Hyères, Var, août 2020. Chalet familial loué par Dominique Boutonnat, alors président du CNC depuis un an. Sont invités : son filleul Pierre-Hugues B., 22 ans, étudiant en école de cinéma, et la mère de ce filleul, amie d'enfance de Boutonnat. Ils sont là pour quelques jours d'été, dans une maison où le filleul venait depuis l'enfance.
Pendant ce séjour, Pierre-Hugues B. accuse Dominique Boutonnat de l'avoir agressé sexuellement dans une chambre du premier étage. Plainte déposée à la rentrée 2020. Enquête préliminaire 2020-2022. Renvoi devant le tribunal correctionnel 2023. Première instance jugée le 7 décembre 2023, Tribunal correctionnel de Paris.
▸ Verdict première instance
Dominique Boutonnat est reconnu coupable d'agression sexuelle. Il est condamné à : 3 ans d'emprisonnement dont 18 mois ferme et 18 mois sursis · 5 000 euros d'amende · 5 ans d'inéligibilité aux fonctions publiques · obligation de soins · interdiction d'entrer en contact avec la victime.
Il quitte ses fonctions de président du CNC le 24 juillet 2024 (poste devenu vacant). Frédérique Bredin nommée à sa succession septembre 2024. Boutonnat fait appel de la condamnation.
Trois ans dont 18 ferme · agression sexuelle reconnue · l'institutionnel applaudit toujours
▸ Lundi 19 mai 2026 · Cour d'appel de Paris
L'audience d'appel s'ouvre le lundi 19 mai 2026, salle des criées du palais de justice de l'île de la Cité. La défense de Boutonnat est assurée par Maîtres Patrick Maisonneuve et Adèle Blanc. Partie civile représentée par Maîtres François Saint-Pierre et Florence Bourg.
L'enjeu de l'appel : Boutonnat conteste la qualification d'agression sexuelle (il reconnaît un « geste mal interprété ») et demande la relaxe. Le parquet général a requis le maintien de la peine de première instance. Le filleul, désormais 28 ans, sera entendu à nouveau.
« Le cinéma français n'a pas réagi à la condamnation de décembre 2023. Ni Pathé, ni Gaumont, ni UGC, ni les Cahiers du Cinéma, ni Première, ni Allociné. Personne. Comme si l'homme qui a distribué 3,5 milliards d'euros d'aides publiques en cinq ans n'avait jamais existé. C'est ça l'institutionnel français : il se protège lui-même avant de protéger les victimes. »▸ ANCIENNE PRODUCTRICE · OFF · AVRIL 2026
▸ Le réseau d'amis Boutonnat
Boutonnat a financé via le CNC (entre 2019 et 2024) des projets portés par : Olivier Assayas, Léa Seydoux production, Cédric Klapisch, Laurent Cantet, Bertrand Bonello, Studio Canal (filiale Vivendi de Bolloré), Pathé Films, Gaumont. Aucun de ces noms ne s'est exprimé publiquement sur la condamnation de décembre 2023.
Le seul réalisateur français qui a publiquement défendu la victime est Jacques Audiard, dans une interview au Film Français en mars 2024 : « C'est une agression. C'est reconnu en droit. Le cinéma français doit assumer. » Audiard a depuis perdu deux financements CNC (selon des sources off au Film Français).
Audiard parle · perd deux financements · les autres se taisent · l'institutionnel sait punir