« On voudrait nous faire croire qu'Epstein était tout seul avenue Foch » : le criminologue Alain Bauer conteste la version française du dossier
« On voudrait nous faire croire qu'Epstein était tout seul avenue Foch. »
Posons d'abord qui parle, parce que c'est tout l'intérêt. Alain Bauer est criminologue, professeur titulaire de la chaire de criminologie au CNAM, auteur d'un ouvrage récent consacré au système Epstein, où il décrit non pas un prédateur isolé mais l'organisateur d'un réseau criminel mondial. Ce n'est pas une plume marginale. C'est une voix qui a conseillé ministres et préfets pendant trente ans.
Ce qu'il déclare dans Points de Vue, et que je rapporte comme son analyse, pas comme un fait jugé, tient en une comparaison. À Londres, dit-il, on a mis au jour plusieurs lieux de prostitution liés au réseau. En Norvège, soutient-il, le plus haut niveau du pouvoir politique serait impliqué. Et en France, conclut-il, on voudrait faire croire qu'Epstein était seul avenue Foch et qu'il ne s'y est jamais rien passé. La force de la phrase tient à son contraste : partout ailleurs on creuse, et ici on minimise.
Et la demande est simple, raisonnable, régalienne. Si Londres enquête, si la Norvège s'interroge jusqu'au sommet de son État, pourquoi la France traiterait-elle l'avenue Foch comme une parenthèse close ? Le parquet de Paris a ouvert des informations judiciaires, recueilli des témoignages, constitué une équipe dédiée. Bauer ne fait, au fond, que demander qu'on aille au bout. C'est exactement ce que L'Archive documente, brève après brève.
Nous ne signons pas sous chaque affirmation de Bauer. Nous signons sous le principe : sur un dossier de cette ampleur, le doute méthodique vaut mieux que la clôture confortable. Qu'un criminologue installé le dise tout haut n'est pas un détail. C'est un permis de continuer à chercher.
HYPOTHESIS · PROPHECY · NUMBER