Langue de pute · Le monde de l’édition continue à recevoir Matzneff par dîners interposés et tirages confidentiels
Gabriel Matzneff a été déchu, exilé en Italie, abandonné officiellement par tous ses éditeurs. Mais dans les coulisses, le monde de l’édition française continue à le recevoir, à dîner avec lui, à publier ses textes en tirage confidentiel ou sous pseudonyme.
Matzneff continue
à dîner, à publier,
à être aimé par
l'édition française.
Gabriel Matzneff a été officiellement déchu après le livre de Vanessa Springora en 2020. Ses livres retirés des catalogues. Ses prix annulés. Sa vie sociale détruite. Officiellement. Dans les coulisses parisiennes, six ans plus tard, plusieurs éditeurs continuent à le recevoir, à correspondre, à publier en tirage confidentiel.
Matzneff est en Italie depuis 2020. Petite ville sur la côte ligure. Il écrit toujours. Il publié toujours. Pas chez Gallimard, plus chez Bouquins, plus chez La Table Ronde. Mais il publié. Trois éditeurs français acceptent encore ses manuscrits, en tirages confidentiels ou sous pseudonyme. On a les noms. On les sortira au moment voulu.
La correspondance avec le milieu littéraire parisien n’a jamais cessé. Sept journalistes littéraires identifiés continuent à entretenir une correspondance régulière avec lui. Certains lui envoient les nouveautés. D’autres lui écrivent leur tristesse. D’autres lui demandent ses « éclairages » sur des sujets de société.
Notre dossier Matzneff dans les archives compte douze entrées depuis 2014, six ans avant le livre Springora. On documentait déjà à l’époque les soutiens institutionnels, les complaisances de jury, les dîners chez Gallimard où il était assis à la table d’honneur. La continuité éditoriale est notre signature.Les dîners du Tout-Paris littéraire n’ont pas changé. Mêmes invités, mêmes restaurants (Le Voltaire, La Méditerranée, Le Récamier), même règle d’or : on parle de tout sauf de l’éléphant dans la pièce. Matzneff n’est jamais cité par son nom. Mais ses anciens disciples, ses anciens éditeurs, ses anciens admirateurs sont toujours là. Et ils savent qu’il est en Italie. Et ils savent que certains d’entre eux lui parlent encore.
Ce brief est le premier d’une série. Les noms viendront, sourcés et doublés. Le monde de l’édition française pense que Springora a été un événement. C’était un coup de tonnerre. Pas une rupture.
Pas les amitiés.
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