ChatGPT va avoir de la pub. Et c’est là que la magie commence à coûter cher
Pendant un moment, on a tous fait comme si ChatGPT était une sorte de bibliothèque infinie, polie, disponible, presque “hors du monde”. Tu poses une question, ça répond. Tu reviens le lendemain, ça répond encore. Pas d’odeur de sponsor, pas de jingle, pas de “ce message vous est offert par”.
Sauf que voilà : OpenAI vient d’annoncer qu’il allait tester de la publicité dans ChatGPT aux États-Unis, dans les prochaines semaines. Pas une “pub partout, tout le temps”, mais un test, sur les comptes gratuits et sur ChatGPT Go.
Et là, tu sens le basculement. Pas technologique. Mental.
Où la pub va apparaître (et comment ils essaient de te rassurer)
OpenAI promet que les annonces seront clairement séparées des réponses, plutôt en bas d’une réponse, quand il y a un lien “sponsorisé” pertinent avec ta conversation (au départ, surtout des produits ou services). Tu pourras aussi voir pourquoi tu vois cette pub, la rejeter, et donner un feedback.
Ils insistent sur un point : les pubs ne doivent pas influencer les réponses. Et ils disent aussi ne pas partager tes conversations avec les annonceurs, ni “vendre” tes données personnelles aux publicitaires.
Tu vois le sous-texte : “on sait que tu vas flipper, donc on met des panneaux ‘ne paniquez pas’ partout”.
Qui va voir ces pubs
Dans cette phase, c’est les adultes connectés aux États-Unis sur les formules Free et Go. Les offres Plus, Pro, Business, Enterprise (et compagnie) restent sans pub.
Et OpenAI affirme qu’il n’y aura pas de pub pour les moins de 18 ans (y compris via des mécanismes d’estimation d’âge) et pas de pub autour de sujets sensibles comme la santé, la santé mentale ou la politique.
Ce qui est drôle, c’est que c’est exactement la liste des sujets pour lesquels les gens utilisent ChatGPT quand ils n’osent pas demander à un humain.
Pourquoi maintenant : parce que l’IA est une industrie lourde déguisée en chat
La version romantique, c’est : “la pub va aider à rendre l’IA accessible à plus de monde”. C’est d’ailleurs l’argument officiel : élargir l’accès, éviter que l’IA devienne un luxe.
La version matérielle, c’est : ça coûte une quantité indécente d’argent et d’électricité.
Reuters parle de plans d’infrastructure qui pourraient dépasser 1 000 milliards de dollars d’ici 2030. Et pendant que les serveurs tournent, il faut bien que le cash tourne aussi.
Au passage, OpenAI pousse aussi ChatGPT Go (8 dollars par mois aux États-Unis), une formule “moins chère” qui sert de marche intermédiaire entre “gratuit” et “abonnements premium”.
Donc oui : l’assistant entre doucement dans le modèle économique le plus vieux d’internet.
Tu sais, celui où tu ne payes pas avec ta carte bleue, mais avec ton attention.
Le vrai risque : casser un truc invisible
Le danger n’est pas “voir une pub”. On voit des pubs partout, on survit, on soupire, on scrolle.
Le vrai danger, c’est la suspicion.
ChatGPT n’est pas un site. C’est devenu un espace mental. Un endroit où les gens écrivent des questions qu’ils n’écriraient pas sur Google, et parfois qu’ils ne diraient même pas à un ami. Et quand tu changes la nature d’un endroit, même subtilement, tu changes la façon dont les gens s’y confient.
Reuters note que si la pub est mal intégrée, ça peut abîmer la confiance et pousser des utilisateurs vers des concurrents.
Et ça, c’est presque philosophique : une IA peut être “intelligente”, mais si elle n’est plus “crédible”, elle devient juste un écran de plus.
Ce que ça annonce, au fond
On a vécu une décennie où les réseaux sociaux ont transformé la parole en marché.
Là, on entre dans une phase où la conversation elle-même devient un emplacement.
Et c’est peut-être ça, la vraie petite gifle : l’IA avait l’air d’un futur propre, rationnel, presque noble. Et elle revient, comme tout le monde, à la vieille question animale : qui finance la machine, et à quel prix pour l’âme du truc ?
Parce qu’au final, “des pubs en bas des réponses”, ce n’est pas un détail produit.
C’est un changement de contrat.
Laura Py
Vingt films en compétition, ou dix neuf plus celui de l’ouverture, selon la liste. Une réalisatrice, ou deux, selon la langue de la dépêche. Le directeur artistique parle d’un minimum historique. La présidente du jury a répondu par une blague, puis par une phrase que personne n’a reprise.
Trois entreprises fabriquent plus de 90 % de la mémoire mondiale. Les centres de données en absorberont jusqu’à 70 % cette année. La capacité de 2028, pas encore fabriquée, est déjà achetée. Et un kit de 32 gigaoctets vendu 79 livres en septembre 2025 en valait 351 en janvier.
Pour la première fois en 102 ans, un fabricant de puces ouvre le plus grand salon d’électronique d’Europe. Samsung quitte Messe Berlin après 35 ans. Samedi, des humanoïdes défileront sur un podium. Et deux marques allemandes du salon suppriment ou déplacent 4 100 postes.
La mesure qui a sauvé un gouvernement s’applique depuis le 1er septembre. Selon qui parle, elle concerne 3,5 millions de personnes ou 64 000. Un rapport de 1 à 55. Pour ceux qu’elle touche cette année, elle vaut trois mois. Et pour tous ceux nés en 1969 et après, elle ne vaut rien.
Jeudi 10 septembre, Vénus quitte la Balance à 08h07 UTC et Mercure y entre à 16h21 : huit heures et quatorze minutes de Balance vide, puis un nouveau locataire. Avant cela, six jours sans le moindre changement de signe.
Chaque mois, un chapitre neuf, cousu au même livre. Et Le Livre de ta vie, à 34 €, offert à l’entrée.