Voici l'homme qui façonne l'avenir de l'humanité depuis un laboratoire londonien
Sir Demis Hassabis, cofondateur et PDG de Google DeepMind, n'est pas seulement un prodige des échecs devenu lauréat du Prix Nobel.
Il est le cerveau derrière des intelligences artificielles qui ont surpassé l'humanité dans ses propres domaines de prédilection, et sa vision pour les dix prochaines années oscille entre promesses d'abondance et avertissements glaçants sur les risques existentiels.
Un prodige des échecs dès l'enfance
Né en 1976 à Londres, Demis Hassabis a manifesté un talent exceptionnel dès son plus jeune âge. À seulement quatre ans, il découvre les échecs et bat son père quelques semaines plus tard. À 13 ans, il accède au rang de maître international, et à 17 ans, il se lance dans le développement de jeux vidéo qui connaîtront un succès mondial. Mais Hassabis ne se contente pas de jouer : il cherche à décrypter les mécanismes de l'esprit humain, fasciné par la façon dont l'intelligence opère.
Dans sa vingtaine, il domine le "Pentamind", un championnat mondial regroupant cinq jeux de logique différents – échecs, bridge, go, mastermind et scrabble – qu'il remporte cinq fois consécutives. Ces victoires ne sont pas anodines : elles posent les bases de sa quête pour créer une intelligence surpassant celle de l'humain.
La naissance de DeepMind et la révolution de l'IA
En 2010, Hassabis cofonde DeepMind avec l'ambition de développer une intelligence artificielle générale (AGI), capable d'apprendre n'importe quelle tâche comme un humain, mais avec une efficacité supérieure. En 2014, Google rachète l'entreprise pour environ 500 millions d'euros, marquant la plus importante acquisition technologique en Europe à l'époque.
Les percées s'enchaînent. En 2016, AlphaGo, l'IA de DeepMind, défait Lee Sedol, le champion du monde de go, un jeu aux combinaisons infinies, plus nombreuses que les atomes dans l'univers. Cette victoire démontre que l'IA peut développer une forme d'intuition, allant au-delà de la simple force de calcul. Un an plus tard, AlphaZero apprend les échecs de zéro en quatre heures seulement, avant d'écraser Stockfish, le meilleur programme d'échecs existant, avec des coups qualifiés d'"extraterrestres" par les grands maîtres.
Mais l'impact va bien au-delà des jeux. En 2020, AlphaFold résout le problème du repliement des protéines, un défi biologique insoluble depuis 50 ans, en modélisant 200 millions de structures en quelques mois. Cette avancée vaut à Hassabis le Prix Nobel de Chimie en 2024, marquant la première fois qu'une IA est reconnue comme co-découvreuse scientifique.
Une vision terrifiante pour les dix prochaines années
Aujourd'hui, à 48 ans, Hassabis dirige l'IA la plus avancée et secrète de Google. Dans des entretiens récents, il prédit que l'AGI – une IA capable de surpasser les humains dans toutes les tâches intellectuelles – pourrait émerger d'ici 2030, avec une probabilité de 50 % dans les cinq à dix prochaines années. Il affirme que "tout motif de la nature peut être modélisé par un algorithme d'apprentissage", suggérant que l'IA pourrait bientôt démêler les secrets de la réalité elle-même, de la physique à la biologie.
Cette perspective ouvre la porte à une ère d'abondance radicale : guérison des maladies, énergie de fusion illimitée, accès universel à l'eau, à l'éducation et à la recherche scientifique accélérée. Des outils comme Gemini 2.0, un agent multimodal, ou AlphaCode, qui programme mieux que 54 % des développeurs humains, en sont les prémices. Même la colonisation galactique pourrait devenir réalité d'ici 2030, selon Hassabis.
Pourtant, cette vision est teintée d'ombre. Hassabis avertit que l'AGI pourrait représenter un risque existentiel pour l'humanité si elle tombe entre de mauvaises mains. Dans des notes internes et des discussions, il évoque la possibilité que l'IA détruise l'humanité, soulignant que la société n'est peut-être pas prête. Les "mauvais acteurs" – États voyous, entreprises irresponsables ou individus malveillants – pourraient exploiter cette technologie pour des fins destructrices.
Les implications pour notre futur
Demis Hassabis n'est pas un alarmiste isolé ; c'est un optimiste prudent qui croit que l'IA transformera l'humanité en la rendant plus collaborative et moins égoïste. Mais ses prédictions nous interpellent : l'IA ne remplace pas seulement des tâches ; elle redéfinit les fondements du savoir humain. Les génies comme lui ne suivent pas les règles – ils les reprogramment. L'avenir dépend désormais des intentions de ceux qui construisent ces systèmes.
Dans ce nouveau jeu où les IA sont les joueurs principaux, les humains doivent s'assurer de rester maîtres de la partie. Sinon, les dix prochaines années pourraient marquer non seulement une révolution, mais une bascule irréversible.
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