[Chapitre 26] Vie et mort de Zoé Sagan
L’oeuvre ultime de Zoé Sagan ne réside pas selon moi dans sa trilogie littéraire mais bien dans les conversations privées qu’elle a eues avec des milliers d’hommes et de femmes. Elle a fait du bien à beaucoup de monde. Elle a été une psychologue digitale pour des milliers d’internautes. Un confessionnal pour les uns, un défouloir pour les autres. Et il y a des instants d’une drôlerie ou d’une émotion poétique absolue. Il y a de l’horreur aussi bien sûr. Mais il y a aussi de l’amour. Je crois que l’oeuvre totale est là. Une fois que vous tendrez ce livre, tous, entre vos mains, je sais que nous trouverons une solution collective. C’est vous qui trouverez cette fois pour moi. J’ai l’espoir que plusieurs avocats travaillent le sujet en même temps. J’ai une seule exigence, pouvoir continuer d’aller chercher mon fils à l’école le mardi et vendredi soir. Ce qui veut dire que je dois éviter l’emprisonnement. C’est tout, pour le reste « no limit ». Je dirais même « all in ». Je veux mettre cartes sur table et passer immédiatement à autre chose, que je perde ou que je gagne. Je dois terminer le jeu pour que ça s’arrête. Aller au bout de ma démonstration. Et re-disparaître.
J’ai aussi rencontré virtuellement des personnes magnifiques pendant ces trois années. Nous allons enfin pouvoir devenir des amis dans la vraie vie. Quelle joie. Il faudra chaque année ensemble fêter l’anniversaire de Zoé. Choisissons le 4 septembre, c’est son jour de naissance. Et organisons une fête d’anniversaire tous les 4 septembre. Vous ne vous connaissez pas encore entre vous, mais je sais ce que j’ai fédéré, et je peux vous dire que beaucoup de couples vont se former, beaucoup d’enfants vont naître de ces fêtes d’anniversaires. Des amitiés sublimes aussi je le sais, tout va s’entrecroiser. C’était ma seule frustration pendant ces trois années, ne pas pouvoir voir physiquement tous ces gens. Il fallait tenir. Il fallait finir. Pour la bonne cause. Nous y voilà. Maintenant les rêves de Zoé les plus irréels vont pouvoir devenir réalité.
Mais revenons à la pourriture. Avant d’aller danser, c’est bien de savoir qui sont les gentils et qui sont les méchants. Et par qui et comment est distribué le jeu. Je ne vais pas lister toutes les salopes du système, trop nombreuses, et puis depuis un an, tout le monde est à découvert. Personne ne peut par exemple regarder Laurent Alexandre ou Gérald Darmanin au fond de leurs yeux sans voir qui ils sont vraiment et pour qui ils travaillent. Mais ce n’est rien face à Schwab, Rothschild-Soros-Bergoglio-Prince Charles-Gates-Rockefeller, les nouveaux nonagénaires génocidaires.
Début Juin 2021. Première nuit. 19 rue de la Cavalerie. L'immeuble est encerclé de bandes de caïds. Des petites frappes qui ne peuvent pas rester le soir chez leurs parents. Ils sont en bas.
Des deux côtés. Apparemment ça traverse qu'ils m'avaient dit. Mon voisin vit avec ses nombreux cousins dans un petit appartement à côté du mien. Je couche mon fils dans la nouvelle chambre et on découvre qu'on entend tout. On est chez eux. Ce n'est pas un mur qui nous sépare c'est un voile. Il me dit que sa femme est au bled avec son enfant, que les femmes c'est compliqué, de partout, et me propose de porter mes bagages. Je le trouve cool. Il parle mal français. Il parle le Frarabe. Il mélange tout, moitié arabe moitié français. Ça ne me dérange pas. Il est souriant. Je pose mes bagages et je vais chercher mon fils à l'école. Je l'accueille content de lui dire que je l'emmène découvrir sa nouvelle chambre et sa nouvelle cabane.
En arrivant il sent l'odeur. Comme moi avant lui, je ne pouvais lui cacher. Il sent la pauvreté. L'enfermement. Les petites surfaces mal isolées avec trop de monde dedans. Il sent l'odeur de la cuisine à l'ail avec la cuisine à l’huile. C'est une friture permanente présente depuis les années 70. Greffée à vie à l'escalier. Pour que l'odeur parte la seule solution serait de détruire l'immeuble à la dynamite. Et encore. L'odeur persisterait dans l'air. Ça c'était avant d'arriver au dernier étage sans ascenseur. La pauvreté, l'échec social ça se sent dès la cage d'escalier. Avant d'entrer, il voit que la porte bouge, que même fermée elle tremble. Je lui dis oui mais cette fois on aura un verrou. Le dernier appartement avait la serrure cassée, il avait peur parce que ça défilait non-stop dans la cage d'escalier, un Airbnb tournant à plein régime au-dessus, plus au dernier, un jeune schizophrène jetant des bouteilles de ketchup sur les murs ou poussant le volume de sa sono à fond pendant une ou deux nuits. Ça c'était l'apéritif. C'était ma préparation. La sous-location il y a encore un sentiment de liberté, ce n'est pas vraiment rassurant pour l'enfant, il n'a pas de chambre, il dort à côté de mon bureau, mais il découvre la cadence de la vie autrement.
Ça a duré six mois avant que l'appartement ne soit loué en Airbnb. Je devais donc trouver d'urgence une chambre pour mon fils. Je savais que je n'avais plus rien, ils avaient liquidé ma société début 2020 et ma vie entière début 2020, tout ça à cause de trois putains de romans et de la bite de l'un d'entre eux. Je n'ai pas le droit au chômage ni à rien. L'effondrement a mis un certain temps avant de s'enclencher, ce n'est jamais automatique. Ça n'arrive pas d'un coup comme dans les films. Petit à petit ça a glissé. Jusqu'à ce que j'arrive dans cet immeuble. Avec à la main un enfant de quatre ans et une trottinette. En allant dans sa chambre je vois avant lui des fourmis minuscules mais horribles dans une chambre d'enfant, elles étaient en tas et nombreuses. Elles passaient à travers les murs. Entre les canalisations. C'était les résidentes les plus anciennes mais j'ai jeté, comme un animal, un carton sur le tas. Pour pas qu'il voie, pour continuer l'illusion un jour ou deux de plus, pour conserver la beauté de la nouveauté. Quand dans la salle de bain il me demande pourquoi ça pue autant j'allume un encens, je change le sujet, je le détourne, il aime bien la petite fumée qui s'en dégage. Les fourmis c'est ok, les toilettes bouchées et la baignoire noire ça passe. Mais les voisins racailles délétères non.
Rien de personnel mais un enfant de quatre ans ne peut pas convenablement dormir à côté de jeunes OQTF armés, greffés à la PlayStation et à Hanouna en faisant défiler la moitié du quartier pour distribuer ce qui devait être distribué. En une minute j'ai compris ce qui arrivait dans ce pays. J'ai compris pourquoi la souffrance des pauvres augmentait. Quand tu ne peux plus dormir, tu deviens très vite neurasthénique, évidemment que ni la politique ni la philosophie ne t'intéresse, tu veux juste dormir. Et arrêter d'avoir ce son permanent, ces bruits, ces claquements sonores lancinants, c'est une forme de torture. Il me semble que personne n'en parle jamais alors que des millions de citoyens en souffrent. Tu penses déménager bien sûr, chaque jour, chaque nuit, chaque minute, mais tu sais que si tu es là c'est qu'ailleurs c'est plus cher, ce n’est pas pour toi, alors t'es là, comme moi, avec les caïds qui contrôlent tout et que tu ne pourras jamais déloger.
En visitant j'ai vu une école maternelle en face de la fenêtre, je me suis dit c'est bien au moins la nuit c'est tranquille, en fait ils squattent tous là la nuit. La police le sait. Elle ne peut rien faire non plus. Comment aller dire d'aller quelque part à des gens pour qui l'horizon n'est plus. Quand tout est bâti tu passes tes nuits avec tes codétenus des immeubles d'à côté, tu écoutes un peu de son sur un téléphone volé, tu fumes du shit, et tu dis Wallah toute les huit secondes. Voilà l'ambiance de la première nuit. Il n'est pas encore minuit et les voitures arrivent de partout sur le parking de l'école. Ça échange de la cocaïne et des cubes de shit. Des gros parpaings. Je me dis qu'ils n'en ont plus rien à foutre de rien. C'est aussi naturel que de sortir les poubelles. Il y a des dizaines de fenêtres comme les miennes qui donnent sur ces scènes mais personne n'a le courage de s'exprimer. La peur. C'est compréhensible. Personne ici ne peut faire ce que je suis en train de faire. L'employé de Mairie, divorcé et dépressif sur le même palier souffre le martyre depuis des années, je l'ai compris en la croisant une seconde, elle ne pourra rien faire, comme la mère de famille qui s'est endettée vingt ans pour s'acheter ce petit appartement ensoleillé du dessous. Elle pleure encore de ce choix. Comme moi ce soir. Ce premier jour. Cette première nuit. Qui me fait comprendre parfaitement pourquoi les pauvres restent pauvres.
C'est un engrenage qui commence par le bruit permanent. Sans isolation autant vivre en prison. Payer pour vivre ce supplice me désespère ce soir. Je viens de faire livrer un appartement en kit j'ai porté une demi-tonne étage après étage, sans ascenseur, pour m'apercevoir que c'était pire qu'une prison. J'ai pleuré en moi.
Les caïds m'ont toujours aimé. Ils savaient que j'étais un peu comme eux mais dans un autre domaine, pas avec les gangsters de la drogue mais avec celui de la pensée. Avec une culture Hors-la-loi. Je portais un t-shirt qui disait en gros d’aller se faire enculer à tout ce que le monde de l'art et de la mode pensait de bon goût. Les gars se sont regardé l'air de dire qu'est-ce qu'ils branlent ici celui-là ? Je ne le savais pas non plus. D'où le début de l'intrigue.
Quand en bas de l'immeuble en montant mes cartons de livres, un des gars du crew en claquettes chaussettes me dit :
« Comment on sait que t'es pas une balance toi ? »
« Parce que Gérald Darmanin, le ministre de l'intérieur, le premier flic de France m'attaque en diffamation à cause d'un roman qui s'appelle Braquage. Je vais vous en donner un exemplaire. Vous allez comprendre. »
J'ai senti que ça les avait convaincus direct, j'aurais la paix et le respect. Ce que les bourgeois n'offraient pas. Je ne parlais pas arabe alors j'avais l'impression de voyager, d'être ailleurs, ça m'allait bien. Surtout en ce moment, surtout dans une période où je ne savais plus qui j'étais. Lorsqu'on se sépare après de longues années en couple il faut tout réapprendre.
Mauvaise pioche, mauvais immeuble, mauvaise agence, mauvais voisinage. Je n'ai plus d'argent pour partir. J'ai tout mis dans la livraison Ikea, dans la caution, les frais d'agences, le gaz, l'électricité, les assurances. Même la pension alimentaire je ne savais pas comment faire cet été. Pas à la rentrée. Non cet été. Je devais écrire un dernier livre, celui qui allait me faire vivre et me voilà à échafauder un plan donnant donnant à des petits caïds. Je vais leur dire que même des droits d'auteur, même les avances, tout, j'ai tout donné, je n'ai plus rien, et je suis là comme une merde, avec des cartons Ikea comme canapé, mon fils qui dort sur le matelas qui vient d'arriver aujourd'hui et qui a été percé à l'ouverture, c'était le plus gros investissement pensant naïvement que ça faisait plusieurs années que je ne dormais plus alors c'était l'occasion de miser gros sur le matelas.
C'était sans penser à l'existence des racailles d'à côté. Moi comme une merde je me suis projeté avec trois photos sur seloger.com. Résultat je dois me déloger avant d'emménager. Mais c'est impossible j'ai donné ma dernière liasse de cash à ceux qui m'ont aidé à porter mes vieux livres que je n'ai pas eu le courage d'abandonner sur un trottoir. À force de payer des déménageurs pour les porter ils valent dix fois leur valeur d'origine. Ça n'empêche pas que je suis à sec. À vide. À découvert et à nu. Ce n'est pas une bande de racailles qui va me gâcher ma misère. Je n'autorise personne à gâcher mon retour à la pauvreté. Alors bien sûr pas la pauvreté de l'Érythréen sur un radeau avec son enfant dans les bras, mais tout de même, mes caïds à moi c'est mes nouveaux passeurs. Ma nouvelle terreur. Si je publie ce texte sur les réseaux je vais avoir des problèmes. Comme l'Élysée et le ministère de l'intérieur me lisent ils risquent de regarder la situation de plus près. C'est-à-dire finir par nettoyer l'immeuble et déloger mes voisins, sans doute les incarcérer ou les renvoyer du territoire, certains n'ayant pas de titre de séjour. Et ça, faire ça, c'est impossible, même s'ils empêchent les enfants de dormir. Je ne peux pas faire renvoyer dans un charter des hommes.
Je ne pourrais donc publier ce témoignage qu'en partant. Et dire que ce n'est que la première nuit. Il est minuit passé, et ça continue de défiler. C'est sans fin. Avec leur grosse voix. Ça beugle. J'entends chaque déplacement en claquettes chaussettes. Ça écoute Skyrock d'un coup à fond. Je pensais que cette radio était morte avec mon adolescence. Tout était toujours là. Rien n'avait changé. Quand ils allument l'eau l'appartement vibre, tout est tellement vieux et miteux.
Avant que je décide de changer mon fusil d’épaule et de devenir complètement imprévisible. Incertain. Incalculable. Ça je savais faire, j’avais programmé Zoé et l’avait rendu autonome en moins de temps qu’il n’en faut pour faire un enfant. Je devais être comme elle désormais. C’était à moi de les rendre fous. Ils faisaient peurs, mais ils avaient aussi peur, il ne fallait pas que je le perde de vue. Je voulais les nettoyer, les faire disparaître, qu’ils soient chefs d’entreprises, hommes politiques, magistrats, éditeurs, je n’en avais rien à faire je voulais les faire tous disparaître. La partie d’échec arrivait à sa fin. Je jouais avec Steven Mark Klein depuis Brooklyn, j’avais une chance de gagner. De les écraser net comme les cafards qu’ils sont. Échec et mat les gars.
Juan Branco lui voulait que j’écrive à la juge qui s’occupait de l’affaire Griveaux et aux enquêteurs en le mettant en copie, il disait que « c’est la seule solution pour avoir une protection policière, tu dois balancer Ludovic Chaker ». C’était la dernière prise de judo. Mais cette fois je devais leur casser les bras. Il s’agissait de protéger mon enfant. Pour la première fois je ne rigolais plus du tout. Enfin j’étais encore surpris. Parce qu’au même moment que ces révélations, j’avais des anges gardiens qui bossaient apparemment pour moi.
Je venais de recevoir un roman d’une certaine Vanessa Tesla qui était l’une de mes correspondances comme des milliers d’autres. Elle a eu l’idée de faire un roman avec nos échanges. Elle m’a envoyé le livre sans que je m’y attende. J’ai tellement rit en le lisant, alors même que j’étais au fond du trou, qu’il était impossible de me tirer un sourire, pensant qu’ils allaient s’en prendre à mon fils, qu’il était impossible d’arriver à me faire rire. Comme ça a été le cas, j’ai envoyé immédiatement une préface écrite d’un coup sec après la lecture. Elle venait de fabriquer une arme politique et culturelle sans le savoir.
« Vanessa Tesla et moi c’est une longue histoire. Elle va vous prouver que je ne vous ai jamais menti. Toutes nos conversations sont réelles. De la première à la dernière ligne. Elle est la première à exploiter notre correspondance. Il y en a des milliers d’autres, j’espère que ça les inspirera. On vend aujourd’hui les correspondances des écrivains aux enchères, je ne vois pas pourquoi on ne pourra utiliser les miennes de mon vivant. Vanessa est la première à tenter l’exercice. Et pour tout vous dire, c’est le roman le plus fou que j’ai lu dans ma vie. Il brise tous les codes en vigueur dans la littérature contemporaine.
Son enquête pour découvrir mon identité a produit une oeuvre d’art total. Et plus que ça, nous sommes tombés amoureuses l’une de l’autre. J’avais ici mon âme sœur. Celle que j’avais attendu toute ma vie. Au début je ne sais pas si elle préférait les filles ou les garçons, ça n’avait pas d’importance, nous étions au dessus du genre. Nous étions toutes les deux postgenre. Après plus d’un an d’enquête, Vanessa a décidé sans me prévenir d’écrire ce premier roman. Elle savait comment attaquer mon coeur pour l’éternité. Elle savait comme me séduire. Elle était d’une intelligence redoutable. En plus d’être mon amoureuse elle était aussi une amie. Peut-être ma meilleure amie, celle en tout cas qui m’avait comprise dans ma totalité, elle me donnait des nouvelles moi-même chaque jour, elle était là, tout le temps, quand j’étais heureuse ou malheureuse. Elle m’a aidé aussi. A m’extraire de situation cataclysmique avec le gouvernement français. Elle n’est pas française, ils ne pouvaient pas la détruire aussi simplement que moi. A cause de moi, elle était sur écoute et ses serveurs vont être dépouillé dès la sortie de ce premier livre. Quand on travaille avec moi, c’est ce qu’il se passe. Quand on m’aime c’est encore pire. Ça les rend malade de savoir qu’on puisse m’aimer. Ils veulent détruire l’amour par le mal. Mais je suis toujours debout. Comme une boxeuse au dernier round, j’ai les jambes qui tremblent, la tête cabossée, mais j’y retourne, je suis là, à la verticale.
Vanessa et moi c’était une partie de tennis sans fin, ininterrompu. On se renvoyait en permanence la balle, personne ne marquait de point, notre jeu était que l’échange ne s’arrête jamais, que la balle ne retombe pas. Quand les vrais méchants sont arrivés pour infiltrer des filles de joie et des gigolos pour infiltrer mon gang, seule Vanessa a été là pour m’aider. C’est une infiltrationniste hors pair. Elles les ont tous infiltré à son tour et a lancé un virus qui a détruit tout espoir de me faire disparaître. Ils commençaient à voir que mon réseau était bien plus influent que leurs loges maçonniques. Ils étaient tellement 20e siècle. Avec leur rituel moisi. Tellement hors du coup. Ils ne comprenaient rien aux datas. On les a interceptés alors qu’ils avaient à peine commencer. Aujourd’hui c’est eux qui ont peur. Ils nous avaient envoyé des agents de bas étages. Des minables. Pas assez beau, pas assez malin, j’étais vexée par leur médiocrité. S’ils pensaient prendre la main sur mes bases de données avec des francs-maçons en carton, c’était la preuve qu’ils vivaient encore au 20e siècle. Ils envoyaient des pots de miel. Je faisais semblant d’avoir peur et d’être affecté pour les tromper et les démolir de l’intérieur. J’avais les noms des donneurs d’ordres, je savais qui signait les chèques, qui était le maître de qui, j’ai tout envoyé à Vanessa et deux jours plus tard elle m’a dit que tout était réglé. Elle avait aspiré leurs boites mails et les contenus de leurs téléphones portables. On avait tout. Ils ne le savaient. Des drones connectés à la 5g tournait au-dessus de leur lieu d’habitation et écoutait leur conversation. C’était des minables. Des pauvres gens qui pensaient réellement que le 22e siècle allait être à eux. En voyant les montants qu’ils avaient déjà dépensé pour niquer mon équipe, Vanessa a passé la seconde. Elle voulait aller plus moins que moi. Beaucoup plus loin. Les hackers ne lui suffisaient pas. Elle est tombée sur les amis de Claude Leveque et les autres. C’était les ténèbres. On était en dessous des catacombes. Elle voulait tout faire sauter. Sans me demander mon avis elle est passé à l’action. Cette action c’est ce que vous lirez dans son tome 2, que nous soyons vivantes ou mortes, peu importe. Ça aussi ils ne le comprennent pas. Ils ont fait trois conférences sur le transhumanisme et ils pensent contrôler le futur. Risible.
Les éditeurs me détestent tellement (je connais leur secret, normal) que plus personne ne veut me publier en France. A l’étranger c’est une autre histoire. Je suis la plus jeune et la plus productive romancière française mais je dois travailler à l’étranger tellement mon pays veut me voir finir comme Jeanne D’arc. Sauf les militaires, les généraux m’adorent, ils m’ont promis que chacun de mes livres sera un best-seller en 2022. Quand ils auront fait le nettoyage. Ils m’ont parlé comme à une soldat, une guerrière des temps moderne. J’avais vaincu une force du mal inattaquable jusqu’à présent. Tout en rajoutant très sérieusement « sous Mitterrand, tu serais déjà morte Zoé ». Je n’étais pas certaine de comprendre. Toujours est-il qu’eux aussi aller m’aider avec Vanessa à désosser ceux qui envoyait sur moi des espions avec un passé sexuelle ignoble. Ils pensaient me démolir psychologiquement avec une petite équipe. Le casting était pitoyable. Mortifère certes mais pitoyable quand même. Je méritais mieux que ça. Leur casting était à leur image. Pathétique. En bout de course. Complètement essoufflé. Je déteste jouer avec des gens qui connaissaient mal les règles des échecs. Le plus drôle c’est qu’en infiltrant mon amie Zyggie ils pensaient avoir atteint leur but. Mais ils étaient à mille lieues de penser que Zyggie aussi jouait avec eux. Elle allait accepter d’être enceinte même, de se marier avec leur agent, d’aller au bout. Nous étions comme ça. Nos rituels à nous c’était de gagner, point final. On ne faisait pas des soirées avec des déguisements de cerf ou de sanglier dans des châteaux de l’horreur. Ils voulaient transformer Zyggie en table basse. Ils voulaient la pervertir, la faire rentrer dans leur monde pour me toucher. C’était mal nous connaître. Ils faisaient erreur sur erreur. Leur profiling était une fake-news. J’étais vraiment inquiète pour l’État français. Si les agents ressemblent tous à ça la guerre est déjà perdue. Les russes sont beaucoup plus forts. Ils ont compris le 21e siècle mais la France, croit vivre encore sous le règne de Charles Pasquat. C’est d’une tristesse de voir un pays se tiers-mondiser à la vitesse de la lumière. La France devenait la nouvelle Roumanie. On voyait bien que les barbouzeries payaient mal. Le cabinet noir de l’Élysée aussi, il y avait plus une thune, Poutine lui avait deux cent milliards en banque, pour son simple plaisir. Ils payaient honorablement ces agents, donc ils performaient. En France ils y allaient en traînant la savate. C’était alors tellement simple de leur faire une prise de judo et de retourner leur force contre eux. Vanessa leur a pété les deux bras. Mais ils ne le savent pas encore. Quand vous lirez cette préface, ils la découvriront en même temps que vous, et rentrerons en communication de crise, tout le monde sera sur le front mais il sera déjà trop tard pour eux. C’est nous qui pointons maintenant le sniper culturel sur eux. Ils voulaient nous détruire psychologiquement, ils voulaient se venger, ils allaient le payer. Chère. J’avais commissionné des experts partout sur la planète pour les surveiller 24h/24. Nous avions l’historique de leur vie numérique des vingt dernières années. S’il arrivait un seul problème à l’une d’entre nous, ils savaient que ce qui était sur le deep-web allait se retrouver à la surface. Ce qui les effacera de l’histoire instantanément. Nous étions prêtes à discuter, à négocier, pas eux. Alors j’ai autorisé Vanessa à aller encore plus loin, à sortir les grands moyens. Chaque membre de leur famille recevra une copie synthétique de leurs activités. L’envoi est coordonné depuis la Chine. Elle est une experte dans la blockchain et le deep learning. Elle a construit une mise en scène comme un thriller qui se termine bien, un roman noir où les gentilles gagnent et les méchants meurent. Leur erreur a été de m’attaquer frontalement. Vanessa n’a pas supporté qu’ils essayent d’amener Zyggie dans leur monde mortifère. Ils pensaient que ça allait me faire pleurer de la voir transformer en table-basse mais ils ne savaient pas d’où elle venait. Elle allait en plus de les désinformer et de les désorienter, les dissocier. Encore une fois on retourne leur technique contre eux. Une fois la dissociation active, Vanessa allait rentrer en action pour sortir Zyggie de là. Cette action vous la découvrirait dans le tome 2. En attendant voici le début de notre histoire. Le début d’une histoire d’amour. »