Un ex-procureur jugé pour escroquerie en bande organisée, et une justice qui demande à ne pas se juger elle-même : l'affaire Rossi à Cahors
Un ex-procureur jugé pour escroquerie,
et une justice qui ne veut pas se juger.
Les faits, tels que portés à l'audience. Le 11 juin 2026, cinq hommes ont comparu devant le tribunal correctionnel du Lot pour escroquerie en bande organisée, en lien avec la gestion de la liquidation judiciaire du groupe Ducler. Parmi eux, Alexandre Rossi, ancien procureur de la République à Cahors jusqu'en 2024. À ses côtés, selon la presse locale, deux anciens présidents du tribunal de commerce de Cahors, un administrateur judiciaire, et un avocat spécialisé en procédures collectives. Ils sont jugés. Ils ne sont pas condamnés. La présomption d'innocence vaut, et je la tiens.
Mais l'audience n'a pas tranché le fond. Elle a tranché le lieu. Un avocat de la défense et la procureure ont demandé, ensemble, le dépaysement du dossier, c'est-à-dire son transfert vers une autre juridiction, au motif des liens professionnels que les prévenus entretiennent avec le tribunal de commerce de Cahors. L'affaire a été renvoyée au 22 avril 2027, le temps de statuer sur ce transfert. Deuxième report, après un premier en novembre 2025.
Et le temps, encore le temps. Renvoyé à avril 2027, ce dossier aura mis des années à seulement décider où il sera jugé. Pendant ce temps, la mémoire s'efface, les liens se desserrent, l'attention retombe. Quand la justice doit se juger elle-même, elle avance au ralenti, par prudence dit-elle, par corporatisme soupçonnent les autres. Le tribunal du Lot dira le droit. La question de savoir pourquoi il faut l'envoyer ailleurs pour qu'on y croie, elle, est déjà posée.
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