Venise 2026 : six réalisatrices, puis une. La soustraction se joue en 2024
Venise 2026 : six réalisatrices, puis une. La soustraction se joue en 2024
Vingt films en compétition pour le Lion d’or. Une seule femme cinéaste. L’an dernier, elles étaient six. Ce n’est pas une opinion, c’est une soustraction, et le directeur artistique de la Mostra en a donné publiquement la raison, ce qui est plus embarrassant que le chiffre lui même.
Vingt longs métrages concourront pour le Lion d’or du 2 au 12 septembre 2026, à la 83e Mostra de Venise. Un seul est réalisé par une femme, Woman Unknown, de la cinéaste danoise et égyptienne May el-Toukhy. L’édition précédente en comptait six sur vingt et un. La compétition rassemble par ailleurs Werner Herzog avec Bucking Fastard, Hirokazu Kore-eda avec Look Back, Martin McDonagh avec Wild Horse Nine, ainsi que Florian Zeller, Nanni Moretti, Lee Chang-dong et Cédric Kahn. Maggie Gyllenhaal préside le jury (Variety, Trois Couleurs, Mostra de Venise 2026, Wikipédia).
Alberto Barbera, directeur artistique de la manifestation depuis 2011, a été interrogé sur cet écart. Sa réponse est la matière première de cet article, parce qu’elle déplace le débat de la statistique vers le jugement.
Il avance deux arguments. Le premier est quantitatif : la proportion de films de fiction soumis par des réalisatrices serait tombée à environ 24 pour cent cette année, contre environ 30 pour cent l’an dernier. Le second est qualitatif, et c’est celui qui a mis le feu : selon lui, la qualité des films de réalisatrices visionnés cette année ne permettait pas de les retenir en compétition, à l’exception de celui de May el-Toukhy (The Hollywood Reporter, Screen Daily).
Prenons le premier argument au sérieux, parce qu’il est le plus intéressant. Si le nombre de films soumis par des femmes a chuté de six points en un an, alors le problème n’est pas dans la salle de sélection. Il est en amont, et il a un délai. Un long métrage sélectionné en compétition à Venise en septembre 2026 a été financé en 2024, tourné en 2024 ou 2025, monté dans les mois qui ont suivi. Une sélection de festival n’est pas un état des lieux du cinéma contemporain, c’est un rapport financier avec dix huit à vingt quatre mois de retard.
Ce qui déplace complètement la question. Ce que la Mostra 2026 documente, ce n’est pas ce que pensent les sélectionneurs en 2026. C’est ce qu’ont décidé les guichets de financement en 2024 : commissions publiques, chaînes coproductrices, plateformes, distributeurs qui apportent un minimum garanti. La bascule s’est produite là bas, dans des arbitrages qui ne font l’objet d’aucune couverture médiatique, à un moment où personne ne comptait rien. En septembre, tout le monde comptera, sur le tapis rouge, avec les mauvais chiffres et deux ans de retard.
Nous publions ce texte aujourd’hui, quatre semaines avant l’ouverture, pour une raison simple : à partir du 2 septembre, ce constat sera partout et il ne servira plus à rien. La seule fenêtre où l’information est encore actionnable, c’est maintenant, quand les décisions de financement de l’automne 2026 ne sont pas encore prises. Elles produiront la sélection de 2028. Le chiffre à surveiller n’est donc pas le nombre de réalisatrices sur le Lido en septembre. C’est le nombre de projets de réalisatrices agréés cet automne par les commissions. Personne ne le publiera en une.
NOTE DE TRANSPARENCE · les propos d’Alberto Barbera sont repris des entretiens publiés par la presse spécialisée anglophone en juillet 2026 et traduits par nos soins depuis l’anglais ; nous n’avons pas assisté à ces entretiens et la formulation française n’est donc pas une citation d’origine mais une traduction fidèle du sens rapporté. Les pourcentages de films soumis, environ 24 pour cent contre environ 30 pour cent, sont ceux qu’il avance publiquement, ils n’ont pas été recoupés sur un document de la Biennale. Le délai de dix huit à vingt quatre mois entre financement et sélection est une analyse de la rédaction, pas une donnée publiée. Aucun post social original n’a pu être vérifié à l’URL exacte, aucun n’est embarqué.
PARADISE #048. Christian Lacroix maison fondée juin 1987 Bernard Arnault investit 32 millions dollars (LVMH 92% capital). Françoise Rosensthiel PDG 22 ans. Cumul pertes 1987-2009 = 1.1 milliard euros. Tribunal Commercial Paris liquidation judiciaire 16 mai 2009. LVMH vente Falic Group 4 mi
Dallas, 9 septembre. Donald Trump promet 5 000 dollars à chaque adulte américain si les républicains gardent la Chambre et le Sénat le 3 novembre. Facture estimée : 1 200 milliards, soit les deux tiers du déficit fédéral annuel. En 2025, il en promettait 2 000. Ils n’ont jamais été versés.
Dans les Bouches du Rhône, la liste d’union de la droite et du centre avait l’investiture officielle de la commission nationale de LR. Vendredi, dernier jour du dépôt, le président de LR a soutenu la liste dissidente. Les sénateurs centristes ont répondu deux mots sur X : coup de poignard.
Sur CNews mercredi, pressée de dire si la théorie du grand remplacement est raciste, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations a laissé sa phrase en suspens. Quatre voix lui répondent. Et son projet de loi contre le racisme arrive au Sénat, qui se renouvelle le 27 septembre.
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