« Je vais te faire disparaître en t’envoyant des Géorgiens » : Éric Ciotti accuse le ministre Philippe Tabarot et réclame son départ
« Je vais te faire disparaître » :
un ministre accusé de menaces par un député.
Voici les faits, attribués avec précision, car il s’agit d’une accusation publique entre responsables politiques. Éric Ciotti, maire de Nice et président de l’UDR, a adressé une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu pour dénoncer le comportement de Philippe Tabarot, ministre des Transports, et réclamer son départ du gouvernement. L’altercation se serait déroulée le 14 juin, en marge d’une visite d’Emmanuel Macron à Nice. L’épisode a d’abord été rapporté par Le Canard enchaîné.
Ce que Ciotti met dans la bouche de Tabarot, et que je rapporte donc comme son accusation à lui, est d’une rare brutalité pour un cadre de la République.
Il allait me faire disparaître en m’envoyant des Géorgiens.Propos prêtés à Philippe Tabarot · selon la lettre d’Éric Ciotti
Ciotti évoque aussi avoir été traité de « nabot », et qualifie les propos d'« injures publiques » et de « menaces avec préméditation ». Je souligne, parce que c’est essentiel : ce sont les déclarations d’Éric Ciotti. Philippe Tabarot, à ce stade, conserve toute latitude pour les contester, et la présomption d’innocence vaut pour lui comme pour quiconque. Une accusation, même portée par un parlementaire, reste une accusation tant qu’aucune juridiction ne s’est prononcée.
Mais l’affaire vaut d’être posée, parce qu’elle dit quelque chose de l’état du personnel politique. « M’envoyer des Géorgiens » n’est pas une formule anodine : c’est une expression qui évoque le recours à des hommes de main, le registre du milieu, importé dans une dispute entre un ministre et un chef de parti. Que de tels mots soient prêtés, même contestés, à un membre du gouvernement, en dit long sur le climat. La violence verbale n’est plus une exception. Elle devient une langue.
Reste la suite politique. Ciotti demande à Lecornu d’écarter Tabarot. Le Premier ministre devra trancher, et sa réponse sera un signal : tolère-t-on, oui ou non, que de tels propos soient seulement prêtés à un ministre sans conséquence ? L’Archive ne préjuge pas de qui dit vrai. Elle note qu’une démocratie se juge aussi à la manière dont ses dirigeants se parlent quand ils croient que les caméras sont éteintes.
HYPOTHESIS · PROPHECY · NUMBER
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