A plusieurs échelons, les services de l’État étaient au courant d’une condamnation de ce chirurgien pour détention d’images pédopornographiques. Il a pourtant pu continuer à opérer des enfants jusqu’en 2017.
Joël Le Scouarnec, cet ex-chirurgien digestif de 72 ans est actuellement détenu et mis en examen pour avoir violé ou agressé sexuellement 312 de ses jeunes patients (filles et garçons), entre janvier 1986 et janvier 2014, dans différents hôpitaux. Dont plusieurs en Bretagne.
Les services de l’État au courant
Or, depuis la révélation de cette affaire en 2017, une question demeure : comment a-t-il pu continuer à exercer auprès d’enfants alors qu’il avait été condamné, en novembre 2005, à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques ? Il était alors en poste à l’hôpital de Quimperlé, dans le Finistère.
Selon France Info, le ministère de la Santé avait été informé de cette condamnation dans les mois qui ont suivi. Peut-être par la Direction des affaires sanitaires et sociales (Ddass) du Finistère, qui avait elle-même été alertée par le Conseil de l’Ordre des médecins de ce département.
Autrement dit, les services de l’État (à différents échelons) ont eu connaissance de cette condamnation. Mais « à l’époque, seule la Ddass était compétente pour instruire les dossiers des médecins hospitaliers. L’Ordre est devenu compétent en matière disciplinaire à partir de la loi Bachelot, en 2009 », nous avait précisé, fin 2019, le Dr Jean-Marcel Mourgues, vice-président de l’Ordre national.
« C’est monstrueux »
Or, pour des raisons encore obscures, alors que Joël Le Scouarnec venait d’être nommé praticien hospitalier, aucune sanction ni mesure préventive ne sont prises. Une note du ministère, ni datée ni signée, conseille seulement de déposer « plainte devant l’Ordre des médecins », rapporte France Info.
« Nous ne ferons aucun commentaire », a indiqué, ce vendredi 10 février, le Conseil national de l’ordre des médecins.
L’association La Voix de l’enfant, partie civile dans cette affaire, étudie dès lors la possibilité de déposer plainte contre le ministère de la Santé et l’Ordre des médecins. « Après 2005, on dénombre au moins quarante-cinq victimes supplémentaires. C’est monstrueux. Les institutions n’ont pas pris les dispositions nécessaires pour protéger ces enfants », s’indigne Martine Brousse, la présidente.
Une autre association, le mouvement d’insoumission aux ordres professionnels (Miop), a engagé un recours pour contester le fait que l’Ordre des médecins soit partie civile dans cette affaire, c’est-à-dire du côté des victimes. L’association a été déboutée en première instance et condamnée à payer 2 000 €, mais elle a annoncé faire appel. « D’un côté, l’Ordre des médecins sanctionne des médecins qui signalent des cas de maltraitances – ce fut le cas il y a peu à Toulouse – ; de l’autre, il ne fait rien face à Joël Le Scouarnec. Il y a deux poids deux mesures », dénonce le Dr Wiener, secrétaire du Miop.Source : Ouest france
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