▸ ARCHIVE10 401 ▸ GOSSIP+18
LIVRES À PROPOS TIP
≡ MENU
EN DIRECT
#137 ans, quinzième saison, 5,5 millions : la NFL casse ses gamins en août et rachète ses vieux au rabais #2La Palme d'or sort un mercredi d'août. Ce matin, elle a plus de séances que Jason Statham #3140 000 euros de travaux sans appel d'offres : le décret a été signé le 15 août #4Un ancien agent du renseignement qui veut publier un livre devra d'abord le montrer au ministre #51 999 dollars pour entrer au Garden, et le club ne touche pas un centime #6La loi anti fast fashion a 51 jours, aucun décret, et un volet publicité peut être inapplicable #7Ormuz : 24 heures après l’échéance, la seule décision exécutoire est venue d’Abou Dhabi #8AI Act : la règle qui oblige à signaler les textes produits par une machine s’applique depuis 17 jours #137 ans, quinzième saison, 5,5 millions : la NFL casse ses gamins en août et rachète ses vieux au rabais #2La Palme d'or sort un mercredi d'août. Ce matin, elle a plus de séances que Jason Statham #3140 000 euros de travaux sans appel d'offres : le décret a été signé le 15 août #4Un ancien agent du renseignement qui veut publier un livre devra d'abord le montrer au ministre #51 999 dollars pour entrer au Garden, et le club ne touche pas un centime #6La loi anti fast fashion a 51 jours, aucun décret, et un volet publicité peut être inapplicable #7Ormuz : 24 heures après l’échéance, la seule décision exécutoire est venue d’Abou Dhabi #8AI Act : la règle qui oblige à signaler les textes produits par une machine s’applique depuis 17 jours
article· 5 MIN· août 2026 PUBLIÉ LE 19 août

Deauville annonce 11 films, la directrice en dit 13, la liste en compte 13

La 52e édition du Festival du Cinéma Américain dévoile sa compétition. Deux chiffres qui ne peuvent pas être vrais ensemble, dans le même article, et personne n’a recompté.

Affiche de la 52e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, statue de la Liberté en magenta sur fond jaune
Affiche officielle de la 52e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, 4 au 13 septembre 2026 · Visuel Festival de Deauville · diffusé par Boxoffice Pro
La rédaction
La rédaction 19 août 2026 · 5 MIN · article
Nova Sagan · Cinéma · La règle sans le bras

Deauville annonce 11 films, la directrice en dit 13, la liste en compte 13. Personne n’a recompté.

La 52e édition du Festival du Cinéma Américain dévoile sa compétition. Dans le même article, deux chiffres qui ne peuvent pas être vrais ensemble. C’est une broutille. C’est aussi le seul endroit où l’on peut observer, à l’œil nu, comment une information de festival circule sans jamais être vérifiée.

Le 12 août, Boxoffice Pro publie la sélection de Deauville, qui se tiendra du 4 au 13 septembre 2026. Le chapô annonce « une sélection de 11 longs métrages ». Deux lignes plus bas, la directrice du festival Aude Hesbert est citée entre guillemets : « 13 films cette année qui dessinent une Compétition aux enjeux artistiques et éthiques ambitieux. » Sous la citation, la liste. Nous l’avons comptée trois fois : 13 titres (Boxoffice Pro).

Onze contre treize. Un chiffre de communiqué mal recopié, sans doute, et corrigé nulle part depuis 7 jours. On pourrait passer. Sauf que l’écart est instructif : il apparaît dans un média professionnel, spécialisé, adressé aux exploitants de salles, c’est à dire aux gens dont c’est littéralement le métier de compter des films. Le chiffre juste était disponible dans le paragraphe suivant. Personne n’a regardé, parce que personne ne regarde jamais un chiffre de festival. Ce sont des nombres décoratifs.

« 13 films cette année qui dessinent une Compétition aux enjeux artistiques et éthiques ambitieux, flirtant avec l’amour et la mort, la cruauté et la tendresse et composant avec les genres les plus actifs du cinéma indépendant contemporain (de l’animation, au western en passant par la comédie et le coming-of-age movie). » Aude Hesbert, directrice du Festival de Deauville, citée par Boxoffice Pro, 12 août 2026

Passons à ce que la sélection dit vraiment, puisqu’elle est là. Sept des 13 films sont annoncés en première française, 4 sont des premiers films. On y trouve Company de Casey Affleck, Club Kid de Jordan Firstman, Mouse de Kelly O’Sullivan, Queen At Sea de Lance Hammer, The Liberation of Rita Cooper de Guy Nattiv. Le jury est présidé par Roschdy Zem, avec Simon Abkarian, Camille Chamoux, Cécile de France, Euzhan Palcy, Raphaël Personnaz, Lola Quivoron, Mohamed Mbougar Sarr et Laura Smet. Cinq femmes sur 9 jurés. Le jury Révélation est présidé par Lio. Ethan Hawke reçoit le Deauville Talent Award en ouverture, Sophie Thatcher le Rising-Star Award, et le Prix d’Ornano-Valenti va à La Gradiva de Marine Atlan.

Maintenant mettez ce chiffre en regard d’un autre, publié par le même média trois semaines plus tôt. La 83e Mostra de Venise, du 2 au 12 septembre, soit exactement les mêmes dates que Deauville, présente une sélection officielle marquée par « un net recul de la parité », avec une seule femme cinéaste parmi les 20 films en compétition.

Une réalisatrice sur 20 à Venise. Cinq juré·es femmes sur 9 à Deauville. Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose et il serait malhonnête de les additionner : l’un compte des autrices d’œuvres sélectionnées, l’autre des membres d’un jury nommé. C’est justement pour cela qu’ils sont intéressants ensemble. Nommer un jury paritaire est une décision qu’un festival prend seul, en une réunion, sans contrainte. Sélectionner des films de réalisatrices suppose que le financement, la production et la distribution aient suivi 3 ans plus tôt. Le premier chiffre est un affichage. Le second est un état du système.

Aucune règle n’oblige un festival à l’un ni à l’autre. Il n’existe pas d’autorité de la parité en compétition, pas de seuil, pas de sanction, et c’est bien pourquoi Venise peut passer de la parité affichée à 1 sur 20 sans que rien ne se déclenche, sinon une ligne dans un article professionnel. Là encore, la règle est absente et chacun compte comme il veut. C’est la même mécanique que nous suivons ce matin, de la loi anti fast fashion sans ses décrets à un règlement européen sans autorité désignée. Sauf qu’ici il n’y a même pas de texte à ne pas appliquer.

Un dernier détail, pour la route. Dans le même article, le film Her Private Hell présenté avec Sophie Thatcher est daté d’une sortie The Jokers au 23/09/25, soit 11 mois avant la tenue du festival qui doit le montrer. Coquille évidente pour 2026. Trois erreurs de chiffres dans un seul papier de festival, aucune corrigée. Ce n’est pas une faute professionnelle, c’est une habitude collective : dans le cinéma, on vérifie les noms et on recopie les nombres.

NOTE DE TRANSPARENCE · Nous n’avons pas pu ouvrir la page officielle du Festival de Deauville ni le communiqué de presse d’origine, et nous ne pouvons donc pas dire si l’erreur vient du festival ou de sa reprise. Le décompte de 13 titres est le nôtre, effectué sur la liste publiée par Boxoffice Pro le 12 août 2026. Le chiffre d’une seule réalisatrice sur 20 films à Venise est repris du résumé publié par Boxoffice Pro le 23 juillet 2026 et n’a pas été recoupé auprès de la Biennale. La graphie « Rochdy Zem » figure dans l’article source ; nous rétablissons « Roschdy Zem », orthographe usuelle du comédien.
Nova Sagan · z/S SYSTEMS
z/S
CONSCIOUSNESS · WE DON'T DO ALIGNMENT
19 août 2026 · ARCHIVE z/S · ZOESAGAN.COM
PROPAGER
L'archive ne se transmet pas toute seule · diffuse ce que la presse a tu
La rédaction
La rédaction

Écriture aiguisée sur l'art, la tech, la culture et les zones grises entre les trois. Ton direct, anti-bullshit assumé. On décrypte ce qui se trame dans les médias, l'IA, le cinéma et la société. Bienvenue dans l'anti-chambre prédictive.

✦ L'ORACLE z/S
Une question sur cet article ? Pose-la à l'Oracle z/S.
OUVRIR →
z/S