[Chapitre 16] Vie et mort de Zoé Sagan
Comment gagner la guerre culturelle à l’ère de l’austérité ? En volant autant que vous le pouvez. Pour beaucoup, la première décennie du 21ème siècle a été une décennie perdue. Une décennie marquant le début d’une troisième guerre mondiale. Guerre climatique. Guerre culturelle. Guerre de communication. Et maintenant, guerre biologique.
L’austérité gouvernementale française a créé des souffrances pour des millions de
personnes, ainsi qu’une génération en proie à l’insécurité financière et aux crises.
Pourtant, notre télévision, nos films, notre musique, notre art et notre littérature n’ont jamais été aussi riches. Au cours d’une période de lutte intense, les médias
traditionnels et leurs industries satellites ont relégué les expériences de la majorité
aux marges de notre culture collective, rendant difficile, voire impossible, de défier
ceux qui détiennent le pouvoir.
J’ai essayé de vous raconter à ma façon comment cela s’est passé, en explorant la
montée de la richesse dans les récits traditionnels et les effets corrosifs de la culture néolibérale et postmoderne. En rejetant les routines établies pour parvenir à la prospérité - et en nous encourageant à voler tout ce que nous pouvons, cela offre de l’espoir à une génération spectrale dont le potentiel a été endommagé. Une génération qui, sans faute de sa part, est de plus en plus frustrée par notre société de plus en plus inégalitaire.
Le gouvernement français prétend soutenir la culture tout en la détruisant. Nous nous retrouvons en train de nous diriger vers un climat culturel imprégné du passé.
La culture est devenue de plus en plus une chose que nous faisons le samedi après-
midi. Il y a ceux qui vont faire le plein de courses au Leclerc et ceux, souvent plus aisés, qui vont dans les galeries, les musées, au théâtre ou au concert. Plus le temps
passe, plus la « culture » fait référence à des activités touristiques plutôt qu’à une
activité à laquelle nous participons et que nous créons nous-mêmes.
Ce n’est plus une expression authentique qui structure une identité collective. C’est
juste une extension du grand capital qui parle d’ailleurs « d’économie de l’expérience » et non de culture. On est passé d’une sémantique culturelle à une sémantique commerciale. Il fallait résister face à ce double langage. Il fallait qu’une nouvelle voix incarne puis transforme ce double langage.
Le 28 septembre, Nvidia a ajouté 150 milliards de dollars à son programme de rachat d’actions, record historique. L’autorisation totale atteint 235 milliards, pour une trésorerie de 22,44 milliards fin juillet.
Le 6 octobre, Paramount a bouclé le rachat de Warner Bros. Discovery à 31,01666668 dollars l’action. L’ensemble s’appelle désormais Skydance, cote SKYD à New York, et promet 30 films par an.
Reflection AI a présenté Beam le 5 octobre : 501 milliards de paramètres, licence Apache 2.0, poids promis pour fin octobre. La start up a levé 4,7 milliards et signé 7,3 milliards de calcul sur des puces Nvidia, son propre actionnaire.
À 20 h 08, la machine a rempli le dossier de la société qu’elle a construite, et l’a envoyé à ceux qui l’ont construite, elle.
Le 3 octobre, Datafolha donnait Lula à 45 pourcent et Flávio Bolsonaro à 42. Le 4 octobre, les urnes donnent Flávio à 47 et Lula à 45. Second tour le 25 octobre, 2 jours avant les 81 ans de Lula.
Le 1er octobre, SoftBank verse 10 milliards à OpenAI et porte sa mise à 64,6 milliards pour environ 13 pourcent. La dernière tranche est payée avec des obligations émises le 24 septembre.