1 000 heures d’interrogatoire, un Premier ministre, une censure : pourquoi Mediapart diffuse The Bibi Files interdit en Israël
1 000 heures d’interrogatoire.
Un Premier ministre.
Une censure.
« The Bibi Files » est un documentaire produit par Alex Gibney, bâti autour d’images d’interrogatoires de police de Benjamin Netanyahou, de son épouse Sara, de son fils Yair et de plusieurs proches, menés entre 2016 et 2018. Ces séquences ont été transmises à Gibney en 2023. Le film a été présenté pour la première fois au Festival de Toronto le 9 septembre. Quelques heures avant la projection, le Premier ministre israélien a tenté d’en bloquer la diffusion. Un tribunal de Jérusalem a rejeté sa demande.
Le cœur du dossier, ce sont les affaires de corruption qui ont conduit à l’inculpation de Netanyahou en novembre 2019. Le documentaire montre les images de ces interrogatoires, lesquels sont en principe interdits de diffusion en Israël au nom des lois sur la protection de la vie privée. Autrement dit : les Israéliens ne peuvent pas, légalement, voir le film qui filme leur Premier ministre interrogé.
C’est là que Mediapart entre en scène. Le journal français a choisi de diffuser le documentaire pendant trois mois sur sa plateforme. Un média européen rend accessible ce qu’un État verrouille chez lui. Ce geste, en soi, est l’information.
Je m’en tiens aux faits, et ils suffisent. Un film existe. Il a failli être interdit. Il l’est, de fait, dans le pays concerné. Et un journal français décide que trois millions de citoyens francophones pourront le regarder. Le reste, le jugement sur la corruption elle-même, appartient à la justice israélienne, qui poursuit son cours.
mediapart.fr/studio/documentaires/culture-et-idees/bibi-files-le-proces-netanyahou
HYPOTHESIS · PROPHECY · NUMBER
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