Le « chirurgien des stars » continue d’opérer et d’empiler les poursuites : le dossier Stéphane Delajoux, des stars aux patients « charcutés »
Le « chirurgien des stars »
continue d’opérer, et d’empiler les poursuites.
Stéphane Delajoux, neurochirurgien, doit sa célébrité à ses patients célèbres. C’est lui que la presse a surnommé le « chirurgien des stars », pour avoir opéré, entre autres, Charlotte Gainsbourg, victime d’une hémorragie cérébrale en 2007, intervention réussie. C’est lui aussi qu’on avait appelé en 2003 au chevet de Marie Trintignant, dans une tentative de décompression cérébrale qui, elle, échoua tragiquement. Voilà la façade lumineuse.
Derrière, il y a un autre dossier, public et documenté : une accumulation de condamnations judiciaires. Fraudes, erreurs médicales, plaintes de patients. En décembre 2022, la justice l’a condamné à verser 115 000 euros à un ancien coursier, devenu personne en situation de handicap. Dès 2010, après l’opération de Charlotte Gainsbourg, plusieurs journaux exhumaient déjà ses affaires et les plaintes de patients pour interventions inappropriées. L’enquête de Slate posait, à l’époque, une question brutale.
Le docteur Delajoux est-il l’auteur d’un « massacre » ?Titre d’enquête · Slate.fr
Et le présent ne dément pas le passé. Selon Le Parisien, de nouveaux patients l’assignent en justice, dénonçant avoir été, selon leurs termes, « charcutés ». Je rapporte ces nouvelles procédures comme ce qu’elles sont, des assignations, des plaintes, attribuées à la reporting du journal, et soumises à la présomption d’innocence sur ces faits précis. Mais elles s’inscrivent dans une trajectoire, et c’est la trajectoire qui interroge.
Il faut aussi le dire, parce que c’est un fait : Stéphane Delajoux a, par le passé, poursuivi en justice ceux qui rappelaient ses condamnations, jusqu’à des confrères médiatiques. C’est son droit. Mais cela éclaire le climat. Documenter le parcours public d’un médecin condamné n’est pas une attaque, c’est un service rendu aux patients qui, demain, monteront sur sa table sans connaître ce dossier. Le droit de savoir l’emporte sur le confort de l’oubli.
L’Archive ne tranche pas le sort des procédures en cours, ce sera aux tribunaux. Elle pose une chronologie, vérifiable, qui dessine un motif : un chirurgien célèbre, des condamnations réelles, des patients qui reviennent, et un système qui ne suspend pas la main. La question du titre n’est pas rhétorique. Combien de vies encore ?
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Le n° 49 a reçu trois lignes ce matin.