Le réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan a remporté la récompense suprême à Cannes cette année pour le film Winter Sleep.
Et c’est largement mérité. Cette longue dissection psychologique d’un sexagénaire qui règne en maître sur un village d’Anatolie est, n’ayons pas peur du mot, un pur chef d’œuvre.
Ce film de 3h16 inspirée de trois nouvelles du romancier russe Anton Tchekhov (1860 – 1904), nous dévoile un petit village de Cappadoce dont les habitations troglodytes attirent les touristes l’été, des paysages splendides que le Turc dépeint avec brio, tout comme ses scènes d’intérieur faiblement éclairées.
Avec l’hiver, l’hôtel de Aydin, ancien acteur ayant atteint la soixantaine (Haluk Bilginer), est quasi-désert, le laissant seul face à sa jeune femme et sa sœur divorcée. Aydin a de lui l’image d’un intellectuel éclairé et bienveillant. Lentement, Ceylan va minutieusement démonter cette image auto-satisfaite. Vous en ressortirez bouche bée et bouleversés à jamais…






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Écrit par
Zoé de Sagan
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