Sa ville d'adoption ne veut plus de son nom : le maire de L'Isle-sur-la-Sorgue se désolidarise de Patrick Bruel, mis en examen
Sa ville d'adoption
ne veut plus de son nom.
Le fait nouveau, attribué et sourcé. Patrick Bruel a été mis en examen pour viol et tentative de viol. Je le rapporte avec la prudence que la loi impose : une mise en examen signifie l'existence d'indices graves ou concordants, pas une culpabilité. La présomption d'innocence demeure entière tant qu'aucune juridiction n'a jugé. Cet article ne préjuge en rien du fond.
Ce qui en fait une brève, ce n'est pas le procès, qui n'a pas eu lieu, c'est la réaction d'un élu. Pierre Gonzalvez, maire de L'Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, a publié un communiqué pour marquer son exaspération de voir sa commune associée à l'affaire. Il dit ne plus supporter que l'image de sa ville soit liée au dossier, rappelle que le sujet est grave, et affirme se tenir du côté des victimes. Bruel réside dans cette ville depuis plus de 20 ans et y a récemment ouvert un hôtel haut de gamme, censé porter le rayonnement touristique de la commune.
Il y a, dans ce communiqué, plus qu'un mouvement d'humeur. Il y a le signe d'une époque où l'aura ne protège plus. Longtemps, la notoriété fonctionnait comme un bouclier, une présomption sociale de respectabilité qui débordait sur tout un territoire. Aujourd'hui, un maire prend les devants pour s'en désolidariser publiquement, et se range, par précaution autant que par conviction, du côté de la parole des victimes. Le bouclier s'est retourné.
L'Archive ne juge pas Patrick Bruel, ce sera le rôle de la justice, et d'elle seule. Elle observe un fait social : la vitesse à laquelle une institution locale, hier fière, se détache désormais d'un nom mis en cause. Le procès dira le droit. La carte postale, elle, a déjà changé de légende.
HYPOTHESIS · PROPHECY · NUMBER