Tarantino d’en dessous, Wes Anderson d’au-dessus
« Une mise en scène est un suicide. Son rôle se borne à réveiller quelques dormeurs« , disait Jean Cocteau dans l’un de ses élans sibyllins. Certains réalisateurs ne cherchent pas à réveiller mais à empêcher de dormir. Rythme, plans toujours inattendus, personnification de la caméra…
Quentin Tarantino est l’un de ces travailleurs acharnés du placement de caméra. Loin du champ-contrechamp, son objectif se déplace en trois dimension, entre dans les boites crâniennes de ses personnages, devient la voix de leur esprit silencieux.
L’une des spécialités du réalisateur Palme d’Or 1994, la prise de vue de dessous. Kogonada propose une compile parfaitement montée de ces scènes les plus célèbres. Avec un florilège des tarantinesques plan « vue du coffre ».
Chez Wes Anderson, au contraire, la caméra prend de l’altitude. A l’inverse de Tarantino qui cherche à vous impliquer dans chaque personnage pour une narration au premier degré, le réalisateur du futur Moonrise Kingdom, lui, vous impose une hauteur, un détachement, une place de spectateur privilégié devant ce conte absurde.
Kogonada finit avec un mixe de scènes de Breaking Bad, où la caméra est subjectivement placée dans un objet. Inertie des personnages, dématérialisation de la narration.


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