Hollywood s’attaque à Houellebecq : Brad Pitt en prophète de la déprime française ?
Ah, la rumeur enfle, comme une baudruche gonflée à l’hélium californien. Brad Pitt, l’éternel golden boy d’Hollywood, le mec qui a survécu à Fight Club, aux zombies de World War Z et à deux mariages avec Angelina Jolie, aurait signé pour incarner Michel Houellebecq.
Oui, vous avez bien lu : Michel Houellebecq, le barde français du vide existentiel, du sexe tarifé et de la société en décomposition avancée.

Le projet serait piloté par un « grand réalisateur américain connu de tous » – comprenez : quelqu’un dont le nom fait vendre des popcorns dans le monde entier, un type capable de transformer n’importe quelle noirceur en machine à Oscars.

Imaginons la scène. Brad, 62 ans bien tassés mais toujours sculptés par les dieux du Botox et du Pilates, arrive sur le plateau avec son sourire Planète Hollywood. On lui colle une perruque filasse, une chemise en jean froissée, un paquet de Gauloises sans filtre (mais bio, hein, on est à Los Angeles).
Et hop, le voilà transformé en Houellebecq : regard las, épaules voûtées, air de dire « tout est foutu » entre deux gorgées de vin rouge réchauffé. Le poster promotionnel circule déjà – une photo où Pitt fixe l’objectif avec l’expression d’un homme qui vient de découvrir que le supermarché du coin n’a plus de rôti de porc – et on nous promet un « coming soon » qui sent le bluff à plein nez.
Évidemment, l’idée est absurde. Houellebecq, c’est la France qui pue la clope froide, les HLM de province, les supermarchés Casino et les rêves avortés d’une génération. Brad Pitt, c’est le mec qui vit dans un château en Provence, qui produit du rosé bio et qui sort avec des femmes de trente ans sa cadette. Mettre Pitt dans la peau de l’écrivain français, c’est comme demander à Barbie de jouer Simone de Beauvoir : ça peut être drôle cinq minutes, mais ça finit en catastrophe esthétique.
Et le réalisateur, alors ? On murmure Scorsese (trop vieux, trop new-yorkais), Nolan (il voudrait sûrement insérer un twist temporel où Houellebecq invente le Minitel en 1890), ou peut-être Quentin Tarantino, histoire d’ajouter des dialogues de trois pages sur la différence entre un Big Mac et une andouillette. Non, le candidat idéal, c’est évidemment David Fincher : il a déjà fait de Pitt un sociopathe charmant, alors pourquoi pas un misanthrope dépressif ? Imaginez la bande-annonce : musique lancinante de Trent Reznor, plans serrés sur le visage de Pitt qui tire sur sa cigarette électronique (parce que fumer vrai, c’est plus autorisé sur un plateau américain), et une voix off grave : « Dans un monde où plus rien n’a de sens… un homme ose le dire. »
Le pire, c’est que ça pourrait marcher. Hollywood adore recycler la noirceur européenne pour la rendre digeste. On aura droit à une version édulcorée des Particules élémentaires : moins de désespoir absolu, plus de plans de Pitt torse nu sous la pluie normande. Houellebecq lui-même, qui a déjà vendu ses livres à des millions d’exemplaires en se plaignant que personne ne le comprend, doit jubiler en secret : enfin, on va le prendre au sérieux… à condition qu’il soit joué par l’un des hommes les plus beaux du monde.
Bref, si cette rumeur est vraie, on tient là le nanar philosophique du siècle. Sinon, c’est juste le meme le plus cruel jamais infligé à la littérature française. Dans les deux cas, on en rit déjà. Coming soon ? Espérons que non.
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