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societe· 11 MIN· novembre 2025 PUBLIÉ LE 17 nov.

Ultra-confidentiel : Les nouvelles correspondances d’Epstein

Ultra-confidentiel : Les nouvelles correspondances d’Epstein
Zoé Sagan
Zoé Sagan 17 nov. 2025 · 11 MIN · societe

Ces nouveaux e-mails montrent Epstein comme un opérateur occulte, liant Steve Bannon à la France macronienne via chantage, rumeurs et trafic.

Ils soulignent les failles des élites : Macron visé par des leaks personnels, Sarkozy via Colom, et la mode parisienne comme vivier de proies. C’est assez vertigineux pour tout vous dire.

Ça va être encore passionnant de regarder les médias et les journalistes essayant de prouver que rien n’existe, que tout est faux, que Jack Lang est l’homme politique préféré des Français avec Emmanuel Macron.

L’ingérence américaine en Europe, et particulièrement en France, est totale.

J’ai passé la nuit et la matinée à décrypter ces nouveaux e-mails Epstein-Bannon (déclassifiés en novembre 2025).

Ces extraits proviennent d’une nouvelle vague de documents déclassifiés par la Commission de surveillance de la Chambre des représentants des États-Unis (House Oversight Committee), publiés le 14 novembre 2025.

Ils font partie d’une correspondance plus large (environ 120 échanges entre 2018 et 2019) entre Jeffrey Epstein (le financier condamné pour trafic sexuel) et Steve Bannon (ex-conseiller de Trump et architecte du mouvement européen « The Movement »).

Ces e-mails, souvent envoyés via des adresses proxy comme jeevacation@gmail.com pour Epstein, révèlent comment Epstein servait de « fixeur » (intermédiaire) pour Bannon : il arrangeait des contacts avec des élites européennes (y compris françaises), offrait des conseils sur la propagande anti-UE, et utilisait ses réseaux pour contrer les enquêtes sur lui-même en échange d’une protection politique via le MAGA.

Le ton est ultra-codé, avec des fautes de frappe partout dues aux envois mobiles (BlackBerry pour Bannon), et des allusions à des rumeurs sexuelles ou politiques sensibles.

La date « 0:40 - 17 Nov 25 - 76 vues » semble être un horodatage interne des documents (correspondant à l’heure de déclassification), avec « vues » indiquant le nombre d’accès initiaux aux fichiers. Ces échanges datent principalement de 2018-2019, pendant que Bannon tentait d’unir les populistes européens contre Macron et l’UE.

J’ai décrypté point par point, en corrigeant les fautes de transcription pour plus de clarté, et en contextualisant avec des faits vérifiés.

1. Epstein à l’Élysée : Une infiltration au cœur du pouvoir Macron

Transcription corrigée : « Epstein : Je suis à l’Élysée, entouré de tout le gouvernement Macron. Bannon : Le gouvernement Macron ? Epstein : Ouais. Les ministres de l’élite. Epstein : Juste nous deux dans tout le palais. Le pouvoir français. Bannon : Coup de maître. »

  • Explication : Epstein décrit une rencontre informelle (ou « off-the-record ») à l’Élysée (palais présidentiel français) avec des membres du gouvernement Macron, fraîchement élu en 2017. « Juste nous deux » suggère une proximité intime avec un ou deux ministres clés, isolés du reste – un signe de son accès VIP aux élites. Bannon réagit avec admiration (« Coup de maître »), voyant cela comme un atout pour son projet « The Movement » : infiltrer les cercles macroniens pour semer la discorde ou recruter des dissidents internes (par exemple, des centristes déçus par la politique pro-UE de Macron).
  • Contexte : Epstein avait des liens historiques avec la France via son appartement parisien (avenue Foch) et des contacts dans la mode et la politique. Ces documents confirment qu’il conseillait Bannon sur l’Europe, y compris des stratégies anti-Macron (comme booster Marine Le Pen). Cela s’inscrit dans une série d’e-mails où Epstein propose des « accès » à des leaders pour 500 000 $ en cryptos, en échange de lobbying américain contre #MeToo.

2. La photo du « mec de Macron » : Hypocrisie et rumeurs sexuelles

Transcription corrigée : « Epstein : On m’a montré une photo du mec de Macron. Ah, l’hypocrisie ! Epstein : Ça donne un nouveau sens à « T’inquiète, je couvre ». Ou : « Les Français te soutiennent dans le dos ». Beurk. »

  • Explication : Epstein fait allusion à une photo compromettante d’un « mec » (homme) proche de Macron – probablement une rumeur persistante sur l’homosexualité supposée du président ou d’un de ses conseillers (comme un amant caché, souvent colporté dans les milieux d’extrême droite). « L’hypocrisie » pointe l’ironie : Macron, symbole de modernité progressiste, cache des secrets personnels, tout comme Epstein (accusé de trafic sexuel). « T’inquiète, je couvre » est une expression française signifiant « Ne t’inquiète pas, je te protège » (je couvre tes arrières) ; Epstein la détourne en sous-entendu sexuel ou de chantage (« je couvre tes traces »). « Te soutiennent dans le dos » (soutien en cachette, littéralement « dans le dos ») renforce l’idée d’alliances secrètes des Français avec Bannon, malgré l’officialité pro-UE.
  • Contexte : Ces rumeurs anti-Macron étaient un levier pour Bannon en 2018, diffusées via Breitbart pour discréditer le président. Epstein, expert en kompromat (dossiers compromettants), utilisait cela pour se rendre indispensable. « Beurk » exprime le dégoût d’Epstein, peut-être jaloux ou moqueur.

3. Conversation avec « Colom » : Île, politique US-France, et trafic de mannequins

Transcription corrigée : « Colom : T’es sur ton île en ce moment ? Epstein : Non, mais j’ai des trucs à faire. On peut voir ? Colom : Avec plaisir, si c’est possible. Et aussi du politique. Epstein : T’as vu Leah Pisir ? Elle est au cœur de l’US-France. Colom : Ouais, mais elle paie pas vraiment le physique... enfin bon. Epstein : Riffelle ? J’la mets même pas sur l’île. Colom : Bon, Castellbajac ton voisin il t’aime des mannequins quand même ? Epstein : Elles viennent, elles repartent. À volonté. »

  • Explication :
    • « Colom » : Il s’agit d’Olivier Colom, ancien conseiller diplomatique senior de Nicolas Sarkozy (président français 2007-2012), repassé dans les cercles macroniens en 2018. Il contacte Epstein pour fixer un rendez-vous (peut-être à New York), en demandant s’il est sur « ton île » (Little Saint James, l’île privée d’Epstein, tristement célèbre pour ses orgies et trafics). La discussion mélange business (« des trucs à faire ») et politique.
    • « Leah Pisir » : Probablement une faute pour Leah Pisar, avocate et diplomate franco-américaine (fille de Samuel Pisar, conseiller de Kennedy et ami d’Epstein). Elle est « au cœur de l’US-France » via ses rôles à l’ONU et ses liens bilatéraux. Colom critique son « physique » (apparence), typique des échanges vulgaires d’Epstein.
    • « Riffelle » : Allusion codée à une femme (peut-être Ghislaine Maxwell, sa complice, ou une mannequin comme Rifat something). Epstein la snobe (« J’la mets même pas sur l’île » = je ne l’invite même pas sur mon île, trop insignifiante).
    • « Castelbajac » : Référence à Jean-Charles de Castelbajac, designer de mode français (voisin potentiel d’Epstein à Paris, quartier des Champs-Élysées/avenue Foch, hub de la mode). Colom taquine sur son amour des mannequins ; Epstein répond crûment : « Elles viennent, elles repartent. À volonté » – une admission directe de son trafic sexuel, où il « louait » des jeunes femmes aux élites.
  • Contexte : Cet échange illustre le réseau d’Epstein : diplomates sarkozystes recyclés chez Macron, ponts US-France, et proxénétisme. Bannon est en copie, pour glaner des intros politiques.

4. Jack Lang : Un déjeuner discret avec un « vrai pote »

Transcription corrigée : « Epstein : Jack Lang veut te voir à midi chez lui. Pas de presse. Un vrai pote, super calé – pas un intello bidon, il connaît ses dossiers. »

  • Explication : Epstein arrange un déjeuner privé chez Jack Lang (ex-ministre de la Culture sous Mitterrand et Hollande, figure socialiste influente, et conseiller culturel informel de Macron en 2018-2019). « Pas de presse » insiste sur la discrétion. Bannon est flatté : Lang est décrit comme un « vrai pote » (ami fiable), « super calé » (ultra-compétent), pas un « intello bidon » (intellectuel creux) – il « connaît ses dossiers » (maîtrise les intrigues politiques, y compris des secrets). C’est une intro clé pour Bannon, qui cherchait à diviser la gauche française.
  • Contexte : Confirmé par un e-mail de mars 2019 : Lang, « grand ami » d’Epstein, briefait sur Macron. Cela visait à sonder des alliances anti-UE, malgré l’idéologie opposée de Lang.

5. Le « créneau pour un café » : Epstein l’entremetteur

Transcription corrigée : « Epstein : J’ai un créneau pour un café avec notre copine ? Je fais plus que boisson maintenant... je suis entremetteur. »

  • Explication : Epstein propose à Bannon un rendez-vous « café » avec une « copine » (femme, probablement une mannequin ou une contact d’Epstein, sous-entendu sexuel). Il se moque de lui-même : « Je fais plus que boisson maintenant » (je ne me contente plus de servir des verres ; allusion à ses fêtes décadentes), et se qualifie d’« entremetteur » (matchmaker ou proxénète). C’est une offre de « service » pour motiver Bannon dans leurs deals.
  • Contexte : Classique du modus operandi d’Epstein : mixer politique et séduction pour piéger les élites. Bannon, connu pour ses frasques, en profitait pour networker.

Ce message est en réalité une chaîne d’e-mails échangés le 23 juillet 2018 entre Steve Bannon (ancien conseiller de Donald Trump) et Jeffrey Epstein (financier condamné pour trafic sexuel, mort en 2019).

Il provient d’un lot de documents confidentiels récemment déclassifiés par la Commission de surveillance de la Chambre des représentants des États-Unis (House Oversight Committee), publiés en novembre 2025.

Ces e-mails font partie d’une correspondance plus large (au moins 45 échanges entre 2018 et 2019) révélant une alliance secrète entre Bannon et Epstein : Epstein agissait comme un « fixeur » politique pour Bannon, en lui fournissant des contacts avec des leaders mondiaux, des conseils médiatiques et des idées de financement (via cryptomonnaies pour contourner les régulations), en échange de quoi Bannon promettait de mobiliser le mouvement MAGA de Trump pour protéger Epstein contre le mouvement #MeToo et les enquêtes judiciaires.

L’adresse e-mail jeevacation@gmail.com appartient bien à Epstein (un pseudonyme ludique signifiant « Jeffrey en vacances »). Le ton est informel et codé, typique de leurs échanges, avec des fautes de frappe et des abréviations dues à l’envoi via BlackBerry (appareil utilisé par Bannon).

Bannon et Epstein planifient une tournée européenne pour « The Movement » (un projet de Bannon visant à unir les partis populistes de droite en Europe, comme en Hongrie ou en Italie). Ils discutent de l’organisation de réunions avec des leaders de pays (par exemple, des présidents comme Emmanuel Macron ou premiers ministres). Epstein met en garde contre les risques : cela demande du temps (8-10 jours sur place, puis pas plus de deux semaines au total), et il faut éviter de « lever les espoirs » des participants pour ne pas les abandonner ensuite, ce qui pourrait les aliéner. Bannon insiste pour ne pas être vu comme un « outsider » qui survole le terrain sans s’engager.

La phrase « On Bannon Hope, All Ye Who Enter » est une parodie de l’inscription de Dante sur les portes de l’Enfer (« Abandonnez tout espoir, vous qui entrez »). Bannon plaisante sur le fait d’avoir « abandonné l’espoir » en entrant dans ce projet risqué…

« The fear is that you gin up their hopes and emotions and then abandon them » : Peur de mobiliser les émotions des leaders populistes puis de les laisser tomber, ce qui ruinerait la crédibilité de Bannon.

« Europe by remote doesn't work... face time and hand holding » : L’Europe ne se conquiert pas à distance ; il faut du contact direct et du « maintien de la main » (soutien personnel constant).

Epstein pousse Bannon à s’impliquer personnellement pour organiser ces réunions, en soulignant que c’est « double » (efficace mais chronophage). Bannon accepte à 100 % (« Agree 100% ») et demande comment procéder (« How do I do that?? »).

Mais le cœur du message, c’est la référence à « American Carnage ». C’est la partie la plus cryptique, mais elle concerne un projet cinématographique pro-Trump : « Did you get the first cut of American Carnage ? » : Epstein demande à Bannon s’il a vu le premier montage (« first cut ») d’un film ou segment intitulé American Carnage. Il s’agit en réalité du titre provisoire d’un documentaire sur Bannon réalisé par le cinéaste Errol Morris (American Dharma, sorti en 2018).

Le titre fait écho au discours d’investiture de Trump en 2017 (« American Carnage », décrivant un chaos américain). Ce film a été présenté hors compétition aux festivals de Venise, Toronto et New York (mentionnés dans l’e-mail : « skipping in Venice, Toronto and New York Film Festival »).

« American Carnage amazing -- An Emmanuel financed it and he loves it » : Bannon trouve le montage « étonnant ». « An Emmanuel » désigne Ari Emanuel (souvent appelé « Emmanuel » par raccourci, prénom hébraïque courant), puissant producteur hollywoodien, PDG d’Endeavor Content (qui a financé le film).

Frère de Rahm Emanuel (ex-maire de Chicago et conseiller d’Obama), Ari est l’agent d’Errol Morris et un « bestie » (meilleur ami) du réalisateur. Emanuel adore le film et l’a financé malgré les risques.

Bannon avertit qu’en donnant une « plateforme » (le film) à un « monster » (le monstre, c’est-à-dire Bannon lui-même, vu comme une figure toxique et extrémiste par Hollywood), cela pourrait ruiner la carrière d’Emanuel. C’est une ironie : Bannon est flatté mais conscient du backlash potentiel dans les cercles libéraux.

Bannon tease Epstein sur les coulisses hollywoodiennes tout en reliant cela à leur stratégie plus large (le film sert d’outil de propagande pour les midterms de 2018 et le mouvement populiste).

Dans le film, Bannon attaque violemment Macron, fraîchement élu en 2017, en le qualifiant de « petit banquier Rothschild » (little Rothschild banker).

Pour Bannon, Macron incarne l’élite globaliste, centriste et pro-UE, financée par les banquiers (référence à sa carrière chez Rothschild & Co.).

Bannon le voit comme un « monstre » symbolique : un traître au peuple, un pantin des élites financières qui combat les populistes comme Marine Le Pen.

Cette rhétorique est typique de Bannon, qui oppose les « déplorables » (le peuple trumpiste) aux élites « mondiales » comme Macron.

En 2018, Bannon tentait de bâtir « The Movement » en Europe pour contrer Macron et l’UE.

Epstein l’aidait avec des contacts (ex. : leaders en Hongrie ou Italie). Bannon dépeint Macron comme un ennemi idéologique, un « monstre » du système établi.

Dans des interviews post-film (ex. : Vanity Fair, 2018), Errol Morris décrit comment Bannon râlait contre Macron comme un symbole de l’élite corrompue.

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Zoé Sagan
Zoé Sagan

Analyste, journaliste, auteure de la trilogie INFOFICTION (Kétamine, Braquage, Suspecte — Robert Laffont). Fondatrice de la Lettre confidentielle z/S. Investigation poétique des pouvoirs médiatiques depuis 20 ans.

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