Pour la première fois, le monde s'informe d'abord sur les réseaux, plus dans les médias : la grande bascule du Reuters Institute
Le monde s'informe d'abord sur les réseaux,
plus dans les médias. C'est officiel.
Le Reuters Institute, rattaché à l'université d'Oxford, a publié le 16 juin 2026 son Digital News Report annuel, la grande enquête mondiale sur les usages d'information. Et le verdict est net : pour la première fois, les réseaux sociaux et les plateformes vidéo deviennent la source d'information la plus utilisée au monde.
s'informent désormais via les réseaux et la vidéo. Devant la télévision (52%) et la presse (51%).Reuters Institute · Digital News Report 2026
Décomposons, parce que les chiffres font sens visuellement. 54% des sondés déclarent s'être informés via les réseaux ou la vidéo dans la semaine écoulée, 56% si on inclut les agents conversationnels comme ChatGPT. En face, la télévision tombe à 52%, les sites et applications de presse à 51%, la radio à 21%. YouTube est la plateforme la plus utilisée tous usages confondus (69%) et la deuxième pour l'info (24%). TikTok, lui, a connu la plus forte croissance de la décennie.
Et la fracture est générationnelle. Chez les 18 à 24 ans, 52% citent les plateformes ou les IA comme principale porte d'entrée vers l'information. Autrement dit : la génération qui arrive ne lit pas les journaux, ne regarde pas le 20 heures. Elle scrolle, elle regarde des vidéos, elle interroge des machines. Le rapport au réel a changé de support, et avec le support, c'est tout le rapport à la vérité qui se déplace.
Il faut dire le revers de la médaille, sans angélisme. Cette bascule n'est pas une libération en soi. Les plateformes ont leurs propres filtres, leurs algorithmes, leurs censures, leurs angles morts, parfois pires que ceux des médias qu'elles remplacent. Troquer l'éditeur actionnaire contre l'algorithme opaque n'est pas un progrès automatique. Le danger n'a pas disparu, il a changé de visage.
Mais l'information demeure : le monopole est tombé. Pendant un siècle, un petit nombre de rédactions a décidé de ce que des millions de gens auraient le droit de savoir. Ce temps est fini. La confiance ne se décrète plus depuis un plateau. Elle se gagne, pièce après pièce, source après source, devant un public qui peut désormais vérifier ailleurs. C'est exactement le pari de cette Archive : nommer, dater, sourcer, et laisser le lecteur juger.
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