27 rue Titon, 11e arrondissement de Paris. École élémentaire publique gérée directement par la Mairie de Paris. 380 élèves répartis en 14 classes. Garderie périscolaire municipale fonctionnant chaque jour de 16h30 à 18h30, prise en charge par des animateurs employés par la Ville. Une de ces classes : un CM2 de 26 enfants âgés de 10-11 ans.
Octobre 2024. Trois parents d'élèves de cette classe portent plainte simultanément au commissariat du 11e arrondissement contre un animateur périscolaire de l'école Titon, employé municipal depuis 2019. Motif : attouchements sexuels sur leurs enfants pendant la garderie. Les enfants ont parlé à leurs parents le même week-end après une activité dessin où ils étaient « bizarres ».
▸ La chronologie
27 octobre 2024 : trois plaintes déposées. 28 octobre : la Mairie de Paris (DASCO, Direction des affaires scolaires) suspend l'animateur à titre conservatoire. 30 octobre : garde à vue 48h, le suspect reconnaît partiellement les faits selon une source proche du dossier. 1er novembre : remise en liberté sous contrôle judiciaire (interdiction de paraître à l'école Titon, interdiction d'entrer en contact avec les enfants des familles plaignantes, interdiction d'exercer toute activité au contact de mineurs).
Décembre 2024 - mars 2026 : enquête préliminaire menée par la Brigade de protection des mineurs (BPM) de la Préfecture de Police. Cinq autres familles d'élèves de la même classe ont été contactées par la BPM. Quatre ont confirmé que leurs enfants avaient également signalé des comportements inappropriés. La cinquième famille n'a pas porté plainte.
Trois plaintes · cinq familles entendues · quatre confirmations · une garderie municipale
▸ Audience prévue mi-mai 2026
Le TGI de Paris a programmé l'audience pour mi-mai 2026 (date exacte non encore communiquée). C'est le premier procès du genre mettant en cause un animateur périscolaire employé directement par la Mairie de Paris pour des attouchements ayant eu lieu dans une école municipale.
L'enjeu juridique : la Ville de Paris peut-elle être tenue civilement responsable pour défaut de contrôle de ses agents en contact avec mineurs ? Le casier judiciaire du suspect était vierge en 2019 lors du recrutement. Mais la Ville n'a procédé à aucune vérification annuelle ni protocole de surveillance interne. C'est ce point que les avocats des familles vont soulever.
« On ne demande pas seulement la condamnation pénale du prévenu. On demande que la Ville de Paris reconnaisse sa responsabilité institutionnelle pour avoir laissé un homme seul avec des enfants dans une garderie sans aucun contrôle effectif. »▸ MAÎTRE PETITJEAN-VOLCKAERT · AVOCAT FAMILLES · MARS 2026
▸ Le silence Hidalgo
Anne Hidalgo, maire de Paris, n'a fait aucune déclaration publique sur ce dossier depuis le déclenchement de l'affaire. La Direction des affaires scolaires a refusé toute interview. Le porte-parole de la mairie a répondu par mail aux demandes de presse : « la procédure judiciaire est en cours, la Ville s'exprimera après le verdict ». Cette ligne sera tenue jusqu'à mi-mai.
Audience mi-mai 2026 · Hidalgo silence · la Ville se cache derrière la procédure