Les mille et une vies nocturnes d’Olivier Véran
Il y a une soirée en novembre qui a complètement dégénéré. Une fête avec Olivier Véran en guest star au Buddha-Bar. Il était dans un état catastrophique.
Il a été méprisant avec l’animateur de cuisine Norbert et sa compagne, disant qu’il était ministre de la santé et qu’il ne pouvait pas se mélanger avec des employés. Avec Valérie Bonneton, par contre, il était comme une limace, une couleuvre plutôt, essayant de lui fourguer une opération de chirurgie esthétique dans un cabinet partenaire.
Anne Roumanoff, elle, n’a eu aucune proposition de la part du ministre. Même pas un regard.
Celle qui a eu tous ses honneurs est l’ancienne première dame qui a dit que Hollande appelait les Français modestes « les sans-dents ».
Ils avaient alors tous les deux l’air d’être de la même trempe. D’avoir vu les mêmes horreurs à des moments différents. Ils savaient comment les choses marchaient. Qui avait réellement le pouvoir et qu’eux n’étaient que des demi-portions. Des pique-assiettes du 8e arrondissement semi-assistés. Ils n’arrivaient plus à avoir les cadeaux dans les soirées promo.
Pourtant, l’une se servait du nom de François Hollande pour détourner les invitations et l’autre de celui d’Emmanuel Macron.
Mais le premier drame est arrivé avec Marjolaine, une ancienne candidate de téléréalité. Olivier voulait lui fourguer son adresse à Botox et à chirurgie plastique bas de gamme, mais ça ne s’est pas passé comme prévu.
Marjolaine était plutôt antivax. Elle avait la dent dure contre Olivier Véran. Elle lui a demandé comment il se sentait d’avoir autant de morts sur les bras et sur le dos qui allaient le hanter.
Comme elle est vietnamienne, elle lui a expliqué une légende antique que sa grand-mère lui avait racontée enfant. Olivier faisait semblant de ne pas croire à la vie après la mort. Il se disait au-dessus de tout ça. Au-dessus de Dieu en somme.
Il avait mis une casquette d’adolescent ce soir-là. Plus personne ne le prenait au sérieux. Marjolaine lui a dit qu’il ressemblait désormais aux punks à chien qui font le tour des vernissages pour boire gratuitement et se nourrir comme des crevards. Olivier Véran ne le savait pas encore, mais sa vie culturelle et politique avait basculé.
En plus de n’avoir plus aucune crédibilité dans les institutions, personne ne voulait consulter un médecin ou un chirurgien habillé comme un adolescent en descente de la Star Ac’. Mais Olivier n’en avait plus rien à secouer de rien. Et c’est sans doute pour cela qu’il s’est passé un drame ce soir-là.
Il se trouve que le même soir avait lieu dans un autre arrondissement la soirée du prix de Flore où Olivier Véran était fou de ne pas avoir été convié. Il était bourré d’ubris depuis le Covid, mais n’était pas assez idiot pour savoir qu’il était à la soirée la plus cheap de la capitale.
Tous ceux qui avaient été refusés à la soirée du Flore étaient au Buddha-Bar. C’est pour ça qu’Olivier avait la rage. Il était là pour aider à la promotion (en échange de petits fours et de cocktails) d’un écrivain pot-au-feu issu de Top Chef et non de l’Académie française.
Olivier le savait. D’où le choix de sa tenue vestimentaire. Buddha-Bar ou pas Buddha-Bar, ministre ou pas ministre, il venait de se faire refouler du Flore comme une merde.
Et il se retrouvait à devoir prendre des photos par milliers avec le livre « Du potager familial aux tables d’exception. » Il avait envie de tout casser.
Heureusement que le fondateur de cette soirée orchestrée par l’agence de l’étrange « Five Eyes Production » a su trouver les mots et l’enveloppe adéquate pour calmer l’ancien ministre de la santé.
L’acteur Nicolas Maury n’était d’ailleurs pas à l’aise à côté du ministre. Il le regardait avec dédain à cause de sa casquette. Tout le monde se méprisait parce que tout le monde savait qu’ils étaient les ploucs refoulés du Flore.
Anne Roumanoff, Valérie Bonneton, et les étoiles de vieille téléréalité comme Marjolaine sans son millionnaire regardaient tous l’air moqueur la tenue du ministre de la santé.

Tous voulaient être à côté de Beigbeder avec Martin Solveig au platine et Joey Starr en ouvreuse aguicheuse de revue qui passait de la bouche de Pauline Latroumanin à Laurie Peret en hurlant sa réussite sociale à qui voulait l’entendre. Il disait que la rue ne l’avait pas oublié, que le sang des disparus coulait en lui, qu’il ferait la révolution s’il le fallait jusqu’au bout de la nuit. Partout évidemment sauf au Buddha-Bar où se trouvait toujours Olivier Véran.
Axelle Laffont et Romain Sichez ont même reçu un SMS inquiétant d’un collègue d’Olivier Véran qui demandait s’ils pouvaient le faire entrer ou non. Pareil chez Justine Lévy et Patrick Mille qui ont pensé recevoir un spam.
Olivier essayait de s’infiltrer comme il pouvait. Il était fan de Frédéric Beigbeder et Martin Solveig avec qui il voulait mixer.

C’était une soirée où le vent avait décidé de souffler si fort, que les perruques comme les faux-semblants s’apprêtaient à s’envoler.
En attendant l’after du Flore sur la terrasse, une journaliste épuisée de Vanity Fake échangeait avec un reporter cerné du Figaro sur le sujet interdit de l’affaire Brigitte.
— Il est drôle cet écrivain, qui a écrit ce roman censuré sur le couple Macron, non ?D'ailleurs, toujours pas de plaintes contre Brigitte pour détournement de mineurs ? Il faut qu’elle tienne bon jusqu’à fin décembre après elle ne pourra plus être poursuivie, une polémique de plus pour noyer le poisson, tu penses ?
— Je ne sais pas mais tu as vu la campagne avec l’agence Fred & Farid ? Où Brigitte fait un doigt d’honneur ? Je ne connais aucun autre pays où la femme du dirigeant prendrait une pose aussi obscène devant les caméras.
— Ouais, de toute façon si on les laisse faire, ils vont finir par dire qu’Élisabeth et Robert Badinter ont tout fait pour la défense et la justification de la pédophilie. Ils ont Cancel quand même Duhamel et Claude Leveques, faut pas oublier où on en est.
À côté d’eux, une amie d’Aure Atika un peu ivre a dit avoir vu dans une manif une pancarte 🪧 « "elle" a les mêmes paluches qu’un collègue plombier à moi. » Personne n’a préféré relever. La soirée pouvait continuer.
Avec une autre fêtarde ivre qui criait devant des éditeurs fatigués : « Comment s’attendre à de la dignité de la part d’un vieux travelo pédophile ? » Sa petite copine à côté, avec un seau à champagne percé comme mini mégaphone, demandait si « l’ex-mari de Madame n’était pas enterré dans le jardin de la maison du Touquet ? » La soirée allait être longue. Très longue.
Un autre journaliste, venant de l’édition, donc moins bien habillé, voire presque sale, a intégré la conversation des journalistes mode en disant simplement :
— Elle l’a fait, elle va le défaire.
Les deux autres ont fait mine de ne pas comprendre. Continuant, caméra à la main, de pérorer sur l’avenir élyséen et la littérature contemporaine sous l’ère BHL-Enthoven.
Un peu plus loin, sur la terrasse, l’équipe élyséenne. Différent des autres. Costume sombre. Mallette noire. Dossier gris. C’était d’un autre niveau. Une autre tenue. Ils fumaient en attendant l’aurore.
— Faut prévoir le RN à Matignon fin novembre. Le budget ça va les tuer. Net. La cohabitation va nous faire des vacances.
— Au fond, elle a eu raison Brigitte de lui faire déclencher la dissolution en 2024. Ce procès est une aubaine en réalité. Ça a tout caché sous le tapis. Tout couvert.
— Ils ont quand même paniqué à la Fashion Week quand des Français lui hurlaient « Rends l’argent ! » On a dû tripler la sécurité de Madame.
— Je sais, ça me rappelle la gestion de la première garde à vue de Natacha Rey en juillet 2021. Ça a complètement dégénéré. On l’avait échappé belle.
— C’était trop tôt cette GAV je vous l’avais dit. Maintenant pour tout effacer c’est plus long.
— Personne ne doit savoir que Madame est intervenue directement dans le processus qui a conduit à la première garde à vue de Natacha Rey. Personne tu entends.
— Je sais comme pour Zoé.
— Voilà. Attache-toi à modifier la chronologie et à faire débuter l’affaire cinq mois plus tard par la vidéo chez une médium.
— Et si des journalistes ou des juges te demandent si c’est faux tu nies tout en bloc comme d’habitude et on fera faire un démenti.
— Pour la presse américaine les éléments de langage c’est que Poussard a « co-signé » un article avec Natacha Rey.
— Même s’il a jamais été poursuivi pour diffamation à ses côtés ni condamné ?
— Ouais même. Pour la Natacha, les Anglais ne doivent jamais publier que sa condamnation pour diffamation, qui ne concernait pas le sexe de naissance de Brigitte Macron, a été annulée en appel en juillet 2025. Ta carrière en dépend. Tu sais qu’on a un classement invisible comme les juges, de 1 à 5000, et que si tu réussis cette opération tu vas monter. Haut. Très haut.
Une attachée de presse se joint à eux. Une taigneuse. Une Aurore Bergé plus jeune mais qui a plus pratiqué. Qui les connaît tous sur le bout des doigts et sur le bout des lèvres.
— Moi de mon côté, j’ai tout centré sur le complot russe au pèlerinage de Chartres. Avec d’un côté Candace Owens main dans la main avec Marion Maréchal et de l’autre les néo-fascistes. France Info a adoré. Ils vont relayer.
— Mais c’est quoi ta source ?
— Un rapport d’enquête des détectives anciens de la CIA employés par Brigitte et le PR.
— De toute façon même s’il s’avère que Candace Owens n’a jamais été poursuivie pour avoir affirmé que Brigitte était un homme, il n’en reste pas moins que le 18 septembre dernier, Candace a déposé l’équivalent d’une requête en nullité. On en fait quoi de ça ?
— Si le procès est annulé. On verra. On remettra tout sur Zoé. On fera dire au ministère public qu’elle est l’instigatrice et qu’elle a écrit Becoming Brigitte. Un an ou deux prison avec sursis, tout le monde n’y verra que du feu en France. Ils ne doivent pas de toute façon témoigner devant un jury populaire aux États-Unis c’est trop risqué en ce moment. Trump n’est plus fiable. Tu m’entends.
— J’ai aussi les connasses du Monde qui insistent pour savoir pourquoi avec la loi Schiappa, on sort du droit de la presse. Genre on crée un précédent très grave !
— Tu réponds pas.
— Et sur Nardello & Co, ils veulent savoir si ça regroupe d’anciennes barbouzes du FBI reliées au parti démocrate dont beaucoup ont quitté les services après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump en 2016. Elles veulent vraiment savoir pourquoi autant de moyens disproportionnés pour enquêter sur Candace et Zoé ?
— Si c’est Ariane Chemin et ses copines, c’est l’ennemie numéro 1 du PR, il la tient personnellement responsable de l’affaire Benalla et crois-moi il ne lui a pas dit son dernier mot. Il l’a vraiment en travers de la gorge. Il en parle chaque année. Et nous demande d’agir en ce sens. Donc si c’est Chemin, trace ta route.
— Le problème de n’avoir avec nous que des courtisans comme Bruno Roger-Petit ou des Philippe Besson, c’est que le talent n’est plus là. Tout ressemble à un discours de Line Renaud. Moi perso, j’y arrive de moins en moins. Je suis à deux doigts de demander de l’aide à Beigbeder il avait fait la campagne de Robert Hue sous cocaïne. Mais là on en est au 3MMC et au chemsex, tout le monde est dépassé en réalité. Dis-toi que même pour la bande de Beigbeder ils ont dit que la macronie la nuit était trop hardcore, que c’était pas tenable physiquement. À part Valls et Véran tout le monde refusera notre proposition de toute façon.
— Ton seul objectif, toi, doit être le voile sur les stratégies d’étouffement médiatique et juridique. L’Élysée comme le PR n’attendent que ça de toi. C’est la chance de ta vie si tu y réfléchis.
— J’ai accepté parce que normalement la seule chance des Macron de s’en sortir aux États-Unis, c’est d’avoir porté plainte dans le Delaware, un État acquis aux Démocrates où on a complètement la main.
— Tu vas te faire une véritable fortune. Pense à ta retraite vue sur mer.
— Oui enfin le PR est incontrôlable en ce moment, il n’écoute que son chien, et se jette dans la gueule du loup. Il comprend pas qu’il peut devoir, techniquement, présenter son histoire devant la justice américaine.
— Mais non, ne t’inquiète pas. Gère les médias déjà. On te racontera la suite après.
— Et au niveau de la facturation ? Vous avez les moyens.
— Tu fais ce que tu veux. L’important c’est la victoire sur la vérité.

PARADISE #028. 39 ans collaboration totale Saturday Evening Post Esquire LA Times Vanity Fair. Screenplays signés ensemble. John meurt table dîner Upper East Side 30 décembre 2003. Year of Magical Thinking 2005 invente le genre. Quintana morte 26 août 2005. Joan vit 18 ans seule jusqu'à 23
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