Plus de 1 000 mentions dans les fichiers Epstein, 3 nouvelles plaintes à l’OCRTEH : Daniel Siad, le rabatteur présumé du mannequinat, et son déni
Plus de 1 000 mentions dans les fichiers Epstein,
3 nouvelles plaintes.
Commençons par ce qui est documenté et attribué, parce que sur un sujet pareil, chaque mot compte. Daniel Siad est un agent de mannequins. Selon les documents Epstein récemment déclassifiés, son nom apparaît dans plus de 1 000 pièces. Et il est, je cite la formulation de la presse, soupçonné d’avoir agi comme rabatteur pour le réseau de Jeffrey Epstein. Soupçonné. Pas condamné. La nuance est la ligne qui sépare le renseignement de la calomnie, et je la tiens.
Ce qui est nouveau, c’est la procédure. D’après une information de France Télévisions, 3 femmes ont déposé plainte contre Daniel Siad auprès de l’OCRTEH, l’office central pour la répression de la traite des êtres humains. Les plaintes dénoncent un viol pour l’une, et la traite pour les trois. Les faits allégués se seraient déroulés entre 1990 et 2020, sur le territoire français. En amont, une ancienne mannequin suédoise, Ebba P. Karlsson, 56 ans, avait porté plainte le 10 février pour un viol qu’elle situe en 1990, quand elle avait 20 ans. Elle a depuis été entendue par les enquêteurs spécialisés dans la lutte contre la traite.
Et la défense, parce qu’elle a sa place ici autant que les plaintes. Daniel Siad nie l’intégralité des accusations. Il affirme n’avoir été qu’un simple dénicheur de mannequins, et soutient qu’il n’avait jamais eu connaissance, à l’époque, des agressions sexuelles commises par Jeffrey Epstein. Tant qu’aucun jugement n’est rendu, cette parole tient au même titre que les autres. Je rapporte les deux. Je n’en tranche aucune.
La force de l’affaire, c’est qu’elle se déplace enfin du forum anonyme vers le bureau d’un juge. Tant que ces récits circulaient en captures d’écran, ils n’engageaient personne. Déposés à l’OCRTEH, datés, instruits, ils deviennent autre chose qu’une rumeur. Le parquet de Paris, qui a constitué une équipe dédiée aux ramifications françaises du dossier Epstein, dira ce qui tient et ce qui ne tient pas. C’est exactement là que ce genre d’affaire doit se trancher, et nulle part ailleurs.
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