La première génération plus bête que la précédente
Pour la première fois en un siècle, le QI baisse dans les pays riches. Un neuroscientifique l'a dit au Sénat américain. La cause, les écrans en classe. Et on a payé 30 milliards de dollars pour ça.
Pour la première fois depuis un siècle, le QI baisse. Pas stagne. Baisse. Dans les pays riches, la courbe qui montait depuis cent ans s'est retournée. Les chercheurs appellent ça l'effet Flynn négatif. Vous, vous pouvez l'appeler comme vous voulez. Le résultat est le même. Nos enfants sont, en moyenne, moins performants que nous au même âge.
Ce n'est pas une humeur de vieux réac. C'est un constat posé sous serment.
Le 15 janvier 2026, le neuroscientifique et pédagogue Jared Cooney Horvath a témoigné devant la commission du Commerce, de la Science et des Transports du Sénat américain. Son message tient en une ligne. Depuis vingt ans, dans une grande partie du monde développé, le développement cognitif des enfants a stagné, puis reculé.
Ce qui recule, exactement
La liste fait froid dans le dos. Attention. Mémoire. Lecture. Calcul. Fonction exécutive. Résolution de problèmes. QI général. Tout baisse. Et ça baisse alors que les enfants passent plus d'années à l'école que jamais. On scolarise plus. On apprend moins.
Les grandes évaluations internationales le voient depuis le milieu des années 2000. PISA, TIMSS, même tendance. Le décrochage s'accélère après 2010. Cette date ne sort pas de nulle part. C'est l'arrivée massive du smartphone et de l'écran en classe.
Le coupable n'est pas l'école. C'est l'écran.
Horvath est clair sur le moteur. Ce n'est pas qu'on apprend moins à l'école. C'est qu'on a rempli l'école d'écrans. Le cerveau humain a évolué pour l'attention soutenue, l'effort long, le face à face. Les plateformes numériques, elles, sont conçues pour l'inverse. Capter. Fragmenter. Faire sauter d'une chose à l'autre. Il appelle ça un décalage structurel entre la cognition humaine et des outils faits pour la casser.
Les adolescents passent désormais plus de la moitié de leurs heures d'éveil devant un écran. Une bonne partie à l'école, tablette ou ordinateur en main. Résultat, du hors tâche, du traitement superficiel, de la lecture qui glisse.
Et on a payé pour ça
Voilà le détail qui transforme le drame en scandale. On n'a pas subi cette bascule. On l'a financée. En 2024, les écoles américaines ont dépensé environ 30 milliards de dollars en technologie éducative. Dix fois ce qu'elles ont mis dans les manuels la même année.
Trente milliards pour des appareils qui, dans les matières de base, réduisent la profondeur de compréhension, la rétention et l'esprit critique. On a vendu l'écran comme un progrès. On a acheté une régression. Et l'industrie de l'EdTech, elle, n'a jamais aussi bien vendu.
On avait déjà flairé le malaise de cette jeunesse fabriquée, dans Génération Flocons de neige. Sauf qu'ici, ce n'est pas une question de susceptibilité. C'est une question de neurones.
La prochaine génération qui devra innover, raisonner, faire tourner une société complexe, c'est celle dont on a fragmenté l'attention dès la maternelle. On verra bien qui paie l'addition. Indice. Ce ne sont jamais ceux qui ont encaissé les 30 milliards.
Sources · témoignage écrit de Jared Cooney Horvath devant le Sénat américain, commission du Commerce (15 janvier 2026). Revue des preuves par Chalkbeat. Effet Flynn et effet Flynn négatif.
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