Scandale à l'ESJ Paris : Allégations de racisme et licenciements massifs après le rachat par des milliardaires
Dans un climat de tensions croissantes au sein du monde médiatique français, l'École Supérieure de Journalisme de Paris (ESJ Paris), la plus ancienne école de journalisme au monde fondée en 1899, se retrouve au cœur d'une controverse explosive.
Huit mois après son rachat par un consortium de milliardaires influents, dont Vincent Bolloré, Bernard Arnault et Rodolphe Saadé, des accusations de discriminations raciales et de licenciements ciblés émergent, mettant en lumière les défis d'une reprise qui se voulait salvatrice mais qui semble semer le chaos. Basé sur des enquêtes récentes et des témoignages, cet article exclusif décortique les faits, les allégations et les réponses des parties impliquées.
Le contexte : Un rachat ambitieux pour sauver une institution en déclin
L'ESJ Paris, historiquement liée à l'École des hautes études sociales et ayant formé des générations de journalistes depuis sa création par Jeanne Weill (alias Dick May), traversait une période trouble avant novembre 2024. Victime d'une gestion chaotique sous son ancien propriétaire Guillaume Jobin, l'école accumulait des dettes et manquait de reconnaissance professionnelle – elle n'était pas accréditée par la Commission paritaire nationale de l'emploi des journalistes (CPNEJ) depuis 2015.
Le 15 novembre 2024, un consortium d'investisseurs, incluant des figures majeures du paysage médiatique français, rachète l'établissement pour 2,6 millions d'euros.<grok:render type="render_inline_citation">
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</grok:render> Parmi eux : Vincent Bolloré (via la Compagnie de l'Odet), Bernard Arnault (via Financière Agache), Rodolphe Saadé (via CMA Média), Marie-Hélène Dassault (via Koodenvoi, liée à la famille Dassault propriétaire du Figaro), Bayard Presse (éditeur de La Croix), Pierre Gattaz, ainsi que d'autres comme les frères de Bentzmann (Devoteam), et Vianney d'Alançon, un entrepreneur catholique conservateur, propriétaire du Rocher Mistral – une sorte de Puy du Fou provençal au Château de La Barben – qui devient président de l'école.<grok:render type="render_inline_citation">
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</grok:render> Ce rachat, présenté comme un sauvetage, vise à relancer l'institution avec des investissements dans les infrastructures, comme un studio TV modernisé équipé de caméras automatiques.
Dès l'annonce, relayée par Le Monde, des voix critiques se font entendre, pointant une emprise accrue des élites conservatrices sur le monde médiatique.<grok:render type="render_inline_citation">
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</grok:render> Un post sur X de Brèves de presse résume ce sentiment : "La #presse des milliardaires au service des #milliardaires… L’école de journalisme ESJ Paris vient d’être reprise par des propriétaires de médias, dont Vincent #Bolloré, Bernard #Arnault ou encore Rodolphe #Saadé. Un entrepreneur catholique, propriétaire d’une sorte de Puy du Fou provençal, sera à la tête de l’établissement, indique Le Monde… Une emprise des élites sur le monde médiatique qui se poursuit sur fond d’effondrement déontologique de plus en plus visible de la profession, notamment sur les chaînes d’opinion en continu."<grok:render type="render_inline_citation">
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</grok:render> Cette perspective met en lumière les craintes d'une subordination idéologique, dans un contexte où les milliardaires contrôlent déjà une large part des médias français.
Pourtant, dès les premiers mois, des polémiques surgissent. En janvier 2025, des professeurs se plaignent de salaires impayés datant de septembre à novembre 2024, attribués à l'ancienne administration, bien que la nouvelle direction ait évité une grève. Des partenariats controversés, comme avec l'Institut libre de journalisme (ILDJ, proche de milieux conservateurs) et le média Le Crayon (financé en partie par le milliardaire d'extrême droite Pierre-Édouard Stérin), alimentent les craintes d'une dérive idéologique vers la droite. En février 2025, l'école obtient la certification Qualiopi et renouvelle son titre RNCP de niveau 6, marquant un pas vers une légitimité accrue. Mais ces avancées sont éclipsées par des allégations plus graves.
Les allégations explosives : Discriminations et "nettoyage" ethnique ?
Selon une enquête publiée ce 21 juillet 2025 par StreetPress, la nouvelle direction aurait procédé à un "ménage" discriminatoire, ciblant principalement des salariés et étudiants noirs ou d'origine arabe. Parmi les faits rapportés :
- Licenciements de salariés racialisés : Elhame Medjahed, ancienne directrice intérimaire d'origine maghrébine, nommée le jour du rachat, est licenciée fin mai 2025 après une mise à pied et une suspension. Elle reçoit un email réprimandant en avril 2025 de la part d'Emmanuel Ostian (nommé directeur en décembre 2024), critiquant son travail malgré ses responsabilités multiples. Deux agents d'entretien mauritaniens, Bakary Camara et son frère, sont licenciés pour motifs économiques en juin 2025, citant une perte nette de 496 000 euros. Deux employés tunisiens (technique et administratif) sont en congé sans clarification sur leur contrat. Une coordinatrice anglaise et de conférences, racialisée, voit son CDD non renouvelé.
- Sanctions contre les étudiants : En mars 2025, 12 étudiants – dont neuf racialisés – sont convoqués pour des notes basses, avec des pressions pour les baisser davantage. Deux, dont Youssef, sont suspendus brièvement avant d'être réintégrés. Des étudiants comme Farah, Narimen et Assia rapportent du harcèlement de la part d'Agathe L., responsable des affaires étudiantes, qui aurait qualifié un groupe d'étudiants arabes de "clan d'Arabes" en 2024, confirmé par des témoins.
- Soupçons d'idéologie extrême : Une professeure, Irina, rapporte avoir vu un drapeau du Rassemblement National (RN) dans un bureau en juin 2025. Des enseignants évoquent une volonté de "blanchir l'école".
Ces allégations s'appuient sur des témoignages anonymes et directs, pointant une emprise croissante de figures conservatrices comme Alexandre Pesey (fondateur de l'ILDJ) et Edouard du Peloux (directeur opérationnel de l'ILDJ, rejoint l'ESJ après le départ de Medjahed).
Les réponses : Dénis et défense d'une "reconstruction nécessaire"
La direction de l'ESJ Paris rejette fermement ces accusations. Dans une déclaration antérieure à des médias comme Challenges, Emmanuel Ostian affirme : "Nous ne sommes pas de méchants racistes. Nous l’avons licenciée [Elhame Medjahed] pour une faute." Vianney d’Alançon, président, minimise les controverses : "Il y a les fantasmes et la réalité. Nous sommes arrivés avec des hémorragies à tous les étages. Depuis, on colmate les fissures pour avoir une école saine." L'école vise à doubler ses effectifs à plus de 200 étudiants en septembre 2025, avec des frais annuels de 7 300 euros, et aspire à une reconnaissance professionnelle.
Les milliardaires impliqués n'ont pas répondu directement aux allégations récentes, mais le rachat initial était justifié par une volonté de revitaliser une "épave" journalistique. Des sources proches, comme dans Le Point, soulignent les investissements en modernisation sans aborder les polémiques raciales. Cependant, une pétition de 668 étudiants d'autres écoles en janvier 2025 dénonçait déjà une "subordination de l’indépendance journalistique à des intérêts économiques, politiques et idéologiques".
Sur les réseaux sociaux, comme X, les réactions sont vives : des posts partagent l'enquête de StreetPress, accusant Bolloré de racisme en lien avec ses intérêts en Afrique, tandis que d'autres défendent le rachat comme un retour au pluralisme.
Quelles perspectives pour l'ESJ Paris ?
Cette affaire soulève des questions profondes sur l'indépendance du journalisme en France, où les milliardaires contrôlent déjà une grande partie des médias. Si les allégations de StreetPress se confirment, elles pourraient mener à des enquêtes judiciaires pour discrimination. En attendant, l'ESJ Paris, qui déménage en avril 2025 dans le 15e arrondissement, doit prouver que sa renaissance n'est pas synonyme d'exclusion. Contactée pour cet article exclusif, la direction n'a pas fourni de réponse supplémentaire, mais l'avenir de l'école – et de ses étudiants – dépendra de sa capacité à restaurer la confiance au-delà des "fantasmes".