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Société· 4 MIN· juillet 2025 PUBLIÉ LE 12 juil.

"Délit de solidarité" : des enseignants poursuivis pour avoir protégé des enfants sans-abri

Dans une France qui se targue de ses valeurs républicaines – Liberté, Égalité, Fraternité –, un scandale éclate au grand jour : des enseignants risquent des poursuites judiciaires pour avoir ouvert les portes des établissements scolaires à des enfants et familles sans domicile fixe (SDF).

"Délit de solidarité" : des enseignants poursuivis pour avoir protégé des enfants sans-abri
Nova Sagan
Nova Sagan 12 juil. 2025 · 4 MIN · Société

Révélé par Le Canard enchaîné, ce "délit de solidarité" met en lumière les failles béantes du système d'hébergement d'urgence et la criminalisation de l'aide humanitaire. Plus de 3 000 écoliers dorment à la rue en France, et ceux qui tentent de les secourir se retrouvent face à la justice. Cet article exclusif décortique les faits, les protagonistes et les implications d'un phénomène qui n'a "plus de saison", comme le souligne ironiquement le journal satirique.

Le cas de Tours : deux professeurs devant la justice pour un acte d'humanité

Au cœur de l'affaire se trouvent deux professeurs du collectif Pas d'Enfants à la Rue, basé à Tours. Durant l'hiver dernier, ces enseignants ont occupé un collège public avec plusieurs familles sans-abri, dont des écoliers exposés au froid glacial. Leur objectif ? Offrir un refuge temporaire face à l'absence de solutions d'urgence. Mais cet acte de solidarité leur vaut aujourd'hui une convocation devant la justice. Ils sont accusés d'occupation illégale d'un bien public, un délit qui pourrait entraîner des amendes ou pire.

Le collectif Pas d'Enfants à la Rue milite depuis des années contre la précarité infantile, organisant des actions pour alerter sur la situation alarmante des mineurs sans toit. Selon les détails rapportés, les professeurs n'ont pas agi par rébellion gratuite, mais par nécessité : les services sociaux, saturés, n'ont pas pu répondre à l'urgence. "Il fut une période où les gens qui hébergeaient des clandestins, enfants juifs à l'époque, étaient considérés comme des Justes", rappelle un internaute sur X, en référence à cette affaire, soulignant le parallèle historique avec les actes de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pourtant, les critiques fusent. Certains estiment que les enseignants ont outrepassé leurs droits : "L'école ne leur appartient pas et ils l'ont fait sans aucune autorisation. S'ils étaient si solidaires, ils les auraient accueillis chez eux", argue un commentaire sur la plateforme X. D'autres vont plus loin, accusant un "gauchisme" déplacé : "Installer des SDF, sûrement des migrants, là où ils travaillent, ça n'est pas de la générosité". Ces réactions illustrent la fracture sociétale : d'un côté, la compassion pour les vulnérables ; de l'autre, la défense stricte de la propriété publique financée par les impôts.

L'incident d'Ivry-sur-Seine : une famille exposée à la tempête, une institutrice en péril

Fin juin, un épisode encore plus poignant s'est déroulé à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. La famille S., composée de deux parents et de trois enfants âgés de 3, 7 et 8 ans, dormait à même le sol derrière l'école Rosa-Parks. Le 22 juin, ils ont été victimes d'une agression violente : volés et battus, le père et l'un des enfants ont été blessés. Trois jours plus tard, le 25 juin, une tempête les a trempés jusqu'aux os, ruinant leurs maigres biens – des affaires fournies par des parents d'élèves de la FCPE et des membres du collectif Aucun enfant sans toit.

Face à cette détresse, une institutrice, soutenue par le collectif, a ouvert les portes de l'école pour offrir un abri pour la nuit. Mais l'action a tourné court : un élu local est intervenu, les expulsant car l'occupation se déroulait en dehors des heures scolaires. La famille s'est retrouvée à la rue, sans alternative, le Samu social étant saturé. L'institutrice risque désormais des poursuites pour les mêmes motifs que ses collègues de Tours.

Ce cas n'est pas isolé. Le Canard enchaîné rapporte que plus de 3 000 écoliers vivent cette réalité quotidienne en France, un chiffre alarmant qui interroge l'efficacité des politiques publiques. En 2017, Emmanuel Macron promettait que "plus personne ne dormirait dehors" – une promesse qualifiée de "mensonge" par des militants comme roig ines sur X : "C’est une honte ! Plus personne ne devait dormir dehors selon Macron en 2017. Quel menteur !"

Un scandale plus large : la criminalisation de la solidarité

Ce "délit de solidarité" n'est pas nouveau en France. Il renvoie à des affaires passées, comme celle de Cédric Herrou, un agriculteur condamné puis relaxé pour avoir aidé des migrants. "La solidarité ne peut jamais être un délit, c’est un principe constitutionnel de notre République", affirme une professeure sur X, citant la jurisprudence Herrou. Pourtant, les poursuites persistent, particulièrement quand il s'agit d'utiliser des biens publics sans autorisation.

Les défenseurs des enseignants arguent que les écoles, financées par les impôts, devraient servir le public en cas de crise : "À quoi sert une école publique si elle ne sert pas le public en cas de crise ?", questionne un internaute. À l'inverse, les opposants insistent sur la responsabilité personnelle : "Pourquoi elle ne les a pas logés chez elle ?"

Ce scandale révèle les limites du système d'aide sociale. Les collectifs comme Pas d'Enfants à la Rue et Aucun enfant sans toit appellent à une réforme urgente : plus d'hébergements d'urgence, une meilleure coordination entre services sociaux et éducation nationale. Sans cela, les actes de solidarité risquent de se multiplier... et les poursuites avec eux.

Vers une mobilisation citoyenne ?

Alors que l'article de Le Canard enchaîné, signé Lauriane Gaud et paru dans l'édition du 9 juillet 2025, a déjà généré des milliers de réactions sur les réseaux, la question reste posée : la France peut-elle continuer à punir ceux qui protègent ses enfants les plus vulnérables ? Ce scandale appelle à une réflexion nationale sur les valeurs républicaines. La liberté de la presse, comme le rappelle le motto du journal – "La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas" –, joue un rôle crucial en exposant ces injustices. Il est temps que la solidarité redevienne un droit, pas un délit.

z/S
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12 juil. 2025 · ARCHIVE z/S · ZOESAGAN.COM
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