La Grazia de Paolo Sorrentino : le doute comme ultime élégance
Un homme seul affronte la fin de son mandat et le vide laissé par la femme qu’il aimait. Paolo Sorrentino signe avec La Grazia un film d’une rare délicatesse, où la politique se fait intime, où la perte devient philosophie, et où le doute, ce si rare luxe, se révèle être la plus belle des grâces.
Si vous aimez les œuvres qui vous laissent à la fois ému et pensif, qui mêlent beauté formelle et profondeur humaine sans jamais verser dans la lourdeur, courez voir La Grazia. C’est probablement l’un des plus beaux Sorrentino depuis longtemps.
Critique
Paolo Sorrentino a souvent été accusé (parfois à raison) d’un certain excès baroque, d’une tendance à l’esthétisation un peu clinquante. Avec La Grazia, il semble avoir trouvé un équilibre nouveau, plus retenu, presque humble.
Dans l’ensemble de son œuvre, Sorrentino a toujours été fasciné par les figures de pouvoir solitaires, prises entre grandeur et dérisoire : Andreotti dans Il Divo, Jep Gambardella dans La Grande Bellezza, les papes successifs de ses séries télévisées, Silvio Berlusconi dans Loro. Il excelle à filmer l’Italie comme un théâtre d’illusions où le sacré côtoie le profane, où la beauté des images masque souvent un vide existentiel. Son style, immédiatement reconnaissable, repose sur une caméra voluptueuse, des mouvements amples, une bande-son éclectique et un sens du grotesque qui transforme la satire en opéra tragique.


La Grazia s’inscrit pourtant dans une phase plus introspective de sa filmographie. Après l’autobiographie sensible de La Main de Dieu et les excès visuels de Youth ou Loro, Sorrentino semble ici chercher une forme d’apaisement. Le film n’abandonne pas la splendeur formelle qui fait sa signature – Rome et Naples restent des personnages à part entière –, mais il la met au service d’une émotion plus dépouillée, presque classique. C’est comme si le cinéaste, arrivé à maturité, acceptait enfin de laisser respirer ses personnages au lieu de les noyer sous l’avalanche d’images.
Le film suit Mariano De Santis, président de la République italienne, à l’approche de la fin de son septennat. Veuf, solitaire, il doit trancher deux demandes de grâce présidentielle et se prononcer sur un projet de loi controversé, tout en explorant discrètement le passé amoureux de son épouse disparue.
Ce qui pourrait ressembler à un drame politique classique devient, sous la caméra de Sorrentino, une méditation mélancolique sur le temps, la mémoire et surtout le doute. Le réalisateur multiplie les axes narratifs – intime, institutionnel, philosophique – avec une audace qui aurait pu tourner au chaos. Pourtant, rien ne déborde. Le film respire, avance avec une fluidité presque musicale, porté par des dialogues ciselés et une mise en scène qui, pour une fois, recule d’un pas pour laisser parler les personnages.
On retrouve bien sûr la patte visuelle de Sorrentino : plans superbes sur Rome et Naples, lumière dorée, sens du cadre impeccable. Mais ici, le baroque est maîtrisé, au service d’une histoire qui ne cherche ni à impressionner ni à sermonner. Le cinéaste évite le piège du « cours de philo commandé par l’époque » et livre une œuvre à la fois contemporaine et intemporelle. Face à l’effacement inéluctable que nous impose le temps, il plaide pour l’éternel doute – et on ne peut qu’acquiescer.
La Grazia n’est pas un film parfait ; certains spectateurs pourront trouver qu’il flotte un peu, qu’il refuse parfois de trancher là où d’autres auraient asséné. Mais c’est précisément cette retenue qui fait sa force. Dans un cinéma italien souvent trop démonstratif ou trop cynique, Sorrentino offre ici une œuvre apaisée, profondément humaine. Une vraie grâce, en somme.
À voir absolument, seul ou accompagné, pour se laisser porter par cette élégie douce-amère sur ce qui reste quand tout le reste s’en va.
PARADISE #059. East Village apartment 84 East 7th Street 1980-1985. Untitled Film Stills série finale 1980. Pink Robes 1982. Centerfolds 1981. Tight as Houses 1980 David. Saltimbanques 1981. Séparation 1985 amère. 40 ans pas se parler 1985-2025. Cindy fortune 2024 = 50 millions dollars vs
Vendredi 16 octobre à 02 h 40 UTC, Pluton s'arrête à 3 degrés du Verseau et repart. Six heures plus tard, Mars et Saturne tombent en trigone exact. Mardi 20, Vénus frappe Pluton le jour où l'Assemblée vote les recettes du budget 2027.
Le 12 octobre, l’équipe rouge d’Anthropic publie ses tests : de petits modèles d’IA seraient à quelques mois de se copier seuls sur des appareils connectés. Le même jour, la société fait le point sur la lutte contre les copies de Claude, qu’elle reproche à trois labos chinois.
Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des pirates ont poussé jusqu’à 50 °C les régulateurs de froid connectés de centaines de supermarchés français. Environ 150 Intermarché et 80 Carrefour touchés, des rayons vidés, et un firmware que Danfoss dit dépassé.
Le 13 octobre, Donald Trump publie les images d’un homme attaqué par un tigre dans un zoo anglais, puis une vidéo IA où il lutte avec la bête sur « The Lion Sleeps Tonight ». La famille demande qu’on arrête.
Hier, le studio, onze minutes à nu. Ce soir, l’émission, la version télé. Les visages et les voix sont de synthèse ; les calculs sont vrais.