des activités non vertes. « La mise en place d’impôts progressifs écologiques sur la richesse pourrait être politiquement plus viable que les taxes sur la consommation de carbone qui frappent durement les groupes à faibles revenus et ne parviennent pas à réduire les émissions des personnes très fortunées », précise Lucas Chancel.
Dans un entretien au Monde, l’économiste estime qu' »avec un impôt progressif sur les plus hauts patrimoines, accompagné d’un supplément pollution pour ceux qui possèdent des actions dans les secteurs carbonés, un tel impôt sur la fortune des multimillionnaires pourrait rapporter au moins 1,5 % à 2 % du PIB mondial ». De quoi financer les investissements nécessaires pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Cette idée d’impôt sur la fortune climatique a été reprise par plusieurs candidats de gauche à l’élection présidentielle tels que Yannick Jadot, Anne Hidalgo ou encore Jean-Luc Mélenchon.
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Écrit par
Rrose Sélavy
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