Génération Y : une belle imposture ?
Nous sommes la génération Y, nommée de la forme de nos écouteurs. Génération Y. La chose est entendue. Une génération internet et écouteurs.
A-t-on déjà autant schématisé une génération ? rabaissé à une technologie. A-t-on déjà entendu parler de la génération locomotive ? Télévision ? Voiture ?
Une génération n’est que la fille de la précédente. Et les baby boomers sont toujours aussi peu enclin à prendre leur part de responsabilité dans notre époque.
Notre génération n’est pas une lettre de l’alphabet. Elle est une génération post révolution culturelle. Et comme toutes ces générations, elle est paradoxale et schizophrénique. Et pas Y.
Chaque génération apprend son rapport au monde par mimétisme du foyer pendant l’enfance, puis s’éduque intellectuellement par opposition dans sa jeunesse. Deux messages antinomiques mais de deux sources différentes qui forment l’adulte. Un message sécuritaire et réactionnaire que l’adulte réappréciera plus tard. Un message contestataire et innovant qui permettra à la société d’évoluer.
Mais pas nous. Non. Nos chers parents ont, comme tout le monde, reproduit le schéma archaïque de leur propres parents, tout en nous tenant des propos libertaires.
Comme toutes les générations post révolution culturelle, nos messages antinomiques avaient une source unique. D’où une légère schizophrénie. Très légère. Trois fois rien. Multiplication des partenaires, des emplois, des lieux de vies, instabilité,… Jetez un oeil sur la culture populaire. Des séries (True Blood, Walking Dead, Breaking Bad, Lost, Sopranos, Dexter…), les icônes de la chanson (Lady Gaga, même Michael Jackson…), tout crie sa schizophrénie, l’identité multiple.
Que fait une personne née en prison qui découvre la liberté ? Elle flippe. « Savoir se libérer n’est rien, c’est savoir être libre l’ardu ». Que Voltaire avait raison. Élevés dans un cadre strict mais emprunt des grandes valeurs de liberté et d’aventures, les baby boomers nous ont inculqué le devoir d’aventure, mais nous en ont effrayé. « Va découvrir le monde ! Mais fais attention, le danger est partout ».
Une génération accroc à la liberté à l’aventure mais effrayée, et donc culpabilisant d’être pusillanime.
Que dit la culture populaire. Elle vous dit que les deux succès majeurs cinématographiques des années 2000, le Seigneur des Anneaux et Matrix sont l’histoire de personnage à qui l’ont impose une liberté et une aventure qui les effraient.
Nous sommes la génération paradoxes. La génération schizophrène. Nous sommes les enfants de la génération la plus irresponsable du 20ème siècle.
Génération Y mon cul. Le walkman existe depuis 35 ans. Et si nous avons toujours les écouteurs sur les oreilles, c’est parce que trop de voix, trop de personnalités, trop d’identités, raisonnent déjà dans nos têtes, pour qu’en plus on écoute des bêtises.
Vingt films en compétition, ou dix neuf plus celui de l’ouverture, selon la liste. Une réalisatrice, ou deux, selon la langue de la dépêche. Le directeur artistique parle d’un minimum historique. La présidente du jury a répondu par une blague, puis par une phrase que personne n’a reprise.
Trois entreprises fabriquent plus de 90 % de la mémoire mondiale. Les centres de données en absorberont jusqu’à 70 % cette année. La capacité de 2028, pas encore fabriquée, est déjà achetée. Et un kit de 32 gigaoctets vendu 79 livres en septembre 2025 en valait 351 en janvier.
Pour la première fois en 102 ans, un fabricant de puces ouvre le plus grand salon d’électronique d’Europe. Samsung quitte Messe Berlin après 35 ans. Samedi, des humanoïdes défileront sur un podium. Et deux marques allemandes du salon suppriment ou déplacent 4 100 postes.
La mesure qui a sauvé un gouvernement s’applique depuis le 1er septembre. Selon qui parle, elle concerne 3,5 millions de personnes ou 64 000. Un rapport de 1 à 55. Pour ceux qu’elle touche cette année, elle vaut trois mois. Et pour tous ceux nés en 1969 et après, elle ne vaut rien.
Jeudi 10 septembre, Vénus quitte la Balance à 08h07 UTC et Mercure y entre à 16h21 : huit heures et quatorze minutes de Balance vide, puis un nouveau locataire. Avant cela, six jours sans le moindre changement de signe.
Chaque mois, un chapitre neuf, cousu au même livre. Et Le Livre de ta vie, à 34 €, offert à l’entrée.