Chez Lom : huit tirs dans une cave, une femme abattue, l'IGPN saisie
Le 1er juillet, une femme de 45 ans en pleine crise a été tuée par la police dans le sous-sol d'un restaurant du 12e. Huit étuis retrouvés, une policière blessée, deux enquêtes ouvertes. Récit d'une intervention qui interroge la proportionnalité.
C'est une mort qui a failli passer inaperçue. Le 1er juillet 2026, dans le sous-sol d'un restaurant du 12e arrondissement de Paris, « Chez Lom », rue de Wattignies, une femme de 45 ans a été abattue par la police. Huit coups de feu, huit étuis retrouvés sur place. Une policière blessée au bras. Deux enquêtes ouvertes par le parquet de Paris, dont une confiée à l'IGPN pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ». Les faits sont graves. Ils méritent mieux qu'un silence de trois lignes.
Ce que l'on sait
Selon les récits rapportés par la presse, les policiers ont été appelés pour une femme décrite comme « en état de démence sous traitement médicamenteux ». Ils la trouvent retranchée au sous-sol. D'après le témoignage relayé, elle aurait foncé avec un couteau de boucher sur une fonctionnaire, la blessant au bras. Les tirs partent : huit, selon les constatations sur place. Un témoin affirme que quatre balles ont atteint la femme. Elle meurt. La policière blessée voit ses jours hors de danger.
Il faut ici être précis, parce que le sujet l'exige. Rien n'est jugé. L'ouverture d'une enquête de l'IGPN pour « violences volontaires ayant entraîné la mort » n'est pas un verdict : c'est la qualification qui permet d'instruire. Le policier bénéficie de la présomption d'innocence, comme n'importe qui. Et la femme qui est morte avait un nom, une histoire, une pathologie, une famille. Elle n'est pas un fait divers.
La question que pose le chiffre
Reste ce nombre : huit. Huit tirs dans le sous-sol clos d'un restaurant, face à une femme seule, en crise psychiatrique, armée d'un couteau. La légitime défense existe, elle est prévue par la loi, et une lame qui blesse une collègue n'est pas rien. Mais la proportionnalité, elle aussi, est prévue par la loi. C'est très exactement ce que l'IGPN devra établir : entre la menace réelle et la riposte, la mesure a-t-elle été tenue. Personne, à ce stade, ne peut trancher à sa place. Nous non plus.
Ce que l'on peut dire, en revanche, c'est que ces morts-là, quand la personne est en détresse psychique et qu'elle finit criblée dans une cave, ne devraient jamais « passer inaperçues ». La transparence n'est pas l'ennemie de la police : elle est la condition de la confiance. Un État qui publie la punition et cache le nom apprend vite à faire de même avec ses propres bavures présumées. L'enquête dira. Nous serons là quand elle dira.
Sources : Info.fr · Brut. Enquêtes du parquet de Paris et de l'IGPN en cours.
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