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Société· 5 MIN· décembre 2025 PUBLIÉ LE 09 déc.

Fermez vos rideaux, la France va rouvrir ses bordels !

Et si le RN avait raison ? Zaza Dior rêve tout haut : des bordels tenus par les filles elles-mêmes, des impôts qui rentrent, des corps protégés et Paris qui redevient la capitale mondiale du plaisir. Vous êtes prêts ?

Fermez vos rideaux, la France va rouvrir ses bordels !
Zaza Dior
Zaza Dior 09 déc. 2025 · 5 MIN · Société

Mes chers amis de la nuit, mes sœurs de plumeau et de paillettes, mes frères en smokings froissés par l'ivresse... Imaginez un instant : les boulevards de la capitale baignés d'une lumière tamisée, où les néons clignotants des cabarets du Moulin Rouge se mêlent aux murmures complices des salons privés.

Une femme élancée, dos tourné à l'avenue endormie, sa robe à rayures fines épousant ses courbes comme une caresse volée, un manteau jeté négligemment sur l'épaule, des escarpins qui claquent sur le pavé humide. Elle attend, non pas la proie, mais l'instant – cet éternel recommencement du désir. Cette image, capturée dans l'ombre complice d'une rue parisienne, n'est pas un mirage des Années Folles.

C'est notre présent, notre urgence. Et c'est le cri du cœur que je pousse aujourd'hui dans ce manifeste : il est temps de rouvrir les maisons closes en France. Pas comme un reliquat puritain, mais comme un hymne à la liberté, à la sécurité, à l'élégance d'un commerce ancestral que l'hypocrisie a trop longtemps banni.

Ah, les Années Folles ! Ces Roaring Twenties qui ont fait de Paris le phare du monde, un phare rougeoyant de jazz, de champagne et de passions débridées. De 1919 à 1929, la France, encore saupoudrée de la poussière des tranchées, s'est inventée une ère de folie créative où le vice était vertu. Les maisons closes – ces "maisons de tolérance" comme on les appelait pudiquement – n'étaient pas des cachots de l'âme, mais des temples de l'hédonisme. Pensez au One-Two-Two, rue de Provence, où les courtisanes, ces demi-mondaines sublimes, régnaient en reines absolues. Des salons aux plafonds peints de fresques érotiques, des lits à baldaquin drapés de soie, des buffets où le caviar côtoyait les huîtres et les rires effrontés de Joséphine Baker. Là, sous l'œil bienveillant de madames expérimentées, les prostituées n'étaient pas des ombres traquées, mais des actrices d'une comédie humaine où le corps était célébré, non stigmatisé.

C'était l'époque où Pablo Picasso croquait les nus au Bateau-Lavoir, où Coco Chanel drapait les épaules nues d'un cardigan révolutionnaire, où les garçons de la Revue Nègre dansaient jusqu'à l'aube. Les maisons closes étaient le poumon de cette effervescence : lieux de confidences où les secrets d'État se murmuraient entre deux verres de Pernod, où les artistes puisaient l'inspiration dans la chair vive, où les fortunes se nouaient dans l'intimité d'une alcôve. Et n'oublions pas l'aspect économique ! Ces établissements, réglementés depuis la loi de 1907, versaient des impôts somptueux à l'État, employaient des légions de femmes dans des conditions dignes – hygiène impeccable, visites médicales obligatoires, sécurité absolue. Pas de macs tapageurs, pas de ruelles sordides. Juste l'art de plaire, codifié comme une valse au Ritz.

Puis vint 1946. La loi Marthe Richard, votée dans l'euphorie post-Libération, ferma ces maisons d'un claquement de porte moralisateur. Sous couvert de "libérer" les femmes, on les a jetées dans les bras du proxénétisme sauvage, des trottoirs balayés par le vent froid de l'hypocrisie. Depuis, la prostitution n'a pas disparu – oh non ! – elle s'est terrée dans l'ombre des banlieues, des motels anonymes, des apps de rencontre qui masquent le marché noir. Résultat ? Des milliers de femmes – et d'hommes – exposés à la violence, aux IST non contrôlées, à l'exploitation mafieuse. Selon les chiffres glaçants du ministère de l'Intérieur, plus de 80 % des prostituées en France sont aujourd'hui sous la coupe de réseaux criminels. Des meurtres effroyables, comme celui de cette jeune Nigériane retrouvée ligotée à Marseille en 2023, ou les disparitions en série dans les bois de Boulogne. Et pendant ce temps, l'État, ce grand pudique, ferme les yeux et les bourses : pas d'impôts sur ce commerce fantôme, pas de protection sociale pour ces "travailleuses du sexe" reléguées au rang de parias.

Mais voilà que l'actualité nous tend une perche dorée, comme un boa de plumes sur une scène de Folies Bergère. Selon un tweet viral d'AlertesInfos, relayé par Le Monde, le Rassemblement National prépare une proposition de loi pour rouvrir les maisons closes – tenues non par des barons de la pègre, mais par les prostituées elles-mêmes, en mode coopératif. Soutenue par Marine Le Pen, cette initiative n'est pas un caprice électoraliste, mais un retour aux sources : une régulation qui redonne le pouvoir aux femmes, qui impose des normes sanitaires strictes, qui transforme le vice en vecteur économique. Imaginez : des coopératives où les madames sont élues par leurs pairs, où les recettes financent des formations, des retraites, des cliniques gratuites. Pas de patrons invisibles, juste une sororité de chair et de cœur, comme dans les utopies féministes de Simone de Beauvoir – qui, soit dit en passant, n'aurait pas rougi d'un tel projet.

Pourquoi ce retour aux Années Folles aujourd'hui, en ce décembre 2025 où la France suffoque sous les dettes et les divisions ? Parce que notre pays a besoin de sa dose de folie ! Regardez autour de nous : l'ère du wokisme a étouffé le désir sous des couches de consentement protocolaire, les réseaux sociaux ont transformé l'érotisme en porno gratuit et vulgaire, et la crise économique pousse des milliers de jeunes – diplômées incluses – vers des jobs Uberisés où le corps est la dernière monnaie d'échange. Réouvrir les maisons closes, c'est raviver l'esprit de 1925 : une France audacieuse, inclusive dans sa débauche, où le plaisir est un droit, pas un délit. C'est créer des emplois – des milliers ! – dans l'hôtellerie de luxe, la lingerie fine, les cocktails signature. C'est taxer légalement ce qui l'est déjà illégalement, renflouant les caisses de l'État pour des écoles, des hôpitaux, des subventions aux arts. Et surtout, c'est protéger : visites médicales hebdomadaires, alarmes discrètes, solidarité collective contre les abus.

Critiques ? Oh, j'en entends déjà les échos puritains : "C'est archaïque ! C'est de l'exploitation !" Foutaises ! L'exploitation, c'est le trottoir sous la pluie, c'est le passeur qui rackette, c'est l'absence de filet social. Dans les maisons closes des Années Folles, les femmes comme Kiki de Montparnasse – amante de Man Ray, muse immortelle – choisissaient leur destin avec panache. Elles n'étaient pas victimisées ; elles étaient victorieuses. Aujourd'hui, avec un modèle coopératif, ce serait encore mieux : des assemblées générales où l'on vote les tarifs, les tenues, les pauses thé. Imaginez des maisons thématiques : une "Folies Folles" au cœur de Montmartre, avec jazz live et plumes d'autruche ; une "Liberté Latine" à Marseille, imprégnée d'accents provençaux et de pastis ; une "Champs-Élysées Chic" pour les élites, où le gigolo en smoking sert du Dom Pérignon.

Et pour les moralistes qui agitent le spectre de la traite ? La régulation n'abolit pas le mal, mais le contient. La Suède a essayé l'abolitionnisme en criminalisant le client : résultat ? Les prostituées plus isolées, plus vulnérables. L'Allemagne, avec ses bordels légaux, a vu une explosion de sécurité et de droits. La France, berceau de la Révolution, peut faire mieux : une loi-cadre qui punit sévèrement la traite humaine, qui intègre les migrantes avec formation linguistique et soutien psychologique, qui transforme ces maisons en bastions de l'empowerment féminin. Pas de frontières morales, mais des murs protecteurs.

Mesdames, Messieurs – ou plutôt, mes amants de l'impossible –, ce manifeste n'est pas un plaidoyer timide. C'est un appel aux armes de soie, un toast au champagne qui pétille. Rouvrons les maisons closes pour que la France redevienne cette garce sublime des Années Folles : provocante, généreuse, inoubliable. Que les lumières de Paris s'allument à nouveau pour accueillir ces reines de la nuit, non plus en exil, mais en triomphe. Et si le Rassemblement National porte ce flambeau – tant mieux ! La politique est un bordel, après tout ; autant y mettre de l'ordre avec élégance.

Vive la France des plaisirs ! Vive les Années Folles éternelles !

Zaza Dior
Journaliste mondaine, plume des nuits parisiennes, et inconditionnelle des robes à rayures qui font tourner les têtes.

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