Changement de sexe chez les enfants : « un des plus grands scandales sanitaire et éthique »
Des discours idéologiques
« On fait croire aux enfants qu’une fille pourrait devenir un garçon et inversement parce qu’ils l’auraient décidé sans même l’avis des adultes, et ce, de plus en plus jeunes », s’insurgent-ils. Ainsi, en Écosse par exemple, selon les directives du gouvernement, les enfants « dès l’âge de l’entrée en primaire auront la possibilité de changer de nom d’usage et de sexe à l’école sans le consentement de leurs parents ». Ni même sans les en informer si l’enfant le demande.
« Des discours banalisés prétendent qu’on pourrait se passer du réel biologique, de la différence sexuelle entre hommes et femmes au profit de singularités choisies fondées sur les seuls “ressentis” », déplorent les signataires. Des discours « mensongers relevant de l’idéologie » qui fleurissent sur les réseaux sociaux « où de nombreux adolescents en mal d’identité viennent chercher des solutions à leur malaise ». Alors « au nom de l’”autodétermination” – véritable slogan qui séduit tous les progressistes – je suis libre de choisir le corps que je veux – des enfants et des adolescents sont convaincus qu’ils peuvent changer de sexe à l’aide de traitements hormonaux voire de chirurgies mutilantes ».
Des demandes de changement de sexe qui explosent
Et ces discours ne sont pas sans conséquence. Il y a dix ans on recensait environ dix demandes de changement de sexe par an pour la région Ile-de-France, précise Jean Chambry, pédopsychiatre responsable du CIAPA (Centre Intersectoriel d’Accueil pour Adolescent à Paris). Aujourd’hui, c’est dix par mois. Une explosion des demandes qui touche en particulier les adolescentes.
Pourtant « ce phénomène, “l’enfant-transgenre” est en réalité une mystification contemporaine qu’il faut dénoncer vigoureusement car elle relève de l’embrigadement idéologique » affirment les signataires de la tribune. Car l’enfant est « un être en construction », quand « on voudrait nous faire croire qu’au nom du bien-être et de la liberté de chacun, un enfant, délesté de l’accord de ses “réactionnaires” de parents, serait à même de “choisir” son identité dite genrée ».
Un « rapt de l’enfance »
Les signataires de la tribune dénoncent « une emprise dont les conséquences entraînent une déstabilisation mentale, une rupture avec la famille si elle ne soutient pas son enfant et avec tous ceux qui refusent de partager son point de vue ». D’ailleurs « les discours de ces jeunes sont souvent stéréotypés comme s’ils avaient perdu tout esprit critique », pointent-ils, dénonçant un « rapt de l’enfance ».
Car selon ces personnalités, nous pourrions faire face à l’« un des plus grands scandales sanitaire et éthique », « la marchandisation du corps des enfants ». En effet, « en persuadant ces enfants qu’un sexe leur a été “assigné” à la naissance, et qu’ils peuvent librement en changer, on en fait des patients à vie, soulignent-ils : consommateurs à vie de produits chimiques hormonaux commercialisés par les firmes pharmaceutiques, consommateurs récurrents de toujours plus d’opérations chirurgicales dans la poursuite du rêve chimérique d’un corps fantasmé ».
Une remise en cause de l’universalisme des droits
Mais « avons-nous (encore) le droit de réagir sans se faire insulter, menacer ? », interrogent-ils. « Plus personne ne sait comment agir et élever sa voix souvent par crainte de certaines associations LGBTQI+ », regrettent les signataires. Un sigle qui pourtant « recouvre des personnes bien différentes dont certaines s’inquiètent comme nous des dérives actuelles », et dont certaines souffrent de « la loi du silence qui règne dans ce milieu ». Un exemple en est donné par « le documentaire suédois Trans train où de jeunes adultes, abandonnés à leur solitude, et menacés en cas de prise de parole publique, déclarent avoir subi des pressions de leur communauté trans dès lors qu’ils ont émis des doutes ou “détransitionné” » (cf. Détransition de genre : un phénomène d’ampleur ?).
Dans ce contexte, ces cinquante personnalités font cependant valoir leur droit à réagir : « Nous refusons qu’au nom des “droits à la personne”, on récuse ce socle commun – l’universalisme des droits – qui constitue le fondement de l’humanité ».
[1] Liste des signataires :
Nicole Athéa (endocrinologue-gynécologue), Elisabeth Badinter (philosophe), Anne-Laure Boch (neurochirurgien, Hôpital de la Salpêtrière), Thierry Baranger (magistrat honoraire, ancien président des tribunaux pour enfants de Paris et de Bobigny), Marie-Jo Bonnet (historienne, écrivaine), Jean-François Braunstein (philosophe, professeur à l’université Panthéon Sorbonne), Anna Cognet (psychologue clinicienne), Alain Cornec (avocat), Laurence Croix (maître de conférences, université de Nanterre), Chantal Delsol (philosophe, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques), Bernard Devauchelle, (professeur de médecine et chef du service de chirurgie maxillofaciale du CHU d’Amiens), Marie Josèphe Devillers (militante lesbienne féministe), Christine Le Doaré (juriste, militante féministe), Catherine Dolto, (haptothérapeute), Corinne Ehrenberg (psychanalyste), Caroline Eliacheff (pédopsychiatre, psychanalyste) Xavier Emmanuelli (médecin, président du Samu Social international), Nicole Farges (psychologue, psychanalyste), Natalie Felzenszwalbe (avocate honoraire), Isabelle Ferrari (co-fondatrice AMQG (Approche mesurée des questionnements de genre chez les jeunes) à Genève) Christian Flavigny (pédopsychiatre, psychanalyste), Esther Fouchier (présidente du Forum Femmes Méditerranée), Pascale Fourcade (psychiatre), René Frydman (professeur de médecine), Delphine Girard (professeure de lettres classiques en collège, militante laïque), Bernard Golse (pédopsychiatre, psychanalyste (APF), professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, université de Paris), Julie Gosselin (informaticienne, féministe), Nadia Guenet (réalisatrice de l’émission radio “la révolution sera féministe”) , Liliane Kandel (sociologue, féministe, membre du comité de rédaction des Temps modernes), Annick Karsenty (présidente de l’Association “femmes solidaires” à Marseille), Aaron Kimberly (Gender Dysphoria Alliance, Canada), Frédérique Kuttenn (ancienne chef du service d’endocrinologie et de médecine de la reproduction à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière), Rhadija Lamrani Tissot (psychanalyste, linguiste), Jean-Pierre Lebrun (psychiatre, psychanalyste), Danièle Manesse (linguiste, chercheuse en didactique des langues, université Sorbonne-Nouvelle), Céline Masson (professeur des universités), Martine de Maximy (magistrate honoraire, ancienne juge des enfants), Isabelle de Mecquenem (professeur agrégée de philosophie, membre du conseil des sages de la laïcité), Scott Newgent (TReVoices), Sylvie Quesemand Zucca (médecin, psychiatre), Gérard Rabinovitch (philosophe, sociologue), Jean-Pierre Rosenczveig (ancien président du Tribunal pour enfants de Bobigny), Hana Rottman (pédiatre, pédopsychiatre), Olivia Sarton (juriste), Myriam Szejer (pédopsychiatre), Sonia Timsit (psychiatre, psychanalyste), Claire Squires (maître de conférences, université de Paris), Samuel Veissière (anthropologue et professeur de psychiatrie transculturelle à l’Université McGill de Montréal), Jean-Pierre Winter (psychanalyste), WHRC-France (Women Human Rights Campaign (Droits des femmes fondés sur le sexe).
Source : L’Express, Tribune collective
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