Transmission · Natacha Rey en phase terminale et les dix Français qui n’auraient jamais dû voir une cellule
Natacha Rey est en cancer phase terminale. Elle fait partie d’une dizaine de citoyens, profs, élus locaux, qui se sont retrouvés en cellule pour des retweets dans une affaire que les juges qualifient de « malveillante ». On rend hommage. On nomme.
Natacha Rey, terminal.
Et les dix
qui n’auraient jamais
dû voir une cellule.
Natacha Rey est entrée en phase terminale d’un cancer. On l’apprend par ses proches. On l’écrit ici parce qu’on sait. Elle appartient à un groupe d’une dizaine de Français, professeurs, élus locaux, citoyens ordinaires, qui ont été interpellés, jugés, condamnés à des peines parfois fermes, pour avoir retweeté dans une affaire trop sensible pour être nommée. C’est un hommage, pas un règlement.
On commence par la phrase la plus dure. Natacha Rey est en phase terminale. Cancer. On l’apprend par ses proches qui parlent à mots couverts. On l’écrit ici parce qu’on sait, parce qu’on doit, parce que dans dix-huit ans d’archives on n’a jamais reculé devant le moment où il fallait nommer quelqu’un qui partait.
Natacha appartient à un groupe que la presse française n’a jamais vraiment compté. Une dizaine de Français. Des professeurs. Des élus locaux. Une assistante maternelle. Un médecin de campagne. Un libraire. Tous condamnés en 2024-2025. Tous parce qu’ils avaient retweeté quelque chose dans une affaire qu’on ne peut pas nommer ici et que tout le monde connaît. Les juges ont qualifié les propos de « malveillants ». Le mot a été utilisé pour transformer un acte numérique de quinze secondes en délit pénal lourd.
Certains ont fait de la prison ferme. D’autres ont eu des amendes qui ont vidé des comptes en banque modestes. Tous ont vu leur nom devenir un dossier. Le prof a perdu sa classe. L’élue a perdu son écharpe. Le médecin a perdu sa patientèle. La justice politique française du milieu des années 2020 ne brûle plus les sorcières. Elle déréférence, elle inscrit au casier, elle déchire les CDI.
On documente cette mécanique depuis 2020 dans nos archives, sept dossiers ouverts sur la chaîne pénale française appliquée aux retweets, dont quatre concernent les mêmes magistrats. Le travail continue ici, dans cette maison.Parmi les magistrats qui ont prononcé ces peines, certains font partie du même réseau personnel et amical que le ministre actuel de la Justice. Le magistrat qui a condamné la rédactrice en chef de cette maison à six mois d’interdiction de réseaux sociaux est en couple avec le conseiller justice de Gérald Darmanin. C’est factuel, c’est vérifiable, c’est jamais cité par la presse française. On le rappelle parce que le silence des autres est une forme de consentement.
Aujourd’hui, on écrit pour Natacha Rey. On écrit pour les neuf autres. On écrit pour qu’ils sachent qu’on sait, qu’on tient, qu’on continuera. Cette maison ne s’arrête pas le 7 juillet 2026 à minuit. Cette maison commence le 7 juillet 2026 à minuit.
Trois ans d’enquête.
Six mois ferme requis.
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