Neuf fillettes l'ont accusé, le tribunal l'a relaxé : la première décision du scandale du périscolaire parisien, et les 132 agents suspendus
Neuf fillettes l'ont accusé.
Le tribunal l'a relaxé.
Le 16 juin 2026, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé un animateur du périscolaire parisien, poursuivi pour agressions sexuelles et harcèlement sur des mineures. Je rapporte d'abord la décision, parce qu'elle est la vérité judiciaire du jour : il a été relaxé, le tribunal estimant l'infraction insuffisamment caractérisée. Le parquet avait pourtant requis, à l'audience du 5 mai, dix-huit mois de prison avec sursis.
Ce qui était reproché, tel que relevé par l'accusation, glace. L'usage de surnoms comme « mon bébé d'amour », « ma délicieuse », « mon cœur » pour désigner certaines fillettes. Des câlins imposés. Des histoires mettant en scène des viols et des meurtres, racontées à des enfants. Des dessins d'adolescentes hypersexualisées. Et trois des jeunes filles dénonçant des attouchements sur la poitrine. Neuf enfants, au total, dans le dossier. Suspendu depuis 2024, l'homme était placé sous contrôle judiciaire.
Des comportements inappropriés, mais pas, en l'état des preuves, une infraction pénale.Le sens de la décision · tribunal correctionnel de Paris
Tenons la rigueur, car elle protège tout le monde, y compris l'innocent. Une relaxe n'est pas un déni des faits, c'est un constat sur la preuve. Le tribunal a reconnu des comportements inappropriés, a estimé que l'homme aurait dû faire l'objet de rappels à l'ordre et de formation, mais a jugé que les éléments de l'enquête ne permettaient pas de démontrer le caractère humiliant et dégradant des gestes au sens de la loi pénale. C'est la différence, cruelle, entre ce qui choque et ce qui se prouve devant un juge.
Mais le renseignement culturel ne s'arrête pas à la porte du tribunal. Car cette relaxe est la première décision rendue depuis que les accusations de violences se sont multipliées dans le périscolaire parisien. Et le chiffre qui l'entoure est vertigineux : depuis le début de 2026, 132 agents ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Ce n'est pas un fait divers isolé. C'est un système qui craque.
Que faut-il en conclure ? Pas que la justice a mal jugé, je n'en sais rien et ce n'est pas mon rôle. Mais que 132 suspensions en quelques mois dans une seule ville disent une réalité que la première relaxe ne referme pas. La protection de l'enfance ne peut pas reposer uniquement sur le pénal, lent et exigeant. Elle se joue avant : au recrutement, au signalement, au contrôle. Là où, manifestement, quelque chose a cédé.
Charly : trois fillettes, un animateur mis en examen · notre série sur l'encadrement de l'enfance
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