Le périscolaire, la CASP, et la réélection de mars
Inès de Raguenel, sur Europe 1, dans Christine Kelly et Vous, articule une phrase que la presse parisienne refuse de reprendre. La voici, intégrale, sans coupe.
« La CASP a offert une seconde chance à un animateur, alors qu'il était déjà agressif physiquement avec des enfants et qu'il a commis au moins 3 viols. »
CASP. Centre d'action sociale protestant. Prestataire historique du périscolaire à Paris. Animateur déjà identifié comme dangereux. Maintenu en poste. 3 viols documentés après la seconde chance accordée. Le verbe est de Raguenel, pas le mien.
Si je résume bien (et c'est le résumé même que pose le pitch) un réseau pédocriminel constitué d'employés de la mairie de Paris a violé des centaines d'enfants de 3 ou 4 ans, sans être inquiétés par leurs supérieurs hiérarchiques.
Et en mars dernier, les Parisiens ont réélu la même équipe.
Mais en mars dernier, les Parisiens ont réélu la même équipe.
Le périscolaire est invisible aux familles qui n'y mettent pas leurs enfants. Les écoles publiques de l'est parisien, le centre de loisirs du mercredi, l'animateur qui récupère les CP à 16h30 · c'est un angle mort de la sociologie médiatique. Europe 1 raconte. France Inter ne reprend pas. Le scandale reste cantonné à une matinale clivée, et le vote municipal de mars passe sans accroc.
L'archive Sagan a documenté la mécanique en amont. Le procès de l'animateur de l'école Titon dans le 11e pour attouchements en CM2. Les orgies à caractère sexuel projetées lors d'un spectacle pour CM1 et CM2. La perquisition à l'Hôtel de Ville. La procureure Beccuau est saisie de tant de dossiers qu'on perd le compte. Tags · protection enfance, justice.
Il n'y a pas eu de sanction électorale. Il n'y aura pas de réforme de la délégation aux prestataires. Le périscolaire continue. La justice, elle, continue à compter les viols un par un, animateur par animateur, école par école. C'est exactement comme ça que ça tient.
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