Le Puy des Oufs : Éric Judor, ou comment perdre son talent année après année
On nous avait promis de l’heroic fantasy « façon Problemos », avec des elfes en plastique, des vrais-faux trolls et des blagues « vrai-faux ». On a eu droit à un père chauve en perruque blonde qui s’infiltre dans un jeu de rôle grandeur nature pour retrouver sa fille.
Résultat ? Le Puy des Oufs, le nouveau film d’Éric Judor, confirme ce qu’on redoutait depuis longtemps : l’homme n’est plus drôle. Pire, il n’y arrive plus du tout.

Chaque année, Éric Judor perd un peu plus de ce qui faisait autrefois son sel. À l’époque d’Éric et Ramzy, il y avait une énergie, une absurdité jubilatoire, une vraie complicité qui faisait mouche. Depuis qu’il vole en solo, on sent la mécanique qui s’enraye.
Problemos était déjà un avertissement : un humour communautaire forcé, des situations qui tournaient en rond autour du même personnage – le loser sympathique mais lourd, le mec un peu paumé qui croit être malin.
Platane et maintenant ce Puy des Oufs : c’est toujours le même type, la même posture, le même rictus gênant.
Ici, Judor nous ressort le père divorcé largué, manager de call-center reconverti en chevalier de pacotille. Il court après sa fille qui préfère les GN aux écoles de commerce. Très original.
Sur le tournage, ça rit jaune, ou plutôt ça ne rit pas du tout. Les gags sont prévisibles, les situations téléphonées, l’humour potache sent la réchauffe. C’est gênant, vraiment gênant.
Du niveau d’une vieille pub Quick des années 2000 : des blagues grasses, des grimaces exagérées, un sentiment de malaise qui colle à la peau.
Sur le tournage, les figurants ne se marrent jamais. Tout le monde est très gênés. On a l’impression de regarder un sketch sous la forme d’un tournage qui dure deux heures et qui refuse de se terminer.
Éric Judor tourne en rond, et il nous y entraîne avec lui. Il n’innove plus, il ne surprend plus, il recycle.
Son personnage ne grandit pas, ne surprend pas, ne touche plus. Il est devenu cette figure pathétique qu’on évite au dîner de famille : celle qui croit encore faire rire en répétant les mêmes anecdotes. Sauf qu’ici, on va vous demander de payer la place en 2027.
Le Puy des Oufs n’est pas une comédie, c’est un symptôme. Celui d’un humour français qui s’essouffle quand il refuse d’évoluer. Dommage, on avait aimé l’ancien Judor. Celui-là, on préférerait l’oublier.
Note : 1/10 – À réserver en 2027 aux nostalgiques qui n’ont pas encore compris que le temps passe.
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