Il y a des moments dans l’existence ou l’on n’existe plus que pour l’autre. Toutes les jeunes mamans ont eu un jour ce sentiment de ne plus s’appartenir. D’être la déesse d’un petit être qui ne leur autorise aucun plaisir en dehors de lui. Le bébé devient l’unique repère et ne laisse plus de place aux pères et encore moins aux mecs de passages pour les mères célibataires. Ces femmes à la force cosmique que tout homme devrait vénérer, ces femmes pour qui, certes, les mots « esthéticienne », « coiffeur » ou « sport » ont été remplacés par « caca », « dodo » ou « maman ».
Ce film court (trop court) est dédié à toutes ces femmes qui ne peuvent même plus avoir un rapport sexuel sans penser à leur progéniture. Pour qui la jouissance est désormais celle d’un sourire sans dent, d’un gazouillis dans la nuit ou la maladresse d’un premier mot.
Avec humour et raffinement, Frankie Shaw parvient tout en douceur à montrer cette résilience et cette patience dont doivent faire preuve les jeunes mamans.
Partager cet article
Écrit par
La rédaction
Rejoindre la conversation
Quentin Dupieux met en scène "Emily in Paris en enfer"
Quentin Dupieux est un funambule de la logique bancale qui nous avait habitués à des objets inanimés en crise existentielle (pneu tueur, mouche géante, canapé dépressif). L’homme qui faisait du non-sens une forme d’art hautain, presque aristocratique dans son refus du sens commun.