Quand les enjeux sont aussi importants que dans le dossier ukrainien, comment les espions travaillent-ils, comment couvrent-ils leurs traces, surtout dans des régions qui risquent de se transformer en zones de guerre ?
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On parle beaucoup du rôle de la CIA dans les conflits étrangers, mais très peu de celui de la DIA, la Defense Intelligence Agency. Cette agence militaire, plus discrète, rend compte au secrétaire à la Défense, contrairement à la CIA qui relève directement du cabinet du Président. Elle est chargée d’évaluer le renseignement le plus critique qui soit: les informations liées au combat qui peuvent soit déclencher ou soit éviter une guerre qui semble imminente.
Tandis que les officiers de la CIA peuvent rôder dans des pays étrangers sous couverture commerciale ou diplomatique, comment un espion militaire peut-il pénétrer une zone de guerre tout en collectant des informations ?Ils s’appuieraient notamment sur un programme peu connu appelé « Réduction de signature », qui permet à toute sorte d’agents américains de travailler sous couverture. Éric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), auteur du livre La nouvelle guerre secrète (Mareuil Édition), précise les contours de ce programme:
« Le programme ‘réduction de signature’ a été mis en place par le Pentagone. Les opérations clandestines sont de plus en plus difficiles au XXIe siècle car nous avons maintenant les passeports biométriques. Donc il faut créer des légendes [identités, ndlr] électroniques pour les agents qui interviennent dans tous les pays du monde. Les Américains sont les plus forts dans ce domaine, ils ont créé des programmes qui permettent d’intervenir sur tous les territoires. »Ce programme est double, explique Éric Denécé. Tout d’abord, il faut pouvoir passer les frontières en clandestin:
« Cela dépasse la fiction. Ils ont beaucoup travaillé sur les masques et ce qui peut modifier le visage et l’apparence des individus. Il existe des masques en latex qui vieillissent ou modifient l’aspect du visage et qui résistent à un passage de frontière et un tête-à-tête avec un garde-frontière. Ils ont aussi réussi à créer des gants très fins qu’on met par-dessus les mains et qui donnent des empreintes digitales différentes des vôtres et qui laissent même passer la transpiration comme si c’était la véritable peau. Ils arrivent à faire grossir les gens. Il y a eu énormément d’investissements. »Les Américains mènent également des cyberattaques « pour pénétrer dans les bases de données de la police des pays dans lesquels ils envoient leurs informateurs« , poursuit-il:
« Ils vont créer un faux nom et quand l’agent infiltré passera la frontière, la police trouvera ce nom. Quelques minutes plus tard, ils effaceront le nom de sorte à ne pas laisser de traces. »
Ensuite, il faut pouvoir protéger l’agent sur le territoire américain. En effet, explique Éric Denécé, « les Américains se sont dit que ceux qui cherchent à leur nuire pourraient repérer sur le sol américain les opérateurs et leur causer des problèmes« :
« Donc ils continuent à créer de fausses identités pour ces opérateurs sur le territoire américain. Ils créent des boîtes aux lettres et paient leurs factures. Ils ont fabriqué une véritable infrastructure clandestine aux États-Unis pour protéger la vie de leurs agents et pour donner naissance à ces vraies-fausses personnes dont ils utiliseront l’identité lorsqu’ils voyageront à l’étranger. »
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Écrit par
Rrose Sélavy
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