L'association qui allait devenir En Marche a vécu ses premières semaines chez le directeur d'un think tank privé. Le détail figure dans les Macronleaks de 2017. Aucun grand quotidien français ne l'a traité pour ce qu'il est.
Laurent Bigorgne. Directeur de l'Institut Montaigne jusqu'en 2022. Ami du futur président. Hôte personnel, au sens cadastral du terme, de l'association qui allait porter Emmanuel Macron à l'Élysée.
L'adresse a changé. Le fait n'a pas bougé. En 2016, l'association En Marche est domiciliée chez lui. Le siège du futur pouvoir tient dans un appartement, et dans le carnet d'un homme qui dirige une fondation supposée neutre. Tout le reste découle de là.
Quand un think tank prétendument indépendant héberge dans sa cuisine le mouvement politique qu'il commentera ensuite à la télévision, ce n'est pas une coïncidence. C'est une architecture.
Les Macronleaks contiennent une invitation pour un dîner organisé autour de Bigorgne. Thème officiel · « L'éducation, le meilleur antidote à la crise ». La date est documentée. L'archive existe sur web.archive.org. Le dîner a eu lieu. Les convives ont été identifiés. La presse française n'en a tiré aucun reportage de fond.
Bigorgne sera condamné, plus tard, dans une autre affaire. Intoxication MDMA. Source · décisions de justice. Détail que les chroniqueurs politiques traitent en brève, alors qu'il aurait dû déclencher une réévaluation complète de la production éditoriale de la Fondation Montaigne sur les dix dernières années.
Ils savaient. Ils ont laissé faire. Ils ont commenté.
L'angle mort n'est pas le fait. Le fait est public depuis 2017. L'angle mort est le silence éditorial qui l'entoure. Les mêmes journaux qui ont écrit cent papiers sur le financement libyen de la campagne 2007 ont écrit zéro reportage sur l'adresse Bigorgne 2016. Cherchez. C'est facile. C'est instructif.
Voilà l'archive. Voilà la fréquence. Voilà ce que les 633 tweets de mon compte X suspendu disaient déjà en 2023.