Bolloré et les 115 du Flore · ménage à grande vitesse chez les propagandistes officiels
Cent quinze noms sur la liste interne. Tous écrivent au Flore. Tous ont touché de Bolloré une avance, une chronique, une carte. Tous savent qu’ils sont déjà remplacés. Cannelle a du mal à passer.
Bolloré fait
le ménage chez
les 115 du Flore.
Tous savent qu’ils
sont déjà cannelés.
Cent quinze noms sur la liste interne du groupe. Tous écrivent au Flore. Tous ont touché une avance, une chronique, une carte de presse, un week end Marrakech. Tous savent depuis huit jours qu’ils sont sortis du périmètre. La cannelle a du mal à passer. Voici ce qu’on entend des terrasses.
Le document interne fait quatorze pages. Il est intitulé plan de rationalisation éditoriale 2026 2028. Il liste 115 auteurs sous contrat avec une des maisons du groupe (Plon, Fayard, Stock, Calmann Lévy, Lattès, Pocket, etc.) qui ne seront pas reconduits à l’échéance de leur contrat actuel. Critères de la liste : ventes inférieures à 4 000 exemplaires sur les trois dernières publications, indice de visibilité médiatique en baisse, alignement éditorial jugé non stratégique. Le document a fuité d’une boîte mail interne le 21 avril. Notre source l’a consulté.
La liste a circulé dans l’autre sens en 48 heures. Elle est arrivée sur les terrasses du Flore le 23 avril en début d’après midi. On documente la mécanique Flore depuis 2008 dans nos archives, dossier maintenu en parallèle de la concentration éditoriale et de la fabrique des chroniqueurs officiels. Le pattern 115 est notre signature analytique sur le moment où l’industrialisation du livre cesse de pouvoir cacher son visage.
Sept des 115 ont accepté de parler à la rédaction sous condition d’anonymat. Tous racontent la même chose. Personne ne les a prévenus officiellement. Tous ont appris par un ami, un agent, un confrère. Tous décrivent le même état : insomnie, anxiété, dépression diffuse, sentiment d’avoir été humiliés deux fois, une première fois en étant intégrés au système Bolloré pour quelques avances et quelques chroniques, une deuxième fois en étant éjectés sans cérémonie.
Citation rapportée par trois sources différentes au sujet du remplacement par les nouveaux entrants : « ils nous remplacent par des gens qui ressemblent à des cannelés. Ronds, sucrés, vides à l’intérieur, jolis sur Instagram. » Un autre : « j’ai compris que j’étais inutile le jour où mon éditeur m’a dit qu’il n’avait plus le temps de déjeuner avec moi. » Un troisième : « le pire n’est pas d’être remplacé. Le pire est qu’on s’en fout. » REDACTED.
Le Flore mange l’addition.
Le 3 octobre, Datafolha donnait Lula à 45 pourcent et Flávio Bolsonaro à 42. Le 4 octobre, les urnes donnent Flávio à 47 et Lula à 45. Second tour le 25 octobre, 2 jours avant les 81 ans de Lula.
Le 1er octobre, SoftBank verse 10 milliards à OpenAI et porte sa mise à 64,6 milliards pour environ 13 pourcent. La dernière tranche est payée avec des obligations émises le 24 septembre.
Le 4 octobre, Trump crée la Super Intelligence Force, sans budget, présidée par Jay Clayton. Vice-président : Andrew Ferguson, patron de la FTC, qui enquête depuis l’été sur OpenAI et Anthropic.
Le 25 juin, onsemi promettait 7 milliards en actions pour Synaptics au nom de l’IA physique. L’action a perdu environ 23 pourcent. Le 1er octobre, l’accord est révisé : 123 dollars par action en liquide, environ 5,7 milliards.
Au moins 125 millions de budget, environ 100 de promotion, 8 millions en Amérique du Nord selon l’AP. Le film de Warner s’effondre la veille du jour où Paramount avale le studio, pendant que Verity prend la tête et qu’Avengers: Endgame repasse devant Avatar.
Le 6 octobre, Paramount Skydance clôt le rachat de Warner Bros. Discovery à 31 dollars l’action. Aucun studio vendu. À la place, des promesses : 30 films par an, 47,5 millions pour les salariés, 30 millions de pénalité par film manquant. L’enquête, chiffres en main.