Lawfare et mensonges : Dimitri Lascaris dénonce comment l’Occident détourne la justice pour dominer
Dans un entretien captivant diffusé sur la chaîne Neutrality Studies Français, l’avocat, journaliste et militant Dimitri Lascaris expose avec une clarté percutante les mécanismes insidieux du « lawfare » – un terme qui désigne l’utilisation stratégique du droit comme arme de guerre.
Intitulé Lawfare et mensonges : comment l’Occident détourne la justice pour dominer, cet entretien, animé par un expert en études de neutralité (probablement inspiré des travaux de Pascal Lottaz, fondateur de Neutrality Studies), met en lumière comment les puissances occidentales manipulent les systèmes judiciaires nationaux et internationaux pour préserver leur hégémonie mondiale. Cette conversation, traduite et adaptée pour un public francophone, arrive à un moment crucial où les tensions géopolitiques – de l’Ukraine à Gaza – révèlent les failles d’un ordre mondial prétendument fondé sur la justice et les droits humains.
’Qui est Dimitri Lascaris ? Un militant inlassable pour la justice
Dimitri Lascaris n’est pas un novice en matière de combats judiciaires et politiques. Avocat basé à Montréal et en Grèce, il a passé des décennies à défendre des causes liées aux droits humains, à la justice environnementale et à la critique des politiques impérialistes. Ancien candidat à la direction du Parti vert du Canada, Lascaris est connu pour ses positions fermes contre l’apartheid israélien et les interventions occidentales en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Europe de l’Est. Son activisme l’a souvent placé en confrontation avec les autorités canadiennes, comme lorsqu’il a accusé le gouvernement Trudeau de violer la Convention sur le génocide en soutenant Israël dans le conflit à Gaza. Dans cet entretien, Lascaris s’appuie sur son expertise juridique pour démonter les hypocrisies occidentales, en s’inspirant de cas concrets tirés de l’actualité récente.
Le concept de lawfare : du droit comme arme de guerre
L’entretien s’ouvre sur une définition claire du lawfare, un néologisme forgé au début des années 2000 par des théoriciens militaires américains comme Charles J. Dunlap Jr. Pour Lascaris, le lawfare n’est pas une simple tactique défensive, mais une stratégie offensive utilisée par l’Occident pour délégitimer ses adversaires sans recourir à une guerre ouverte. « Le droit est devenu une arme parmi d’autres dans les conflictualités contemporaines », explique-t-il, citant des travaux académiques comme ceux publiés dans la revue Raisons politiques (2022), qui explorent comment les normes juridiques sont instrumentalisées via le lobbying, les médias et les tribunaux internationaux.
Lascaris argue que l’Occident, sous la bannière des États-Unis et de l’Union européenne, utilise cet outil pour imposer des sanctions économiques, poursuivre sélectivement des leaders politiques et bloquer les voies pacifiques de résolution des conflits. Il contraste cela avec la rhétorique occidentale sur les droits humains, qu’il qualifie de « mensonge organisé » destiné à masquer des intérêts géostratégiques.
Exemples concrets : sanctions, tribunaux et hypocrisie
Au cœur de la discussion, Lascaris cite plusieurs exemples illustrant comment l’Occident détourne la justice :
- Les sanctions comme outil de domination : Lascaris pointe du doigt les sanctions imposées à la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Selon lui, ces mesures, souvent justifiées par des violations du droit international, servent en réalité à affaiblir un rival géopolitique tout en ignorant des violations similaires par des alliés comme Israël. « Les sanctions ne sont pas neutres ; elles sont un lawfare économique qui frappe les civils les plus vulnérables », affirme-t-il, en référence à des rapports sur l’impact humanitaire de ces mesures.
- La Cour pénale internationale (CPI) et la sélectivité : Un point saillant est la critique de la CPI, accusée de partialité. Lascaris rappelle comment la Cour a émis des mandats d’arrêt contre des leaders africains ou russes, mais traîne des pieds face aux allégations de crimes de guerre en Palestine. Il mentionne son propre engagement dans des coalitions juridiques au Canada, où il a exigé que le gouvernement respecte la Convention sur le génocide en cessant les livraisons d’armes à Israël. « La justice internationale est un outil de l’Occident pour punir les ‘mauvais’ États, pas pour protéger les opprimés », lance-t-il.
- Mensonges et propagande médiatique : Lascaris n’épargne pas les médias occidentaux, qu’il accuse de propager des « mensonges » pour justifier ces pratiques. Il évoque les cas de Julian Assange, poursuivi pour avoir révélé des crimes de guerre américains, ou encore les accusations d’antisémitisme portées contre des militants pro-palestiniens comme lui-même. Dans un rapport récent qu’il a contribué à rédiger, un ancien juge en chef de la Nouvelle-Écosse a innocenté des étudiants en droit accusés à tort d’antisémitisme pour leur soutien à la Palestine – un exemple flagrant de lawfare interne.
- Le cas palestinien : résistance armée comme dernier recours : Lascaris défend le droit à la résistance armée pour les peuples opprimés, comme les Palestiniens, lorsque toutes les voies pacifiques sont bloquées. « L’Occident condamne la violence des opprimés tout en armant les oppresseurs », dit-il, en soulignant l’hypocrisie des soutiens occidentaux à la résistance ukrainienne.
Une critique radicale de l’hégémonie occidentale
Tout au long de l’entretien, Lascaris insiste sur le fait que ce détournement de la justice n’est pas un accident, mais une composante essentielle de l’hégémonie occidentale. Il appelle à une « neutralité active », inspirée des travaux de Neutrality Studies, pour que des pays comme la Suisse ou le Canada redeviennent des médiateurs crédibles plutôt que des complices. « La foi en les institutions occidentales est un mensonge qui maintient le statu quo », conclut-il, en invitant les auditeurs à résister par l’activisme et la vérité.
Pourquoi cet entretien est crucial aujourd’hui
Diffusé il y a à peine quelques jours (le 11 juillet 2025 pour la version anglaise originale, suivie de la traduction française), cet entretien tombe à pic alors que les tensions mondiales s’intensifient. Avec les élections américaines en vue et les conflits en cours, les révélations de Lascaris rappellent que la justice n’est pas neutre : elle est un champ de bataille. Pour les francophones, cette version accessible sur Neutrality Studies Français offre une perspective critique rare, loin des narratifs dominants.
Dimitri Lascaris, par son engagement, incarne une voix dissidente essentielle. Comme il le dit souvent : « La vérité est la première victime de la guerre, mais elle est aussi l’arme la plus puissante pour la paix. » Cet entretien n’est pas seulement une analyse ; c’est un appel à l’action pour repenser notre monde. À visionner d’urgence pour quiconque s’intéresse à la géopolitique et à la justice véritable.
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